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Gabriel
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Nouvelle adresse de mon blog : http://gabasie.blogspot.com/Par Gabriel :: 02/03/2008 à 17:40 :: Général
L'adresse de mon blog a changé. Rendez-vous à l'adresse http://gabasie.blogspot.com/. Les raisons de ce changement sont multiples :
Note : tous les articles disponibles à cette adresse se trouvent également dans la nouvelle. Par contre tous les nouveaux articles ne seront publiés qu'à l'adresse http://gabasie.blogspot.com/. Veuillez donc mettre à jour l'adresse du site dans vos favoris ! En souhaitant bonne chance à la plateforme zeblog.com et en les remerciant de proposer une plateforme sans pub! Modification du 23 avril 2008 : Apparemment "Zeblog la plateforme de blog gratuite et sans pub" affiche tout de même des pubs, regardez les belles annonces Google en haut du blog ! J'en profite également pour dire à ceux qui n'auraient toujours pas compris que CE BLOG N'EST PLUS MIS A JOUR. Car je vois que le compteur de visite de ce blog augmente bien plus que celui du nouveau. Rendez-vous donc à l'adresse http://gabasie.blogspot.com/ Gabriel Mes aventures en Chine, Tome 4 (Dernière partie)Par Gabriel :: 01/03/2008 à 00:28 :: Général
Mes aventures en Chine, Tome 4 (Dernière partie) Cliquez ici pour lire la partie précédente. Nous sommes maintenant à Shenzhen en Chine continentale, et ça se sent. Les gens marchent sur la route au milieu des bus et des camions déboulant à toute berzingue, on trouve des mégots un peu partout (même si c'est une ville chinoise très très propre je trouve), impossible pour un non-chinois de s'y repérer, on est bousculé partout, des gens vous doublent en marchant et s'arrêtent sans prévenir à 10cm devant vous, les têtes se tournent à mon passage et les voitures klaxonnent sans raisons. Ah, ça fait du bien de se retrouver en pays connu ! Prochaine mission : trouver un bus pour Beihai. Là j'avais un peu peur... On approche en effet furieusement du premier de l'an Chinois (le 7 février) et après avoir vu les actualités à Hong-Kong avec les 600 000 chinois bloqués dans la gare de Guangzhou (ou Canton, le nom français), j'avais peur de ne pas pouvoir trouver de place. Mais en fait ce fut assez facile. Le seul bémol étant que le premier bus pour Beihai était à 18:30 et qu'entre notre départ de Beihai le 26 janvier et aujourd'hui le 29 janvier, ces petits malins de chinois ont changé les prix ! Sont donc affichés des prix spéciaux «Nouvel an chinois», un ticket de bus coûte désormais 340 yuans au lieu de 120 yuans trois jours plus tôt... Je ne cache pas ma colère quant à cette montée sauvage des prix. Par chance Guo Yu avait noté le numéro de la compagnie de bus de l'aller, et ils nous font un prix : 280 yuans par personne pour le bus de 19:00. C'est tout de même plus de deux fois le prix normal ! Enfin bon, pas le choix. On nous propose de venir se reposer à la compagnie de bus en attendant, en effet il n'était que 14:00, nous avions 5 heures à attendre... On cherche la compagnie et on la trouve, au sixième étage appartement 2 d'un immeuble miteux. Cela s'explique par le fait qu'à Shenzhen, le prix des appartements est très très cher et les locations aussi, le prix des locations est comparable à Paris pour un même niveau de qualité. Je dors sur un divan et Guo Yu parle avec les autres gens qui attendent. La compagnie nous invite à diner, ce qui est gentil, mais pas de trop vu le prix du billet ! À 18:30 un employé nous aide à passer dans la gare de bus sans payer, puis nous nous installons dans le bus. On a heureusement encore droit à des places au premier étage, pas sur le sol même. Si le voyage d'aller était somme toute assez agréable, le voyage de retour par contre le fut à un point difficilement descriptible ! Déjà la compagnie a voulu profiter de ce que les gens étaient prêts à payer les nouveaux prix abusifs pour vendre plus de places que le bus pouvait contenir de monde. C'est à dire qu'on était serrés comme des sardines et constamment bousculés par les gens qui circulaient pour aller aux toilettes. En plus le gars de la compagnie m'a sans cesse réveillé en hurlant à 10 cm de mon oreille à d'autres personnes du fond du bus de ne pas fumer, car il y a toujours des glands qui comprennent pas qu'on ne fume pas dans un bus... En plus la buée de la vitre mouille tout, et le gars de la compagnie m'a plusieurs fois réveillé pour me dire de faire attention à ne pas mouiller la couverture... Non mais tu vas me laisser dormir, non ? Ma pauvre Guo Yu a du se lever plusieurs fois car des rallonges de couchettes étaient placées sous la sienne. Des gars ont la bonne idée de montrer à tout le monde comment qu'il est puissant leur nouveau téléphone portable, et vas-y qu'il te fais défiler toutes les sonneries plusieurs fois pour choisir la meilleure, et qu'il te montre qu'il fait radio et qu'il lit les films son portable. Une femme sans gène et placée au milieu du bus parle fort à son gamin et son mari à l'arrière du bus, non sans réveiller tout le monde de multiples fois ! J'ai pu lui sortir un bien mérité «Ta gueule!» en chinois, que j'avais appris il y a quelques jours, mais ça n'a rien changé (je crois bien qu'elle parlait le cantonnais, pas le mandarin). En plus aucune bouteille d'eau n'a été distribuée cette fois-ci. Le bus s'est arrêté un grand nombre de fois et au final on a mis 14 heures au lieu de 9 ! Donc ce trajet en bus couchettes aura été plus de 2 fois plus cher et plus de 2 fois pire. C'est bien, il y a une relation entre le prix et la qualité, mais dans ce sens là je ne les félicite vraiment pas !
Entouré de pieds qui puent la belette et noyé dans le bruit, c'est le méga-confort (la photo a été prise lors du premier voyage à Hong-Kong, lors du deuxième j'étais sur les couchettes du haut) Nous sommes donc finalement arrivés à Beihai entre 10:00 et 11:00 et nous sommes précipité dans le lit pour terminer une nuit que l'on nous a volé. Nous avons passé les jours suivants à préparer le nouvel an Chinois, à faire des courses. Aujourd'hui, le père de Guo Yu est rentré et tout le monde est content. La voix de la mère à Guo Yu se fait plus douce, Guo Yu saute sur place et la cuisine de la mère à Guo Yu se fait meilleure (elle n'est déjà pas mauvaise d'habitude) ! Voilà donc pour tout ce qu'il s'est passé depuis la dernière fois, même si j'ai du oublier des choses... Mais vous savez maintenant le principal ! 2 - En projet... Ça trottait dans la tête de Guo Yu depuis pas mal de temps, et c'est maintenant décidé : elle va allez continuer ses études en Thaïlande pendant deux ans. Bien sûr je vais la suivre et ce sera avec plaisir que je m'y rendrai ! Le seul problème pour l'instant c'est comment y rester deux ans, car si pour la Chine je dispose de Hong-Kong pour faire des visas facilement, rester en Thaïlande exige que l'on soit assez malin ! Pour le moment je n'ai trouvé que deux méthodes : la première est de passer par une société identique à celle qui m'avait aidé à obtenir mon premier visa pour la Chine depuis la France (actions-visa.com) : il s'agit de Legal Siam. C'est une solution un peu onéreuse à mon goût mais qui apparemment a le mérite de fonctionner. Autre solution, moins chère cette fois : s'inscrire à un cours de Thaïlandais dans une école en Thaïlande. C'est sans doute cette solution que je vais adopter, j'ai trouvé une école qui donne un visa de un an renouvelable jusqu'à 3 ans, pour 180 leçons par an. Je garde le nom de l'école pour moi, c'est mon tuyau et je ne veux pas que trop de gens fassent ça s'ils me lisent ! Agrandir le plan Étudier ça ne me dit pas grand chose, mais je dois regarder les choses d'un autre oeil : ça ne peut pas être un mal d'apprendre la langue du pays où je vais ! De plus la Thaïlande déteste les étrangers qui viennent ici en terrain conquis sans montrer d'intérêt pour leur culture. C'est donc probablement ce que je ferai pour rester en Thaïlande ! Le départ est prévu en juin 2008. Pour ceux qui me diront inévitablement : «Et ton boulot ?» je leur réponds «calcules combien de temps libre j'ai avec 180 leçons de 40 minutes par an». J'aurai donc assez de temps libre pour faire ce dont j'ai envie ! D'autant plus que les leçon peuvent être bouclées en quelques mois, le reste de l'année c'est vacances. Donc pas d'inquiétudes de ce côté là... 3 - Les croyances chinoises Certaines croyances ont la peau dure en Chine. Bien que le pays et les esprits aient tendance à se moderniser, il subsiste toujours des croyances étranges, qui vous rappelleront peut-être ce que vous racontait votre grand-mère durant votre enfance. Laissez-moi vous en citer quelques unes :
Voilà c'est tout pour cette fois en ce qui concerne les croyances chinoises, mais nul doute que j'en découvrirai d'autre plus tard !
Un marchand de tuyau parmi tant d'autres... C'est peut être une bonne affaire ? Une gare de touc-toucs non officielle. De toutes façons il n'en existe pas d'officielle. Un véhicule tout droit venu du futur, la DMC Delorean version décapotable.
4 – 10 raisons d'aimer et de détester la Chine Attention ! Cela provient bien évidemment de ma propre expérience, chacun peut avoir des sentiments différents des miens, et on a pas tous la même sensibilité sur les mêmes choses. Tout ce que je vous dis n'engage donc que moi ! 10 raisons de la détester :
11ème raison que je rajoute à cause d'évènements récents : la très grande volatilité des prix par rapport à la date. Durant les vacances chinoises, ne vous étonnez pas de voir les prix doubler voire quintuplez pour la simple et bonne raison que ce sont les vacances ! 10 raisons d'aimer la Chine :
Poissons, crabes et coquillages meurent à cause de la pollution. Ne mangez pas de poisson chinois. Ce pauvre serpent n'a pas compris ce qui lui est arrivé. Il avait pourtant l'air délicieux le poisson qu'il a dévoré ! La plage le lendemain du nouvel-an chinois. Dégueulasse sur des kilomètres. Les chinois aiment s'adonner à cette activité qui leur est chère : jeter n'importe quoi n'importe où.
5 – Anecdotes
Le devoir m'appelle.
Voilà c'est tout pour ce Tome 4, j'espère qu'il vous aura plu du début jusqu'à la fin ! Ne manquez pas le Tome 5... Mes aventures en Chine, Tome 4 (Deuxième partie)Par Gabriel :: 29/02/2008 à 23:00 :: Général
Mes aventures en Chine, Tome 4 (Deuxième partie)
Cliquez ici pour lire la première partie.
Nul doute que cet homme travaille plus de 10h par jour pour pouvoir conserver son logement.
Avec Guo Yu on était au restaurant en train de manger des nouilles («toujours en train de bouffer ceux-là !» me direz-vous, à juste titre je l'avoue), lorsqu'un sans-abri vêtu de haillons et sans chaussures (je précise qu'il faisait assez froid ce jour-là et temps pluvieux) passe près du restaurant et se met à fouiller la poubelle en face de nous, pour trouver à manger. Ni une ni deux, je commande un troisième repas, je me dis que ça doit faire longtemps que le pauvre homme n'a pas mangé des nouilles chaudes, qui plus est sans avoir l'odeur ni le goût de la poubelle ! Je m'avance donc vers lui, la poche remplie des nouilles que je viens d'acheter, et Guo Yu me suit de près. Mais alors que je lui tends la poche avec le sourire, Guo Yu se met à se marrer ! La grosse gaffe que voilà ! Du coup tout le monde nous regarde ainsi que le sans-abri qui est dorénavant gêné. Bien sûr, le pauvre homme, même s'il est affamé, n'a pas accepté les nouilles. Nous allons donc nous rassoir, c'est l'échec, et je suis en colère. Guo Yu me dit que les sans-abris n'acceptent pas la nourriture qu'on leur donne. Je lui réponds, «Bien sûr ! Si à chaque fois vous vous marrez, il doit penser qu'on a craché dedans ou je ne sais quoi ! Et qu'y a t'il de drôle à donner de la nourriture saine à un clochard ? Cet homme a une dignité ! Il mange tous les jours ce que toi tu jettes et alors qu'il a l'occasion de bien manger tu ne trouves rien d'autres à faire que de te marrer !». Je me calme et nous finissons nos nouilles. Lorsque nous rentrons, j'aperçois le clochard à une autre poubelle. Je demande à Guo Yu de ne pas me suivre et je tend la poche de nouilles à nouveau au clochard, qui refuse à nouveau. Je la pose à côté de lui et m'en vais, lui de continuer à chercher dans la poubelle. J'espérais qu'il aurait pris la poche une fois que personne ne le regardait. Mais quelques heures plus tard, alors qu'il s'était mis à pleuvoir, je repasse près de la poubelle, et qu'est ce que je vois ? La poche de nouilles à l'endroit précis où je l'avais déposée. Avec la pluie les nouilles doivent être bien froides ! Quelle volonté de fer ce pauvre homme !
Il est très courant de croiser des balayeurs de route ou de trottoirs. Ils gagnent un salaire de misère et pratiquent un métier dangereux, risquant de se faire renverser à chaque instant. Ça ou perdre son logement.
Il est très courant en Chine de croiser des gens qui fouillent dans les poubelles. Il y a deux catégories : ceux qui sont vieux et sans travail mais ont tout de même un logement, et les sans-abris. Les premiers fouillent et récupèrent toutes les bouteilles en plastique qu'ils peuvent pour les revendre, sans doute, à je ne sais qui, en échange d'un maigre salaire. Bien sur lorsqu'ils ont terminé leur fouille, ils laissent tous les déchets qu'ils ont retiré à côté de la poubelle, comme ça c'est bien dégueulasse. Les seconds, les clochards, ne fouillent que dans le but de se nourrir. Inutile de vous dire l'état de ces hommes rongés par la maladie jusqu'au bout des ongles, ils mangent de la bouffe avariée qui côtoie les serviettes usagées de madame, les couches de bébé et les déchets de tout le quartier. De vrais héros d'arriver à extorquer de la nourriture de là-dedans sans vomir.
Un sans abri vit dans ce petit parc près de notre appartement, lorsque je le croise en partant faire du vélo, j'achète et je lui donne des gâteaux en revenant.
Si ma première tentative d'aider un sans-abri s'est avérée un échec, en revanche j'ai eu d'autres essais réussis. Lorsque je me balade en vélo, j'achète souvent des gâteaux en revenant, ou des snikers, du pain, etc. Il y a un clochard qui vit près de mon immeuble dans un petit coin de nature. La première fois que je l'ai vu, en revenant d'une balade en vélo, il était en train de fouiller une poubelle. Je lui ai tendu un snikers, qu'il a refusé. J'ai donc posé le snikers près de lui et je me suis éclipsé. En regardant de loin, j'ai vu qu'il a pris le snikers. Ca devait faire des lustres qu'il n'avait pas mangé quelque chose de sucré ! La fois d'après je lui ai laissé un paquet de chocos et du nougat. Cette fois il a directement accepté de main à main. C'est tout bête, ça vaut rien ici mais ça doit bien le réchauffer la nuit ! Une autre fois, des petits pains et des sortes de boules de pâte frites délicieuses enrobées de graines de sésame qu'on ne trouve qu'en Chine, encore chaudes. Ça me fait plaisir de pouvoir aider ce pauvre gars, quand je vois l'état de ses mains et de son visage... Apparemment en Chine, ça ne se fait pas d'aider les clochards. Pourquoi ? Je n'en connais pas la raison. Et lorsque je demande à Guo Yu, comme d'habitude c'est le fameux «Ici en Chine on fait comme ça, il n'y a pas de pourquoi.» qu'elle me sort assez souvent quand je ne comprends pas quelque chose. Je commence à vraiment détester cette réponse.
J'ai passé pas mal de temps à chercher un boulot correct dans la région, mais ne parlant pas encore bien chinois et ne pouvant pas encore le lire, ce n'est pas évident. Mois après mois, mon compte en banque était régulièrement débité mais jamais provisionné, ce qui commençait à m'inquiéter sérieusement. Mais vers octobre, la chance m'a sourit : Daniel Noizet, responsable informatique du Centre de Gestion Océan (j'y ai travaillé à Saintes pendant un an en 2006), m'a proposé d'essayer de travailler depuis la Chine par Internet, afin de pouvoir améliorer notamment un logiciel sur lequel je travaillais. Cela m'a bien sur plut dès le début, d'autant que le salaire était convenable pour une vie en Chine. Cette aventure a donc commencé début novembre, on a mis en place une communication sécurisée entre mon PC et le serveur du CGO, puis après avoir rapatrié les sources du logiciel j'ai pu m'atteler à ma nouvelle tâche, qui a duré un peu plus de deux mois.
En plein travail : à gauche fin novembre, à droite mi-janvier. Le seul chauffage ici c'est mon PC.
Du coup je travaillais toute la semaine du lundi au vendredi et 8 heures par jour, j'avais beaucoup moins de temps libre qu'auparavant, par exemple pour écrire le présent tome cela m'a pas mal ralenti. Les sorties en vélo sont devenues des sorties du weekend. Mais je reste très libre sur mon emploi du temps, puisque je travaille chez moi. Le tout est d'essayer de se tenir au mieux l'horaire fixé, et rattraper le retard lorsqu'on en prend. C'est un mode de travail qui me plait beaucoup. L'inconvénient est que je ne sors pas beaucoup et que je ne vois pas grand monde. L'avantage est évident : le salaire touché me libère de la peur d'arriver à court de budget ! Ma première tâche est désormais accomplie et les premiers salaires touchés, j'espère que mon travail sera satisfaisant pour Daniel qui me fait confiance alors que je suis à 10 000 km de là. Merci Daniel d'avoir pu rendre cette coopération possible !
Dans la liste de ses relations, Guo Yu dispose d'un ami qui organise des voyages de groupes. Celui-ci lui avait téléphoné pour lui indiquer qu'il pouvait lui faire un prix sur le prochain voyage qui se déroulait à Wu-Ming, une petite ville au nord de Nanning, réputée pour ses belles montagnes, sa grotte gigantesque et son parc d'attractions militaires. Pour 60 yuans, on a donc pu se rendre à Wu-Ming gaiement.
Des montagnes magnifiques qui me mettaient l'eau à la bouche pendant le trajet.
Commence le parcourt, j'étais content car je pensais qu'on allait visiter quelques montagnes aux alentours. Au lieu de cela, on commence par nous demander 10 yuans à chacun pour «découvrir la culture d'une des 56 minorités ethniques de la Chine». Je pressent déjà que ça ne va pas trop me plaire cette visite...et effectivement, ça ne m'a pas beaucoup plu. Il faut imaginer des gens vêtus de faux costumes traditionnels et exposés comme des animaux dans un zoo. On marche le long d'un parcourt et lorsque l'on arrive à proximité d'un groupe de gens, il se mettent à danser, à jouer de la musique, a prendre des photos près de nous déguisés en hommes des bois, etc. Ça n'a peut-être pas l'air choquant à lire mais à voir je pense que vous comprendriez le malaise. Par contre, les chinois aiment bien ça. Bien entendu, la visite est ponctuée de petites places où l'on vend des objets de mauvaise facture à un prix exorbitant, et même un groupe de gens qui profitent de la croyance populaire envers Bouddha pour vendre des faux gadgets à un prix abusif. Ils sont très forts, ils vous placent les breloques dans les mains et vous demande de payer, et ça ne m'étonnerait pas qu'il y ait des pick-pocket dans la salle qui profitent de la foule amassée en ce lieu étroit. Guo Yu ne s'y est pas laissé prendre heureusement et moi non plus évidement. Pas le choix, les vendeurs ne veulent pas que l'on leur retourne les trucs qu'ils nous mettent dans les mains : je les laisse tomber par terre. Non mais ! Comment ne pas assimiler la religion à une secte avec des gugusses pareils !
Ah ouais, c'est la méga-classe !
Le parcourt continue, on sort de ce zoo humain et maintenant on va visiter une grotte. Voilà qui me plaira certainement plus que la découverte de la minorité ethnique de la matinée! Enfin j'espérais... Car si la grotte en elle même est magnifique, possède de très beaux stalactites, stalagmites, bassins, fontaines naturelles, etc, les propriétaires des lieux ont cru bon de placer des lumières multicolores un peu partout dans la grotte, ainsi que des animations : des ombres de nains, de farfadets du coin, des bruitages. Ça donne au final une ambiance très particulière, le mélange de l'ancienne grotte de plusieurs millions d'années avec la stupidité humaine de quelques décennies, le tout saupoudré de kitch à cause des lumières. Le pire c'est qu'ils sont allés jusqu'à scier des stalactites et des stalagmites pour pouvoir couler le béton du chemin des visiteurs et pour pouvoir inclure leurs grotesqueries ! Une chose est sure, je ne pense pas que cette magnifique grotte résistera longtemps aux assauts de millions de touristes. Regardez Lascaux par exemple, ils avaient découvert que la respiration des visiteurs innombrables altérait le calcaire des parois, dissolvait les stalactites et détruisait nos chères fresques ancestrales. Ici tout le monde s'en fiche, on trouve même des déchets dans la grotte. La sécurité du site mérite un zéro pointé : les escaliers sont étroits et les marches sont courtes, penchées et glissantes à cause de l'humidité, et ils éteignent la lumière au fur et à mesure du déroulement de la visite. Le problème est lorsqu'on se trouve vers la fin du groupe, on est presque constamment dans le noir. Pas pratique de se retrouver dans ce labyrinthe avec une simple lampe torche et des chinoises qui hurlent à l'aide dans des hauteurs de voix à vous percer les tympans! Une fille a paniqué et a eu des problèmes respiratoires par la suite, aucun secours n'est intervenu, il a fallu la faire sortir nous même de la grotte pour qu'elle puisse enfin reprendre sa respiration. Le chemin passe assez souvent précisément sous de très pointus stalactites, et les chinois crient à l'intérieur de la grotte. J'ai dit que c'était dangereux de crier dans une grotte, on m'a rit au nez et rétorqué que pour l'instant il n'y avait pas eu d'accident (ce dont je doute fortement vu les stalactites écrasés ça et là... mais ce ne serait pas bon pour les affaires de dire qu'il y a des accidents). Bref j'étais plus enchanté de sortir de là que de visiter ! Heureusement personne n'a été blessé. Je ne recommande pas cette visite à ceux qui voudraient la faire, bien que la grotte devait être magnifique autrefois.
L'entrée de la grotte : c'est plutôt joli, pour un mois de novembre.
L'intérieur de la grotte : ça se gatte. La photo est floue mais vous ne loupez pas grand chose.
Admirez en bas à gauche un espèce de nain de Noël subtilement intégré à la grotte.
Tout le monde hurle dans la grotte avec des pointes menaçantes juste au dessus du crâne.
Arrive midi, on mange dans un restaurant à proximité des lieux, la nourriture y est très bonne, par contre cela se monnaie bien évidement. Ensuite c'est quartier libre jusqu'à 17 heures. Une partie des jeunes sont restés sur place à ne rien faire, l'autre partie a décidé de ne pas se faire chier pendant 5 heures et donc on est allé visité un parc d'attractions à quelques minutes de la grotte. Là je dois admettre que je me suis super bien amusé, le parc est parsemé d'obstacles d'entrainement militaire et fut l'occasion de faire un peu de sport et d'équilibre. Au menu des obstacles à la corde, des passerelles mouvantes, etc, tout ce qu'il faut pour s'amuser si on aime ça ! En plus c'est seulement 10 yuans par personnes. Il y a possibilité de faire des balades dans le parc pour observer de magnifiques montagnes très pointues, et une végétation luxuriante sans herbe qui doit ressembler à peu près à ce qu'était la végétation du Jurassique. Je ne serai pas surpris de voir un dinosaure surgir de là ! Bref cette fois ci je trouve que ça vaut le coup de visiter ! Je recommande ce parc. Par malchance j'ai oublié le nom. Ensuite on est revenu prendre le bus de retour et on a fait enrager les autres qui ont vraiment attendu 5 heures près du restaurant sans rien faire du tout, tout ça pour économiser 10 pauvres yuans (je précise qu'ils peuvent se le permettre pourtant). Tant pis pour eux !
Les arbres du site étaient peuplés de petits singes rigolos et affamés. On a aussi trouvé des ours. Une construction typiquement chinoise en haut d'un rocher.
J'aurai pu faire un bon militaire.
Les montagnes sont très jolies dans le coin. Au retour : un peu de détente bien méritée. Je mange, quoi.
Autant l'été était chaud et humide, avec des pluies violentes tous les 3 ou 4 jours et un ciel presque toujours nuageux, l'arrivée de l'automne a marqué la fin de la mousson dans la province du Guangxi (prononcer «gouang-tchi»). Je rappelle que le Guangxi est la province où je réside. Nanning en est la capitale et Beihai une préfecture. Le changement est très rapide et très radical : en deux ou 3 jours le ciel s'est découvert, arborant un bleu profond et sans nuages. Dès lors, je crois que l'on a eu 2 jours de pluie en 3 mois ! Bref vous l'aurez compris, l'automne dans le Guangxi est sec, très sec même ! Si sec que l'eau est parfois coupée et jaune à la sortie du robinet. Je vous passe les détails pour prendre sa douche avec une telle eau, lorsqu'il y en a ! Cette sécheresse entraine un autre problème : le sol devient très poussiéreux, et le vent est souvent assez fort. Il devient de plus en plus dur d'observer les étoiles la nuit et de voir l'horizon en plein jour, car la poussière est partout dans le ciel. Un autre inconvénient est la pollution des véhicules qui reste dans l'air. Heureusement la température reste aux alentours de 25-30°C durant cette période très sèche. Sachez en tout cas qu'il est assez perturbant pour les yeux de ne pas pouvoir voir très loin de jour comme de nuit à cause de la poussière et de la pollution ! On a l'impression d'évoluer dans un monde flou. Et autre chose de perturbant pour un européen : il n'y a pas de rosée le matin.
Si le changement du climat entre été et automne était très marqué, celui entre automne et hiver l'est encore plus je trouve ! Donc sans résumer, du jour au lendemain, le ciel s'est couvert de gros nuages épais pendant environ 3 semaines, sans pleuvoir. La température a chuté de 25 début décembre à 5°C fin janvier. Puis la pluie est arrivée avec janvier. Et sans mentir on a pas eu une journée sans pluie depuis ! Rien a voir avec la chaude et éphémère pluie d'été, cette pluie-là vous glace jusqu'à l'os car elle est à la limite de geler ! Fait important : dans le Guangxi, les maisons ne sont pas isolées du tout, les fenêtre (quand il y en a) sont du simple vitrage et ne ferment pas très bien car constamment ouvertes, et surtout il n'y a pas de chauffage ! Ce qui fait qu'à l'intérieur de la maison où j'écris présentement, il fait à peine plus chaud qu'à l'extérieur. Obligé de porter des moufles que m'a si gentiment tricoté Guo Yu pour ne pas avoir les doigts trop gelés en utilisant le PC. Faire la vaisselle est devenu une vraie corvée tellement l'eau est froide (le chauffe-eau est réservé au pommeau de la douche de la salle de bain...), et prendre sa douche est un acte de courage car le carrelage est glacé et la température de l'air avoisine les 5 degrés. A noter qu'apparemment cette année est l'hiver le plus terrible qu'ait connu la Chine depuis 50 ans (vous avez sans doute vu les infos, sinon faut s'informer, hein!) et Guo Yu me raconte que l'an dernier à la même date ( 1er février 2007) elle était en bermuda et t-shirt... Dois-je vous préciser que Nanning et Beihai sont situées entre le tropique du Cancer et l'équateur ? La Thaïlande qui est à 500 kilomètres d'ici bénéficie d'un temps estival, c'est à n'y rien comprendre cette température anormalement basse. Mais je ne crois pas qu'il faille chercher très loin la cause de toutes ces intempéries qui ravagent la Chine actuellement... Vous rappelez-vous tout ce que j'ai dit à propos des chinois et leur environnement ? Alors je vois ça comme un genre de punition pour tout les actes irrespectueux de la Terre que la Chine a commis précédemment. C'est très mérité et la suite logique de leurs actes. La Terre est vivante et lorsqu'on lui crache à la gueule elle se venge ! Perturbez les cycles millénaires de la Terre et vous obtiendrez une réponse tout aussi radicale mais rarement bénéfique pour les activités humaines... Et curieusement les pays voisins n'ont pas de températures inhabituelles... En tout cas j'espère que cette «punition» ne durera pas trop longtemps car je me les pèle bien là !
Exceptionnellement des feuilles sont tombées cet hiver, mais pas toutes.
Une tige de délicieuse canne à sucre découpée en rondelles empilées dans une assiette par mes soins. A table !
C'est Noël !
Guo Yu, moi et nos colocataires très sympas, juste avant le déménagement. L'appartement est vidé.
On quitte Qing Xiu Qu Zheng Fu avec un petit pincement au coeur, après des mois passés ici.
La préparation du voyage fut relativement simple pour moi : je disposais encore de ma carte de Hong-Kong du voyage précédent et de mes photos d'identité. J'avais juste à retirer suffisamment d'argent et à emmener quelques habits en quelque sorte ! En ce qui concerne Guo Yu, ce fut bien moins facile... Car la Chine a beau revendiquer que Hong-Kong est une région chinoise maintenant, il est bien moins facile pour un chinois d'y entrer que pour un étranger comme moi ! Ainsi, un chinois a besoin d'obtenir un laisser-passer pour Hong-Kong. Dans la pratique c'est un clone de passeport à la sauce chinoise. L'aspect est identique mais la couverture est bleue. Dans ce carnet, il faut y coller un visa pour Hong-Kong. Ce visa ne peut-être obtenu officieusement que par l'intermédiaire d'une agence de voyage (pot de vin police-agence inside...) même si officiellement tout Chinois peut normalement le demander au poste de police. Donc il a fallu débourser quelques 400 yuans et utiliser une relation de la mère de Guo Yu qui est policière et dont la fille travaille dans une agence de voyage pour pouvoir arriver à obtenir le précieux papelard et un nom d'agence fictif. Bien compliqué tout ça ! Bien évidemment Guo Yu ne souhaite pas voyager par une agence mais veut m'accompagner, c'est très tordu comme système à Beihai (car il est impossible de faire la demande à Nanning, sa carte d'identité étant de Beihai...). En même temps je lui ai conseillé de faire son passeport, car très bientôt elle en aura sans doutes besoin, vous comprendrez pourquoi dans le point 2. Pourquoi est-ce si difficile d'avoir ce visa pour un Chinois ? Et d'abord, pourquoi ont-ils besoin d'un visa ? Sachez juste que Hong-Kong n'a de chinois que la langue de ses habitants et sa location, autrement c'est une ville assez européenne ! Les médias ne sont pas contrôlés par le gouvernement autant qu'en Chine, il y a de nombreux journaux rédigés par des dissidents de la PRC (People's Republic of China, en fait le Parti communiste unique de la Chine continentale) et c'est la principale raison de la réticence de la Chine continentale de laisser voyager librement ses habitants à Hong-Kong. Ils ne veulent pas que la vérité éclate au grand jour ! Une fois tous les papiers et autorisations possibles et inimaginables qu'il a fallu remplir pour ma pauvre Guo Yu pour un simple séjour à Hong-Kong, on a décidé de prendre un bus pour Shenzhen cette fois-ci, Guangzhou n'était pas une bonne idée avec les intempéries actuelles et le demi million de chinois bloqués dans les gares et stations de bus... De plus la fausse agence de voyage ne pouvait envoyer des faux chefs de groupes de voyage qu'à Shenzhen. Nous somme donc parti le 26 janvier 2008 à 21:00 dans un bus-couchette depuis Beihai. Coût du trajet : 120 yuans par personne. Contrairement à précédemment, le voyage ne fut pas désagréable, cette fois-ci on a pu choisir des places du niveau supérieur des couchettes : personne ne nous a marché dessus. J'ai seulement noté que de la buée avait coulé toute la nuit le long de la vitre sur mes vêtements et que je me suis réveillé gelé. Le trajet fut relativement rapide : environ 9 heures de bus. On est arrivé un peu après 6 heures du matin à la gare de bus de Shenzhen.
Parés pour le départ à Hong-Kong !
Après un réveil rapide, on cherche un moyen de transport pour se rendre à la gare de train de Shenzhen. Le taxi est ce qui nous est venu à l'esprit en premier. Mais le prix proposé par les chauffeurs (50 yuans !) dépassait le prix psychologique ! Seconde option, le bus. On recherche le bus numéro 28 dans l'immense gare de bus. On le trouve ! Mais coût du trajet : 36 yuans par personne et 40 minutes de trajet. Moins bon que le taxi ! Ils sont loins les 1.20 yuans du bus de Nanning ! Ici à Shenzhen les bus se paient au kilomètre. C'est alors que l'on trouve le sauveur : le métro ! Pourquoi n'y ai-je pas pensé plus tôt, en plus c'était sous nos yeux. Il est donc possible de prendre le métro depuis la gare de bus. On s'y précipite, et effectivement le métro est bien meilleur que n'importe quoi d'autre ! Compter 30 minutes de trajet et 4 yuans par personne pour se rendre jusqu'à la station de Lo Wu, la dernière station avant de passer à Hong-Kong... Le métro de Shenzhen est flambant neuf, des écrans plats incrustés dans les murs proposent une chaine d'informations propre à Shenzhen et la progression du métro sur le trajet est affichée en temps réel. Fait inhabituel qui m'a interpellé et Guo Yu aussi : tout est si propre ici ! Pas un seul mégot ou papier de bonbon, pas de poches plastiques...
En route pour Lo-Wu...
On arrive donc à Lo Wu très rapidement, et ça tombe bien car il n'y a pas trop de monde à cette heure-ci (il est 07:30 du matin). Guo Yu a rendez-vous avec les faux chefs de groupe de voyage à 08:00, on les trouve et on attends. Ils font l'appel et on va acheter nos billets. Enfin je devrait dire tickets : Guo Yu n'a pas du préciser «de train» car on s'est retrouvé avec des tickets de métro. A vrai dire ça m'arrange car c'est bien moins cher et tout aussi rapide ! Il faut maintenant passer la frontière. On doit se séparer, je dois suivre le parcourt «Foreigners» et elle doit suivre le parcourt «Mainland China residents». Il y a un 3ème parcourt «Hong-Kong residents». Pour moi c'est très simple : je n'ai qu'à remplir leur paperasse, nom-prénoms-date et lieu de naissance-numéro de passeport-age de ta soeur-et j'en passe. Tamponnage 3 ou 4 fois de mon passeport, et hop ! J'ai droit de rester 90 jours à Hong-Kong. Pour Guo Yu, elle doit suivre le faux groupe de voyage qui présente les laisser-passer de tout un groupe de chinois aux autorités. Elle a droit à un mini interrogatoire avec «Pourquoi vous rendez-vous à Hong-Kong ?» par exemple. Puis, le groupe de voyage se dissous et les chefs de groupes rentrent chez eux puisque devenus inutiles par la suite ( ! ). Ça c'était pour le côté chinois de la frontière, ensuite pour le côté Hong-Kong elle n'a eu qu'à remplir un formulaire et hop ! Tamponnage, emballez c'est pesé. Il ne reste plus qu'à prendre le métro, ensemble cette fois !
Nous arrivons bientôt à Hong-Kong.
Alors que nous prenons le métro pour la station de Hung-Hom de Kow-Loon (nom chinois pour désigner les New Territories de la région administrative spéciale de Hong-Kong, si vous disposez d'une carte), Guo Yu me dit qu'elle est étonnée que tant de précautions soient prises par le gouvernement chinois pour une simple visite de quelques jours à Hong-Kong ! Elle regarde par la fenêtre et me dit que ça n'a pas l'air si riche que ça, Hong-Kong. En effet pour le moment ça a l'air plutôt pauvre ce que l'on voit. Je lui dis d'attendre... On mange un sandwich juste avant de s'apercevoir que c'est interdit. On arrive, les quelques personnes présentes dans la trame du métro se précipitent vers la sortie. Ça y est ! Nous voilà à Kow-Loon !
Grosse surprise pour Guo Yu : à Hong-Kong, les magasins sont fermés le dimanche, comme dans nos pays européens. De plus il n'y a presque personne dans les rues. Très différent de la Chine !
Histoire de me rappeler vite fait ou se trouve la compagnie qui me fera un visa, on se rend sur les lieux en suivant la carte, et finalement je n'ai pas oublié. Tout est si propre ici ! Tout a l'air moderne aussi. Les gens respectent les interdictions et le code de la route, les automobilistes aussi. Les buildings sont étincelants, pas un chewing-gum collé par terre. Très impressionnant pour Guo Yu ! Et pour moi aussi, après tout ce temps passé en Chine. A noter qu'à Hong-Kong, contrairement à la Chine, les gens conduisent à gauche comme en Angleterre (Hong-Kong était il n'y a encore pas si longtemps une concession anglaise), donc attention lorsque vous traversez la route, regardez à droite en premier ! OK maintenant il faut trouver un hôtel, car pas de bol, aujourd'hui c'est dimanche et la compagnie des visa n'est pas ouverte. Muni de mon fidèle guide sur la Chine, on se rend en marchant à Tsim Sha Tsui où l'on pourra trouver un hôtel bon marché, qu'ils ont écrit. On passe par l'avenue des stars où de nombreuses personnalités du cinéma Hong-Kongais ont une trace de leurs mains dans le béton, et d'où l'on peut prendre de jolies photos de l'île de Hong-Kong en face (car Kow Loon n'est pas Hong-Kong... mais fait partie de la région administrative spéciale de Hong-Kong. Quand je dis que je vais à Hong-Kong je veux dire la région. Me suivez-vous ?). En arrivant à Tsim Sha Tsui, deux constats. De un, on aurait pu s'y rendre en métro si on n'était pas descendu à Hung Hom, qui fut un arrêt assez inutile lorsqu'on y réfléchit. De deux, j'aperçois le building des «Chunking Mansions» mentionné dans mon guide et notre impression est que ce building est le plus pourrave à des lieues à la ronde. Difficile de faire plus louche ! On arrive dans ce bâtiment austère et l'on se rend au 7ème étage. «Au 7ème étage, l'établissement «The Guest House» sort du lot et est bon marché» que me dit mon guide. On se dirige vers cet hôtel et franchement, ça fait peur ! La chambre est petite, sent mauvais, pas de douche et c'est $200 la nuit (100 yuans = $107 HK dollars en ce moment). Eh bien c'est pas ici que l'on dormira ! Le gars du guide n'a pas du se rendre en personne ici. On va donc voir ailleurs si on y est, et on trouve l'hôtel «The pay-less house» dans le même étage. Cette fois-ci, la chambre est propre, a une télé, une salle de bain, des toilettes propre et seulement $180 la nuit. Pas d'hésitations, je connais les prix des hôtels normaux, c'est du bon marché pour la qualité ! On a donc posé nos affaires ici et payé l'hôtel pour la journée, $200 dont $20 pour la clé qui nous seront rendus plus tard. Mais pas question de passer la journée ici, ce n'est pas tous les jours que l'on est à Hong-Kong et on a rien de prévu pour aujourd'hui, alors autant en profiter !
L'hôtel « The pay-less house » possède de petites chambres mais au moins elles sont propres.
Nous sortons donc de cet hôtel et dans la rue il y a partout des bijoutiers, des magasins de matériel photo estampillés «Sony» mais qui en fait vendent toutes les marques (attention, à Hong-Kong, n'achetez pas un produit qui n'a pas d'étiquette de prix... vous vous ferez arnaquer), des boutiques de vêtements et autres sacs luxueux... Les voitures sur la route sont toutes ce qu'on qualifierait de «voitures de riches» en France, les Porsches et Ferraris ne sont pas rares ici. Les rues sont très propres et on y trouve des restaurants et bars de tous les pays. Bien évidemment, tout est très tentant ! Si seulement le prix était raisonnable... Car à $60 la bière dans un bar ou $50 le simple plat de riz de base, ça fait réfléchir avant d'acheter ! Heureusement tout n'est pas hors de prix, par exemple au Mac Do du coin on en a eu pour pas moins de $80. C'est toujours plus cher qu'en Chine, mais moins cher qu'en France (on avait commandé 2 menus + frites supplémentaires + 3 cheese burgers supplémentaires). Se repérer à Kow-Loon est très facile, de grandes cartes sont affichées presque à chaque carrefours. Les grands axes sont toujours très simplement accessibles par le biais du métro. Des sorties de métro sont réparties dans tout Hong-Kong. Ce jour-là nous avons aussi visité l'île de Hong-Kong même, après avoir pris le métro pour Admiralty puis Central. Là cela change un petit peu, il est déjà nettement plus difficile de se repérer puisque l'île est de construction plus ancienne, les directions ne sont plus aussi faciles à suivre qu'à Kow-Loon. Par contre, nous avons pu voir de nos propres yeux des choses magnifiques et des buildings parmi les plus hauts du monde comme par exemple l'étrange Bank of China Tower (367 mètres) ou l'imposant Two International Finance Centre (415 mètres) sans oublier le Central Plaza (374 mètres), lui aussi très très haut. Inutile de vous dire que l'on se sent très petit lorsqu'on se trouve à la base de l'un de ces mastodontes ! Pour se déplacer à Hong-Kong, le moyen le plus pratique et le plus économique est le métro. Il y a également des bus à deux étages comme en Angleterre et des tramways un peu partout, mais ils sont assez chers, malheureusement.
Bienvenue à Londres. Euh à Hong-Kong ! La très célèbre Avenue des stars S'il y a une chose à ne pas manquer lorsqu'on va à Hong-Kong (la première fois j'avais tout manqué en fait), c'est la visite de nuit. De partout la lumière jaillit, les buildings sont très décorés en fonction des évènements, par exemple là ils étaient décorés pour fêter la nouvelle année chinoise, qui comme tout le monde le sait sera l'année de la Souris. Si vous voulez savoir sous quel signe animal vous seriez en Chine, rendez-vous ici : http://www.chine-nouvelle.com/astrologie/signe-chinois.html et vous pourrez facilement trouver votre signe chinois. Mais revenons à Hong-Kong. Les magasins sont tous ouverts très tard, et une vue magnifique vous attends si vous marchez sur l'Avenue des Stars pendant la nuit. Chaque building tente d'attirer au maximum l'attention. Écrans géants (vraiment géants !), mise en valeur avec des néons, projecteurs qui tournent autour du building.... Ce n'est pas facile à décrire toute cette effervescence qui règne à Hong-Kong la nuit. Retenez simplement que c'est très joli et très vivant !
Le sommet du Two International Finance Centre s'évanouit dans les nuages, diffusant sa lumière dans le ciel sans étoiles.
De partout la lumière jaillit et les gens fourmillent durant la nuit à Hong-Kong.
A la fin de la journée, nous étions épuisés tellement nous avions marché et arpenté Hong-Kong en long, en large et en travers. On est donc rentré à l'hôtel prendre un repas et un repos bien mérités ! Notez qu'à Hong-Kong il y a parmi les chaines de télévision gratuites une chaine française : TV5 Monde. Alors j'ai pu regarder pour la première fois le Comte de Monte-Cristo à Hong-Kong, ça ne fait pas de mal d'entendre parler français ! Le lendemain, nous avions prévu deux choses : un, je fais mon nouveau visa, et deux on va à Disneyland Hong-Kong ! Guo Yu voulait tellement y aller et on était si proches que je n'allais pas refuser ! Donc on s'empresse de payer une deuxième journée d'hôtel, et l'on se rend à la compagnie qui s'occupe des visas. Comme la dernière fois, ce fut très facile. $500 et une photo d'identité, et je leur laisse mon passeport. Je leur donne un numéro de téléphone et mon adresse en Chine, et le tour est joué ! Le seul bémol c'est qu'en raison des Jeux Olympiques à Pékin cet été, la Chine ne délivre plus que des visas pour 3 mois tant que ces JO ne seront pas terminés. Donc en avril j'ai droit à un nouveau voyage à Hong-Kong. Tout ne peut pas toujours être parfait ! Mais ce n'est pas le moment de penser à ça, direction Disneyland !
La ligne de métro personnelle de Disneyland Resort.
Allez à Disneyland Hong-Kong est d'une étonnante simplicité. Il suffit de savoir lire la carte du métro. Depuis Hung Hom, il a donc fallu se rendre à Lai-King, là on change de rame et l'on prend la direction de Sunny Bay. Là encore on change de rame et l'on emprunte le métro personnel de Disneyland. Personnel car les sièges sont en velours bleu et les fenêtre sont en forme de tête de Mickey et les poignées pour les personnes debout aussi ! Coût total du trajet Hung Hom à Disneyland Resort : $39 pour deux personnes. Et seulement 20 minutes ! Chapeau Hong-Kong. On s'empresse d'acheter nos billets d'entrée, un billet est à $295 en ce moment, ce qui est tout à fait raisonnable si l'on convertit en euros (environ 25€ par personne et par journée). On a bien fait de s'y prendre tôt, car même en cette saison c'est la ruée vers Disneyland. On en profite donc pour s'amuser comme des fous tout en se retenant d'acheter à manger, car ces fourbes diffusent partout dans le parc une odeur de pop-corn au caramel ! Très, très dur de résister aux petits encas à $55 et aux mini-bouteilles d'eau à $25. Quand aux serre-têtes Mickey à $80, je trouve que c'est de l'arnaque quand même ! Alors pour résumer rapidement une journée à Disneyland HK : c'est 20% d'attractions, 40% d'attente, 30% de magasins et 10% de lecture du plan du parc. Donc oui, ce n'est pas parfait puisque c'est une gigantesque machine à fric, mais il y a de très bonnes attractions comme par exemple Space Mountain. Je ne sais pas si c'est pareil dans les autres Disneylands mais dans celui-ci il y a pas mal de shows et de danseurs, au plus grand plaisir de Guo Yu. Et à la fin de la journée, il y a le magnifique feu d'artifice au château ! C'est quelque chose à voir tout de même, et Guo Yu et moi pensons que le prix du ticket d'entrée n'est pas du vol. Photo prise durant Space Mountain.
Le château en béton de Disneyland HK ne fait pas le poids avec nos châteaux français.
La fin du feu d'artifice, on n'aurait pas du l'attendre... Cela marque en effet la fin de la journée pour presque tout le monde ! C'est la ruée vers la sortie, et Guo Yu et moi essayons de courir tant bien que mal pour gagner du temps. Chaque mètre gagné représente de nombreuses minutes ! On parvient jusqu'à la machine de ticket de métro, presque trop tard : on se retrouve dans une queue qui devient monstrueuse... Bien sur, notre machine tombe en panne alors que c'était presque notre tour, alors ni une ni deux, on change de file. Les autres préfère rester devant la machine en panne, chacun son truc ! Ah la prochaine fois on se fait pas avoir, on achète les tickets de retour avant d'entrer dans le parc ! On a tout de même pu obtenir nos tickets de métro assez rapidement vu la foule, et nous sommes rentrés à l'hôtel encore une fois épuisés, non sans faire une halte à Mac Donald tellement nous étions affamés et assoiffés toute la journée !
Des milliers de personnes se précipitent pour acheter leur ticket de métro. C'est la loi de la jungle. Ravitaillement au point d'eau. Le lendemain, nous plions bagages et nous nous rendons à la compagnie des visas. Mon visa est prêt, je paie $500 et il ne nous reste plus qu'à rentrer à Shenzhen, je ne voyais pas trop ce qu'on pouvait faire d'autre aujourd'hui avec nos sacs à dos sur les épaules ! On prend donc le métro de Tsim Sha Tsui vers Lo Wu, là encore il faut passer la frontière. En arrivant à Lo Wu on doit se séparer, Guo Yu a droit à un couloir spécial pour chinois et moi un couloir spécial pour étrangers se rendant en Chine. Mon visa passe merveilleusement bien, et on retamponne mon passeport partout avec une lenteur inégalée de l'officier. Celui là ça m'étonnerait qu'il aime son boulot ! Et comme je le comprend. On me demande, avez vous quelque chose à déclarer ? Oui je suis pressé. Guo Yu et moi nous retrouvons un peu plus tard à la frontière chinoise après environ une heure de formalités.
Mes aventures en Chine, Tome 4 (Première partie)Par Gabriel :: 29/02/2008 à 06:26 :: Général
Cliquez ici pour lire le Tome 3 si ce n'est pas déjà fait Des nouvelles de moi en Chine, Tome 4 (Première partie)
Tome 4 ? Ah mais qu'est ce que c'est, tome 4 de quoi ? Eh oui ça fait tellement longtemps que j'aurais dû finir de l'écrire que vous avez sans doute oublié les 3 précédents opus ! J'ai voulu au début retarder un peu le 4ème du nom à cause d'une période où il ne s'est quasiment rien passé, puis les mois passèrent et voici que je manque de temps pour l'écrire maintenant... Voici donc le tome 4 tant attendu, ou plutôt celui qu'on attendait plus!
1 – Résumé de tout ce qui s'est passé depuis la dernière fois.
La dernière fois, l'on s'est quitté au moment où moi et ma douce Guo Yu étions rentrés à Nanning afin qu'elle entame son dernier semestre d'université, la tête chargée des souvenirs des journées passées à flâner et marcher au bord de la plage. Pendant environ 15 jours, ce fut assez routinier, Guo Yu allant à ses cours les lundi et mardi matins, et le mercredi après-midi, pendant que, je peux le dire, je ne faisais pas grand-chose. J'avais très envie d'explorer les alentours, mais ce n'est pas facile sans voiture ou autre moyen de locomotion. Le touc-touc n'est pas adapté car il faudrais que je puisse m'arrêter quand je veux et aller où je veux, librement. De plus je ressentais le besoin de faire du sport, car je me sentais un peu faible. Et puis faire du sport ça évite des maladies, c'est mille fois mieux que d'aller à l'hôpital ! La solution fut toute simple : acheter un vélo ! On s'est donc rendu avec Guo Yu dans un magasin de vélo, pas très loin de notre lieu-dit de résidence qui, comme chacun le sait, se nomme Qing Xiu Qu Zheng Fu (littéralement «Le gouvernement de Qing Xiu Qu», à prononcer «Tching Siou Tchu Tchèngue Fou-ou», car on habite tout près d'un important et imposant building du gouvernement). Ce magasin de vélo se trouve à moins de 5 kilomètres, dans une petite bourgade dénommée Yong Ning, prononcer «Yon-nig». Oui vous l'aurez remarqué, j'essaie de placer des noms chinois ainsi que leur prononciation, vous aimez ? Ça fait un bon entraînement ! Bref mon choix s'est porté sur un VTT tout suspendu et d'apparence robuste à un prix défiant toute concurrence française, pour 400 kuais (kuài , prononcer kouaille, est le nom donné au Yuan Renminbi dans le Guangxi), ce qui fait environ 40€. Je défie quiconque de trouver un VTT neuf de cette qualité à ce prix là !
À cheval sur mon fier destrier que je peux conduire les yeux fermés !
Depuis que j'ai mon VTT, c'est un peu un second souffle pour mon séjour ici, enfin je peux me balader où je désire aller, visiter de nouvelles routes, découvrir des chemins et les arpenter avec audace, aller voir dans les collines près de chez nous si j'y suis. Faire du vélo en Chine c'est assez génial, en tout cas là où je suis j'aime bien. Dès lors que l'on sort un peu des grands axes routiers, on découvre pas mal de choses. Ainsi j'ai pu découvrir par exemple que Nanning, une ville étonnamment plate, était auparavant un paysage montagneux que les chinois ont rasé à grands coups de dynamite et de pelleteuses. Les montagnes sont en grès très friable tirant sur l'ardoise par endroit, un simple toucher du doigt suffit à briser la roche en petit cubes. Je pense donc qu'il est assez facile de raser les montagnes d'ici. Avec mes ballades en VTT, j'ai pu découvrir que le nouveau Wal-mart en construction depuis plusieurs mois est désormais ouvert. Wal-mart est un des seuls grands supermarchés «clean» que je connaisse, et lorsqu'on a besoin de quelque chose de spécial (chocolat, pâtes, pain, beurre de cacahuètes...) j'y vais désormais en vélo. Environ 35 kilomètres pour l'aller-retour. La route vers Wal-mart est assez agréable, bien que ce soit le long d'une voie assez fréquentée. De chaque coté de la route principale, il y une route spéciale pour vélo aussi large qu'une communale en France, et aussi bien à la campagne qu'en pleine ville on trouve ces routes pour vélo. C'est tout de même mieux que les rues serrées des villes françaises ! Un truc que j'aime particulièrement faire c'est doubler les autres vélos (hi hi!), les mobylettes et les scooters (ho ho !) et même les touc-touc modernes, des motos 125 à 3 roues et avec une cabine à l'arrière (hu hu !). C'est spécialement intéressant lorsque je double un jeune homme et sa copine sur leur vélo électrique, je peux entendre la copine qui doit dire «regardes, t'es trop lent, on se fait même doubler par un vélo normal! » (hé hé hé hé !). Et donc le pauvre doit pédaler pour me rattraper, tout en supportant sa copine qui le tape dans le dos mais bien sûr ne pédale pas. Ça fait des courses intéressantes, vélo électrique contre vélo à jambes !
Le nouveau Wal-mart
Mais la route pour aller à Wal-mart c'est bien, mais ça ne vaut pas tous les petits sentiers que j'ai trouvé et des coins magnifiques certifiés par moi-même sans déchets et autres fioritures chinoises habituelles. Ce que j'adore le plus c'est trouver une route quelconque, la suivre un peu, puis je remarque un petit sentier et je le suis encore, puis je cache mon vélo et je marche à pieds lorsque je trouve un coin sympa où le vélo est impossible. Attention, pantalon recommandé dans les collines à cause des serpents qui sont actifs 10 mois sur 12 dans cette région. J'aime bien aussi visiter les chantiers des futurs buildings, les carrières de brique, les terrains vagues. J'en ai trouvé un en particulier près de chez-nous, au début ce n'était que des grosses bosses de terre et de gravats, mais je l'ai aménagé un peu et j'en ai fait un petit terrain de cross. Les premières fois que j'ai fait du vélo ici ce n'était pas très facile, mais après plusieurs passages la terre devient agréable à conduire. Les habitants m'ont vu m'amuser comme un petit fou et s'y sont essayé aussi, c'est étonnant qu'ils n'aient jamais eu l'idée d'utiliser ces terrains pour ça, vu qu'il y en a un peu partout en Chine ! Ce n'est pas faute d'avoir un bon vélo : après plusieurs jours des jeunes chinois viennent désormais régulièrement s'amuser sur ce terrain avec des vélos bien meilleurs que le mien. J'ai souvent l'impression en Chine qu'il y a moyen de faire plein de choses mais que c'est un potentiel inutilisé voire même gâché parfois.
Au sommet d'une montagne, un panorama fantastique difficile à capturer avec mon portable. Les montagnes fourmillent de petits sentiers agréables à arpenter.
La végétation tropicale nous rappelle que l'on est situé entre le tropique du Cancer et l'équateur.
La végétation très variée ravira les amateurs de botanique. Pendant mes ballades en vélo, j'ai eu envie de vérifier quelques chose. Les collines que les chinois rasent sont en grès. Le grès... Mais oui ! Les montagnes d'ici se sont formées de la collision de la plaque eurasienne avec la plaque indienne. C'est à dire qu'auparavant, ici c'était le fond de la mer, comme pour les Deux-Sèvres. Et si... je cherchais des fossiles comme lorsque j'étais plus jeune ? Je suis donc parti à la recherche de fossiles dans plusieurs collines ouvertes par des pelleteuses. Premières collines visitées : aucun fossile trouvé, c'est l'échec. Par contre j'ai prélevé des cailloux dans la roche au niveau d'une ligne noire que les paléontologues connaissent bien, je suis presque certain qu'il s'agit de la fameuse strate noire de la fin de l'ère du Crétacé. Elle serait la séquelle visible de la collision d'une météorite avec la Terre il y a environ 65 millions d'années, collision qui aurait causé la fin du règne des dinosaures. Enfin d'après les lignes qui composent cette strate ce serait plutôt 3 météorites qui auraient successivement frappé la Terre, pas en même temps (dans l'ordre une grosse, une moyenne, une grosse). J'ai vérifié sur plusieurs collines, il est possible de trouver cette même strate un peu partout. C'est la première fois que je vois cette strate autrement que sur des photos ou des documentaires ! Je suis donc tout de même content, un rêve de gosse qui se réalise. Mais bon trouver la strate c'est bien mais je voudrais bien trouver des fossiles moi ! C'est en cherchant dans une colline tranchée tout près de chez nous que j'ai trouvé mes premiers fossiles. Un vrai gisement de fossiles sous-marins : des coquillages et des ammonites différents des deux sèvres, ça fait plaisir à trouver ! Ça confirme en tout cas qu'auparavant ici c'était la mer. Mais une pensée m'horrifie : alors, ça veut dire que toutes les collines rasées en contenait sans doute des milliers de tonnes ! Scandale ! Pourquoi l'Homme moderne s'entête t'il à réduire à néant en quelques dizaines d'années ce que la nature a mis des millions d'années à accomplir ? Ça c'est un truc des humains que je pourrai jamais pifer ! Et ici en Chine les exemples sont multiples.
Les gens qui habitent dans la montagne sont loin de disposer de tout notre confort occidental. Certains chemins sont praticables en vélo et font d'excellentes randonnées de plusieurs dizaines de kilomètres. D'autres chemins sont uniquement pédestres car très étroits et trop abrupts pour un véhicule. La montagne est toujours facilement accessible depuis la route. On aperçoit, sur le flanc de la montagne en face, des plantations d'arbres fruitiers. Un aperçu de la diversité de la végétation. Encore un petit effort avant d'arriver au sommet... Ca y est nous y voilà ! On peut maintenant admirer les nombreuses montagnes voisines. Je me sers de ce vélo très souvent, et je ne compte même plus les kilomètres que je lui ai fait avalé en si peu de temps, le pauvre. Je ne le ménage vraiment pas et il présente aujourd'hui des signes de faiblesse, notamment la chaine pleine de poussière qui manque d'huile et les pédales qui couinent. Ceux qui se rappellent le temps où je faisais du vélo en France peuvent deviner pourquoi : ce n'est pas du tout dû à «la qualité chinoise» que l'on critique à tout va, mais c'est plutôt que je bourrine comme un malade sur les pédales et en particulier j'aime bien monter les côtes au gros plateau. Bref après quelques mois d'utilisation intensive, ça ne m'étonne pas du tout.
Voici à quoi ressemblent les touc-toucs d'aujourd'hui. J'adore faire la course avec eux.
Vers le milieu de l'automne, on célèbre en Chine la fête de la mi-automne, qui a lieu précisément le jour où la lune est pleine et la plus brillante de l'année (le 15ème jour de la 8ème lune, en partant du nouvel an chinois). C'est donc l'occasion pour moi et Guo Yu de rentre à Beihai pour environ 3 semaines. Beaucoup de fêtes chinoises sont basées sur un calendrier lunaire, le nouvel an chinois ( fête du printemps) étant la plus connue. Pour ceux que ça intéresse, vous pouvez lire l'origine des fêtes chinoises à l'adresse suivante : http://www.shaolin-viaggi.net/frenchfetechinoise.htm. Lors de la fête de la mi-automne, les familles se réunissent et mangent de délicieux gâteaux compacts et bourratifs appelés «Moon cake» ou «Yueping» en Chinois, prononcer Yu-e-bing. En général il suffit de 4 ou 5 de ces gâteaux pour ne plus avoir faim ! Comme il y a plein de mooncake différents, on les coupe en 4 et on les distribue. Il y en a pour tous les goûts et chaque région a sa spécialité de mooncake. Ceux du Yunnan que nous ont envoyé la famille de Guo Yu étaient particulièrement délicieux. Il y en a au jambon, au miel, aux fruits, à différentes viandes, aux légumes, à consommer soit chaud soit froid, bref vraiment pour tous les goûts. C'est aussi l'occasion de partager un délicieux repas et plein de fruits. Ce jour-là j'ai découvert un nouveau fruit, un genre de pamplemousse version géante, de la grosseur d'un ballon de foot. L'épaisseur de la peau est d'environ un pouce ! Ses seuls défaut : les épluchures sont plutôt encombrantes, on peu s'en faire un casque ; les quartiers sont remplis de gros pépins ; le goût n'est pas aussi délicieux qu'une orange ou un pamplemousse. Un peu avant la fête de la mi-automne, il est très important de faire des provisions, acheter fruits, légumes et viandes à l'avance. Car le jour H arrivé, malheureux celui qui croit pouvoir trouver de la nourriture au marché ! Le marché est vide, personne ne travaille ce jour-ci, ou presque. Fait étrange : au moins 2 semaines avant la fête, on trouve des boites de mooncake partout, je me dis que c'est impossible, il ne pourront jamais tout vendre, surtout au prix que ça coûte (ce n'est pas donné même pour un français). Eh bien je pense que j'ai raison, ils ne peuvent pas tout vendre, la veille les magasins en sont encore remplis. Par contre, le lendemain de la fête, impossible de trouver la moindre boîte ! La raison est simple, ces gâteaux ne sont mangés que lors de la fête, après ils perdent leur intérêt et personne ne les achète. Comme ils contiennent souvent de la viande, ils se périment assez vite aussi. Alors je crois que les magasins jettent les invendus pour libérer de la place. Aaah mais non donnez-les moi ! Ça ne peut pas se périmer aussi vite ! Bref c'est bien dommage car j'aurai bien aimé m'en faire un petit stock de ces gâteaux (quand on est atteint de gloutonnerie on ne guérit jamais vraiment). Pour résumer cette fête, je la trouve très chaleureuse et gustativement comme quantitativement très appropriée pour le fieffé glouton que je suis parfois (mes collègues du CGO, quand je travaillais à Saintes, savent de quoi je parle... Mes amis et Maman aussi).
Un pamplemousse géant, plus connu sous le nom de Pomelo ou You Zi (« Ya-o-dzeuh ») en chinois.
Cette fête de la mi-automne a aussi été l'occasion pour le père de Guo Yu de rentrer à Beihai, après plus de 4 mois passés à Guangzhou je crois. Je ne sais pas comment il fait pour travailler aussi loin de sa famille et aussi longtemps sans voir sa femme ni sa fille, mais apparemment c'est fait courant en Chine et il dit qu'il aime bien ça, il aime son travail et le soir s'occupe à lire et à jouer de l'un de ses nombreux instruments de musique (mais je l'ai surpris la larme à l'oeil la première fois que je l'ai raccompagné au bus qui le ramène à Guangzhou). J'affectionne particulièrement le père de Guo Yu, c'est quelqu'un qui est toujours souriant quoiqu'il arrive, il sait penser par lui-même et non par ce que les autres lui disent ou ce qu'il voit à la télé, il est le seul à pouvoir gérer le caractère assez fort de la mère de Guo Yu (Guo Yu en est incapable car elle a plus ou moins le même caractère ; quant à moi je ne comprend pas un traitre mot de ce qu'elle dit lorsqu'elle est en colère). Mais rassurez-vous ce n'est pas après moi qu'elle s'énerve, c'est le plus souvent à cause des jalousies engendrées par le succès de son école de danse. Et comme elle vit le plus souvent seule, elle a développé un caractère un peu rude. C'est contre ça que le père de Guo Yu est très efficace. Le père de Guo Yu est toujours aux petits soins pour sa femme lorsqu'ils sont ensembles, il lui prépare toujours des fruits à manger, l'aide à nettoyer et cuisiner, sait quoi lui dire lorsqu'elle se met en colère, sait ignorer lorsqu'il le faut, etc. Lorsqu'il est à Guangzhou il téléphone souvent et chante des chansons à sa femme et à Guo Yu. C'est aussi un très bon joueur d'échecs, j'ai rarement joué des parties aussi intéressantes qu'avec lui et un oncle à Guo Yu. Enfin il nous fait toujours rire lorsqu'il joue de son clairon, il y a toujours un moment ou c'est plus des «pwaaaaps !» enroués qui sortent plutôt que de vraies notes.
Moi et le père de Guo Yu en pleine partie d'échecs.
C'est un très bon perdant, comprendre un bon joueur : il ne considère pas le fait de perdre comme néfaste mais comme l'occasion d'apprendre de ses erreurs. Par exemple il a joué en bourse une somme considérable, aurait pu gagner beaucoup mais n'a pas vendu à temps : il a perdu pas mal d'argent mais ça ne l'empêche pas de garder le moral. Voilà, je trouve juste que c'est quelqu'un de super chouette, et qui a bien du courage et du mérite de vivre comme cela. Vers la fin des vacances d'automne, on a tous été à la plage cette fois ci, sauf la mère de Guo Yu qui ne pouvait pas, on s'est bien amusé, j'ai fait un truc assez normal en France, le poirier dans la mer (si, si, c'est normal je vous dis ! ) : apparemment c'est une nouveauté en Chine, ils étaient tous étonnés qu'on puisse faire le poirier dans la mer, tout le monde s'y est essayé, même des gens que l'on ne connait pas. Idem pour les pirouettes dans la mer. Ou ma spécialité «tourner-comme-un-con-euh- comme-si-j'étais-aspiré-par-un-tourbillon» qui a fait son petit effet. Ce sera sans doute la dernière fois de l'année où l'on se baignera, on était vers la mi-octobre tout de même et il fallait rentrer à Nanning !
La plage principale de Beihai, Silver Beach, est appréciée toute l'année par les touristes.
Lors des vacances de la mi-automne, Guo Yu et son amie Chen Likun (prononcer Tchène Likoune, et non elle n'est pas Tchètchène) cherchaient une idée de truc à faire avant que l'on reparte à Nanning, et elles ont décidé de faire un barbecue au bord de la plage ! Voilà un truc que j'avais jamais fait auparavant. Au petit matin elles sont donc allées au marché acheter tout le nécessaire pour le barbecue, c'est à dire la viande bien sûr, de la bière ça coule de source, et j'y ai ajouté des poivrons verts et rouges, je n'ai pas pu trouver de lard. A noter qu'en Chine, ils ne connaissent pas les brochettes comme on les fait en France, une alternance de viande et de poivrons. Ils mettent seulement de la viande ou seulement des végétaux. On s'est rendu chez Chen Likun afin de préparer à l'avance la viande et les légumes, les couper en morceau. Une fois cela fait, on est donc parti en scooter électrique trouver un petit coin sympa aux alentours de Beihai, moi, Guo Yu, son amie Chen Likun et son petit copain, et un autre ami que je ne connaissais pas. Le temps n'avait pas l'air très favorable à un barbecue : venteux et limite pluvieux, j'entrevoyais déjà le barbecue gâché par la pluie ou le sable dans la viande... On a cherché un moment pour trouver un coin où manger, mais ce n'est pas facile : malheureusement en dehors des plages fréquentées, le littoral est plutôt pollué, on trouve des poches plastiques, des bateaux échoués, des emballages, des ficelles, bref ici la plage est dégueulasse à mon avis. D'ailleurs depuis ce jour-là j'ai arrêté de manger des fruits de mer en Chine, quand je vois l'état de l'eau. On a finalement trouvé un coin pas trop sale, près d'un port et à l'abri du vent à cause d'un mur. Première étape : on fait un barbecue, il faut du bois ! On part donc à la recherche de bois, mais tout le monde sait que les arbres ne poussent pas sur les plages. Le seul bois que l'on ai pu trouver est du bois de bateau échoué et à moitié pourri. Mais ce fut un très bon bois, assez sec. Ensuite, il a fallu allumer le barbecue, ça a été fait à l'essence, beurk ! Je les ai laissé allumer leur feu, mais je leur ai dit d'attendre avant de mettre à cuire des choses, il faut que l'essence parte !
Admirez la propreté de la plage, ça donne envie de manger.
Peu après on a donc pu commencer à faire nos brochettes. Donc les chinois ont commencé à faire des brochettes avec seulement de la viande ou des sortes de boulettes de poisson ou de porc. De mon côté j'ai fait des brochettes comme en France : un morceau de viande, un poivron vert, un morceau de viande, un poivron rouge, etc. Le tout huilé et saupoudré d'herbes qui ressemblent à des herbes de Provence, et hop à la cuisson. Eh bien ça m'a étonné mais ils n'avaient jamais eu l'idée auparavant de faire des brochettes comme ça, en Chine ils ne font jamais comme ça qu'ils m'ont dit. Mais ils s'y sont essayé et bien sûr, ils ont trouvé ça bien meilleur avec des poivrons ! Et c'est en plus bien plus joli, l'esthétique de la nourriture étant très importante en Chine (je ne pensent pas qu'ils toucheraient à un fromage corse un peu trop fait par exemple). On a donc mangé des brochettes tout l'après-midi, et fini le pack de 6 bières de 63cl à 3, vu que Guo Yu a juste bu un verre et son amie juste du coca. Bref ce fut tout de même assez joyeux et sympa comme barbecue, si bien que j'en ai presque oublié la plage et ses déchets. Vers 6:00 du soir la pluie a commencé à pointer le bout de son nez, ça tombe bien les dernière brochettes sont juste terminées. On nettoie nos déchets et je vérifie bien qu'on oublie rien, je ne veux pas être de ceux qui jettent leurs déchets sur cette plage qui dût être autrefois très jolie. J'espère vraiment que les chinois puissent comprendre que leur déchets partout, ça pue et c'est dégueulasse, en plus d'être dangereux ! On a enfourché les scooters et on est rentré repus, après avoir mangé des brochettes tout l'après-midi. La mère de Chen Likun nous avait préparé du thé et des mooncake, mais on était déjà très rassasiés de cet après-midi donc on a pas pu tout finir.
Après quelques bières, le sourire revient toujours.
Les vacances d'automne ne durant que 3 semaines, nous sommes finalement rentrés à Nanning, la tête chargée de souvenirs et les bras chargés d'habits d'hiver. Les chinois craignent l'hiver, ils achètent plein d'habits chauds et les portent assez tôt, alors que pour moi c'est toujours agréable de se balader en short et T-shirt la journée même à l'approche de décembre. Je ne pense pas que l'hiver ici soit rude, ni long (les mois les plus froids étant décembre et janvier). Nous avons donc repris notre petite vie à Nanning, Guo Yu allant à son école et moi cherchant du boulot et faisant mes ballades en vélo. J'ai notamment découvert une petite route amenant à une place déserte entourée de maisons désertes aussi, et un petit sentier qui part de cette place. En le suivant je suis arrivé tout d'abord dans une plantation de bananiers. C'est très joli les rayons du soleil à travers les larges feuilles de bananier ! Dommage que ce jour-là je n'avais pas mon appareil photo... J'ai continuer le petit sentier de la largeur d'un homme pour arriver à un chemin bordé de plantes tropicales sauvages et qui surplombe des cultures de mais et de canne à sucre en terrasse. Bien que l'endroit soit cultivé, ça n'avait pas l'air pollué, ce qui me pousse à penser que la pollution des chinois moderne n'est pas du tout culturelle, elle vient des habitants des villes qui ont pris cette très mauvaise habitude. En tout cas c'est un très chouette coin de nature, comme j'aimerai en voir plus souvent en Chine ! Les coucher de soleil sont souvent spectaculaires depuis notre terrasse, et le ciel d'une palette de rouges, d'oranges, de bleus profonds et de violets est de toute beauté. Cela donne une ambiance assez magique à la scène.
Le ciel complètement orange juste après la disparition du soleil à l'horizon.
Instant magique où le royaume des ombres prend le dessus.
Les derniers rayons du soleil s'évanouissent dans le ciel d'un bleu profond. Rien à voir, mais j'aime bien faire des barbecues !
Ce retour à Nanning a aussi été pour moi l'occasion de prendre une décision importante : j'ai décidé d'arrêter de fumer, le 17 octobre exactement. Qu'est ce qui s'est passé ce jour là ? Rien de spécial, j'ai juste senti que j'en avais marre de fumer et que j'étais prêt à arrêter. Alors je vais vous faire partager ma méthode pour arrêter de fumer, si ça peut en aider quelques-un qui voudraient aussi arrêter. Étape préliminaire : la préparation. Faire du sport tous les jours (pas seulement une heure le dimanche matin, hein! ). Dans mon cas c'est le vélo. Un mois ou deux suffisent pour que fumer devienne chiant lorsque vous pratiquer votre sport. Fumer vous fera également cracher vos poumons. Faire du sport améliore un peu votre odorat et vous sentez vraiment que vous puez des doigts, et que votre transpiration empeste la cigarette. Continuez encore un peu le sport et finalement, de vous-même, vous en aurez : soit marre de faire du sport (dans ce cas ça va être chaud pour vous, je crains que vous ne soyez irrécupérable...) soit marre de cracher vos poumons dès le moindre effort. Première étape : analyse du problème des fumeurs. Le gros problème lorsqu'on est fumeur, tous les fumeurs le savent, c'est d'être à cours de munitions. Lorsque cela arrive on est prêt à faire des kilomètres comme des cons juste pour pouvoir trouver un tabac ouvert le dimanche et lorsqu'on ne peut décidément pas trouver, on est nerveux, irritable et de mauvaise humeur. Dans les différentes méthodes pour arrêter que j'ai pu trouver, il est toujours précisé qu'il faut se débarrasser de toutes ses cigarettes, ses briquets, ses cendriers, bref tout ce qui à rapport avec la cigarette. Quoi de plus stressant pour un fumeur ! J'ai donc décidé de ne pas me débarrasser de mes cigarettes ni de rien du tout. J'ai simplement rangé mes cigarettes dans un sac et lavé le cendrier pour qu'il sente bon.
Ça c'est de la positive attitude !
Étape suivante : l'arrêt en lui-même. Des patchs existent et tout le tralala, mais bon c'est très cher et de ce que j'en ai vu notamment au CGO lorsque j'y étais, ceux ou plutôt celles qui ont essayé le patch ont toutes recommencé 2 ou 3 semaines après avoir arrêté. Donc inefficace à mes yeux. J'ai donc testé ce que je juge comme la meilleure méthode : pour arrêter de fumer, il faut arrêter de fumer. Oui ça peut vous faire rire ! Et ça peut paraître idiot. N'empêche qu'il n'y a pas plus direct et plus efficace dans mon cas. J'ai donc tout simplement stoppé la cigarette simplement en n'en fumant plus, mon dernier paquet n'étant pas fini et toujours à disposition. Et je vous promet que depuis le 17 octobre je n'ai pas fumé une seule cigarette (jour où j'écris ce paragraphe : vendredi 1er février 2008) ! Bien sûr ce n'est pas facile au début, les premiers jours il ne valait mieux pas m'énerver. Je suis resté assez calme toutefois, contrairement à ce que je pensais que j'allais être. Je peux décrire la sensation de manque (que je n'avais jamais vraiment ressenti auparavant je crois) comme ça : c'est comme si on avait pas bouffé pendant 3 jours. On a un gros creux dans l'estomac, tellement que ça en est difficile de dormir. Cette sensation s'est estompée au bout de 2 ou 3 jours dans mon cas.
Si j'y arrive, pourquoi pas vous ?
Dès la première semaine, j'ai senti des différences : d'une l'odeur de clope a disparu de partout, de deux les odeurs se font plus fortes (mais pas toujours agréables !), de trois je respire mieux, mais surtout de quatre : j'ai la dalle ! Oulà un Gaby qui à faim ça peut en effrayer plus d'un. Mais ma douce Guo Yu a su préparer des repas assez consistants pour satisfaire mon énorme appétit!
Une belle bande de vainqueurs. De gauche à droite, moi, Yuan Qiang et le terrible Tao Tao ! Jusqu'à aujourd'hui : le but est de ne pas reprendre. Alors il y a pas mal de choses qui aident. D'une part je me souviens très bien cet article que j'ai lu avec attention dans le Science et Vie de mai 2002 sur la reprise de la cigarette (voir et chercher le sommaire à http://www.science-et-vie.com/Sommaire.asp?Type=SV ; commandez ce numéro pour 5.90€ si cette étude vous intéresse) qui explique pourquoi, comme je l'avais mentionné à des fumeuses du CGO (qui m'ont perfidement ris au nez en aparté lorsque je leur ai dit), arrêter de fumer puis reprendre est pire que de n'avoir jamais arrêté. Donc maintenant que j'ai arrêté je n'ai pas envie de reprendre, sinon ça ne sert à rien ! D'autre part il ne faut jamais oublier tous les inconvénients liés à la cigarette une fois que l'on a arrêté : ça ne sert à rien, c'est dangereux, ça pue, ça fait puer de la gueule, ça tue, ça dérange les autres. Je pourrais rajouter c'est cher mais là où je suis en Chine, à 0.40€ le paquet de 20, le prix n'était pas vraiment un problème. Je dirais donc, ce fut cher du temps où je vivais en France. Quoi d'autre ? Plus de bisous de ma douce maintenant, une meilleure mine, un meilleur souffle, je ne tousse presque plus, je peux faire 40 km de vélo sans être essoufflé, la nourriture est délicieuse, arrêter de fumer ne m'a pas faire grossir : au contraire je reste stable à 70 kg en été et en hiver je prend un peu du poil de la bête avec 75 kilos. J'en oublie mais une chose est sûre : même si je ressens encore parfois l'envie de fumer, je n'ai pas envie de recommencer. Voilà, si jamais je peux en aider quelques-uns à arrêter de fumer avec ma méthode, ça me fera plaisir ! Le seul inconvénient c'est que ce n'est pas facile de commercialiser cette méthode ! Ce qui explique qu'on en entend jamais parler bien entendu.
Une jolie forêt. Pourvu qu'elle le reste...
A la fin de l'année, ce sera la fin des études pour beaucoup de camarades de la classe de Guo Yu. Certains commenceront à travailler l'année prochaine tandis que d'autres partiront à l'étranger continuer leurs études, afin d'obtenir un meilleur travail et un meilleur salaire par la suite. Tous ces camarades ont donc décidé de faire un barbecue tous ensembles. Les petits-amis étant invités aussi, je suis donc venu à cette journée. Rendez-vous à 07:00 devant l'université. Ouch ! Mais pourquoi si tôt ? C'est que le samedi je dors moi ! Bref après un frugal petit déjeuner (pancakes, boulettes, etc) dans un restaurant devant l'université, à 8:00 on embarque dans un bus, les mains chargées de sacs de victuailles. Destination : une forêt. Hein ? On va faire un barbecue dans une forêt ? C'est-y pas dangereux ça ? Le trajet en bus ne fut pas très agréable, il faut imaginer un bus rempli presque uniquement de chinoises qui piaillent très fort. Car piailler est le mot qui convient. Elles ont la voix très aigüe et crient pour se faire mieux entendre que la voisine qui crie elle aussi. Elles rient aussi dans des hauteurs de voix inimaginables pour des tympans occidentaux. Respect pour les chinois, qui eux sont restés calmes en supportant le bruit. Ils doivent avoir l'habitude ! Mais dans mon cas... Rhaaaa pitié pourvu qu'on arrive vite !
Une bande de chinoises.
Nous sommes finalement arrivés vers 9:30, je fus parmi les premiers à sortir du bus et il a fallu marcher un peu avant d'arriver sur le lieu du barbecue. Bien sûr on m'a refilé une poche lourde remplie d'ustensiles de cuisine vu que je suis un homme, poche qui n'a pas manqué de craquer tellement c'était évident qu'elle allait craquer. On m'a donc aidé à transvaser le contenu de la poche dans une autre et c'est reparti. On est donc arrivé et il était temps, ma nouvelle poche n'ayant déjà plus qu'une poignée valide et les doigts endoloris. Le lieu est étrange : des gens louent des barbecues en plein milieu de la forêt. Une forêt de pins, et le sol qui est super sec... Je ne trouve pas ça très prudent, mais bon ! Voyons voir. On a commencé à préparer le barbecue, les gars sont allés chercher du bois dans la forêt tandis que les filles lavaient la nourriture. Avec Guo Yu nous avions acheté des pommes, des poivrons verts et rouges, des clémentines et des poires. J'ai coupé tout ça en petits morceaux. J'ai un peu appréhendé le moment où on a pu allumer les feux : non, pas d'essence cette fois-ci, ouf ! Un bon feu naturel. Au menu de ce barbecue : des saucisses de porc, des ailes de poulet, des boulettes de poisson, des herbes et des panouilles de maïs, des épis pour ceux qui ne connaissent pas «panouilles». Hum, et il ne manquerait pas la viande par hasard les gars là ? Ils ont oublié d'emmener la viande de porc et de boeuf ! Eh merde. La seule viande que je mangerai sera donc de la saucisse de porc, pour moi les ailes de poulet c'est juste des os avec de la peau.
Les sauterelles sont anormalement énormes ici : environ 10 cm de long et assez mastoc.
Chacun a préparé ce qu'il voulait manger. En général ça se résumait à embrocher deux saucisses complètes sur un ustensile prévu pour. Ce n'était pas très varié et pas très coloré. Dans mon cas, puisqu'il n'y avait pas de viande pour mes poivrons et mes fruits, j'ai donc du faire avec les saucisses. Je les ai coupé en rondelles et j'ai alterné saucisse-poivron-fruit. Encore une fois ce fus l'étonnement général, personne ici présent n'avait pensé à ça. «Wow c'est joli ! Wow c'est bon !» L'esthétique de la nourriture est très importante en Chine. Par contre les chinois s'en tiennent souvent à ce qu'on leur a enseigné, sans chercher à innover, à imaginer (ça peut se comprendre avec le régime politique dont ils sortent doucement...). Tout le monde s'est donc mis à piocher dans nos fruits et légumes pour faire leurs premières brochettes composées ! Ça fait plaisir de pouvoir apprendre des choses aussi simples ! Pour fêter ça on a été commandé des bières. J'ai pu en boire 5 sans être saoul, à l'étonnement des chinois ! (Dois-je rappeler qu'ici les bières font 63cl, pas 33...) Ha ha, le secret c'est de ne jamais s'arrêter de manger ! C'est étrange comme ils peuvent boire des bouteilles d'alcools forts sans broncher mais être saouls avec deux bières. Enfin bon j'étais tout de même bien joyeux à l'issue de ce barbecue, ce serait mentir de le nier !
Les chinois raffolent de ce genre de brochette d'herbe.
J'ai eu très peur pour la forêt. Dès leur arrivée les étudiants ont commencé à jeter leurs déchets partout, je les ramassais au fur et à mesure pour qu'ils aient un peu honte (ce qui a moyennement fonctionné chez les gars mais a été très efficace chez les demoiselles) puis j'ai finalement abandonné, je peux pas manger et ramasser leurs détritus en même temps. À la fin de la journée, l'endroit était méconnaissable : lorsqu'on est arrivé tout était propre. Lorsqu'on a terminé de manger c'était difficile de ne pas marcher sur un emballage. Snif ! Heureusement, les propriétaires de lieux, visiblement habitués, ont tout nettoyé vite fait. Je ne peux pas dire bien fait : je les soupçonne de balancer les déchets un peu plus loin dans la forêt, ce serait la solution logique pour un chinois... En tout cas personne n'a mis le feu à la forêt, c'est déjà ça ! Une fois que l'on a bien mangé, bien bu, la peau du ventre bien tendue, on est parti chacun de notre côté faire une ballade digestive. L'endroit a des surprises agréables et d'autres moins. Par exemple un petit pont couvert sur un lac, de toute beauté. Dommage que des idiots aient cru bon de jeter leurs détritus à l'entrée même du pont. Ou bien chaque fois que l'on veut prendre une photo c'est toujours la même chose : super dur de ne pas avoir de détritus dans le champ de vision, super dur de ne pas avoir de câbles haute tension ni de lignes téléphoniques, difficile de trouver un coin sans une maison moche en briques qui vient tout gâcher.
N'est-il pas mignon ce petit pont ?
La réponse est : non. Yeaaah !
Près de la rivière qui passe là où nous étions, il y avait un petit port que des agriculteurs locaux utilisent, et près de ce port, plusieurs tas de longs bambous encore verts. J'ai rarement vu d'aussi gros bambous ! Je me dis alors, chouette ! Je vais pouvoir me faire un didjeridoo comme en France, car jouer d'un instrument de musique me manque beaucoup. Par chance les agriculteurs ont laissé la machette sur place, je trouve donc un bambou adapté, chaume pas trop gros et un minimum de noeuds. Je le découpe à la bonne longueur, non sans mal car il est résistant le bougre ! Puis je trouve une tige de métal qui trainait et j'entreprends de le vider de ses noeuds. En vain. Diable ! Il est rudement costaud le bambou chinois ! En France un simple bâton suffit généralement à faire sauter les noeuds, ici tu peux toujours courir ! Un agriculteur arrive et me voit faire, et passe en riant. OK j'ai compris, j'ai l'air d'un con là et je n'arriverai à rien. Donc j'abandonne mon projet de didjeridoo. Ce sera pour une prochaine fois !
« - Tu vas céder, oui ? » - environ 2 minutes avant d'avoir l'air idiot.
Ma fameuse technique du soufle-pour-faire-sauter-les-bouchons n'a rien donné non plus.
Un jour, Guo Yu revient de son école toute excitée, et me dit «Vite ! Aujourd'hui c'est la journée où on peut manger de la nourriture de tous les pays asiatiques voisins !» En effet, une troupe de gens de tous pays se déplace dans toute la Chine, dont une fois l'an à Nanning. La liste des pays inclut l'Inde, la Mongolie, la Corée du Sud, le Japon, le Vietnam, le Laos, la Birmanie, la Thaïlande, les Philippines, la Malaisie, le Cambodge, le Bhoutan, le Bangladesh, le Kazakhstan, le Pakistan, l'Afghanistan, le Turkménistan, l'Ouzbékistan, le Népal et même le Kirghizstan et le Tadjikistan (bref que des pays que vous connaissez bien !). Ajoutez à cela des spécialités de certaines provinces chinoises, et on peut dire que vous avez le choix !
Quel bonheur de déguster un bon pain turc tout chaud !
Guo Yu se régalant d'une spécialité de calamar grillé
On est donc arrivé sur le lieu annuel de ce genre de foire à la boustifaille exotique en bus. Chaque pays est représenté par plusieurs stands, j'ai eu la joie de pouvoir manger des kebaps ! Ça faisait longtemps, tiens ! Mais premier constat : tout est très cher dans cette foire. Il ne faut pas espérer s'en sortir le ventre plein pour moins de 200 yuans ! C'est beaucoup comparés aux 5 yuans d'un repas normal en Chine. Avec Guo Yu on a donc mangé le plus varié possible, j'ai eu une préférence pour la bouffe turque, la nourriture coréenne et le poulet cuit dans le four à terre du Yunnan. Un bon pain turc tout chaud et doré par exemple, c'est le genre d'odeur que je ne peux pas laisser passer ! A la fin de la journée et 200 yuans plus tard, on était donc plus que repus et on s'est donc retourné chez nous, le ventre satisfait. L'année prochaine, je reviendrais ! TrajetPar Gabriel :: 27/02/2008 à 05:34 :: Trajet
Vous trouverez ci-contre une carte qui vous permettra de suivre mon trajet.
![]() Double-cliquez avec le bouton gauche de la souris pour zoomer et double-cliquez avec le bouton droit de la souris pour dézoomer. Agrandir le plan Mes aventures en Chine, Tome 3 (Deuxième partie)Par Gabriel :: 04/09/2007 à 01:32 :: Général
4 – Pauvre Terre
Une parenthèse dans ce tome 3, j'aimerai vous parler des détritus en Chine. Lors de mes nombreux déplacements, que ce soit en ville ou à la campagne, même dans la montagne, partout on trouve des détritus. Les chinois n'en ont rien à péter de leur environnement, ils achètent, consomment et jettent sur place. Dans la rue on se retrouve parfois à marcher sur une couche de déchets, c'est dégueulasse et ça pue. Bien que les rues soient nettoyées jour et nuit, je sens bien que ça ne pourra pas toujours être propre. Des rues sont déjà oubliées et le nombre de déchets augmentant, il deviendra toujours de plus en plus difficile de tout nettoyer. Plusieurs fois j'ai surpris des membres de la famille de Guo Yu à jeter leur poches plastiques et leurs emballages dans la rue ou dans la rivière, et lorsqu'ils me voyaient garder mes déchets en attendant de trouver une poubelle ils me faisaient signe de jeter par terre. J'ai toujours refusé cet acte idiot et je leur ai fait comprendre comme je pouvais à quel point c'était idiot. C'est un long travail, mais qui a fini par porter ses fruits, maintenant au moins ils se sentent idiots lorsqu'ils jettent par terre. Ils jettent donc dans la poubelle. Les chinois me parlent souvent de « coeur ». Coeur d'offrir quelque chose, coeur à faire quelque chose, etc. Je leur ai montré quelque chose. S'ils ont vraiment du coeur, pourquoi s'entêtent-ils à rendre la planète dégueulasse pour leurs enfants ? Offrir une décharge à ses enfants, c'est ça le coeur ? Ca les a fait réfléchir. Autre point : une grande partie de la famille de Guo Yu est boudhiste. Je leur ai alors demandé les préceptes de Boudha, ce qu'il leur enseigne et ce qu'ils doivent respecter. Comme je m'y attendais, il y a une bonne partie sur « Respecter la nature, aimer la nature, ne pas tuer, ne pas salir, respecter la vie ». Et ils se considèrent boudhistes en jetant tout et n'importe quoi n'importe où ? Ca aussi ça les a fait réfléchir. Donc si je n'ai pas changé la Chine, j'ai au moins changé le comportement vis à vis des déchets pour la famille de Guo Yu. Ce n'est pas grand chose au niveau de la Terre mais c'est une petite fierté pour moi.
Chaque fois que j'ai pu me rendre quelque part, ça a toujours été la même chose, les bords des routes sont parsemés des emballages jetés par la fenêtre des voitures, on jette dans des lieux magnifiques – ou qui l'étaient autrefois – et tout le monde trouve ça normal. Au début j'ai eu droit à des excuses du genre « Oui mais en France vous êtes riches, nous en Chine on est 1 350 000 000, on est pauvre » et moi de dire qu'il n'y a aucune excuse qui tienne dans le fait de jeter ses emballages par terre à moins de deux mètres d'une poubelle portant l'inscription « Love our homeland » et son équivalent en Chinois. Et aucune excuse qui tienne dans le fait de jeter par la fenêtre son paquet de chips qui par définition est de la nourriture pour riche. Toute les excuses qu'ils ont pu me sortir cachaient en fait une flemme de jeter à la poubelle.
Jeter à la poubelle, c'est bien, mais ensuite, où vont les déchets ? Là j'ai eu une grande déception. En Chine, il n'y a pas de recyclage. Manque d'argent ? Je ne sais pas. Mais si ceux qui s'occupent des déchets ont la même mentalité que ceux qui jettent par terre, ça explique ce que je vais vous dire ci-après : en Chine, les déchets de toute une ville sont stockés à quelques kilomètres de la ville, souvent près d'un petit village qui n'a rien demandé à personne. Ces décharges sont sauvages, aucun panneau ne les indique, les routes qui y conduisent sont des chemins de terre ; les déchets forment des montagnes immenses et dégueulasses. Au début je ne voyait pas ces montagnes car ils tentent de les cacher de la route par des allées d'arbres, maintenant j'ai appris à les déceler grâce à l'odeur et la petite route qui y conduit parsemée de poches plastiques en tous genres. Chaque ville a sa montagne de déchets. Alors je ne sais pas, des fois je me dis à quoi bon jeter à la poubelle si tout ça se retrouve irrémédiablement dans la nature sans recyclage ? Je ne parle pas des villes cotières qui elles jettent leur déchets directement dans l'océan à quelques kilomètres des côtes, tuant et polluant tout autour de la montagne sous marine de déchets. Ou des villes qui jettent tout dans la rivière, des usines, des mines et des industries qui jettent tout dans la rivière aussi, polluant tout l'aval de la rivière, au grand damn des villes situées plus loin et provoquant la mort de tout l'écosystème longeant la rivière.
Une autre question est, qu'en est t'il du traitement des déchets en France ? Je sais que l'on est pas tout blanc non plus, mais j'ai tout de même l'impression que l'on produit plus d'efforts à recycler les déchets et que l'on cherche à éviter les décharges sauvages. En France jeter ses déchets dans la rue est mal vu. Jeter dans la nature c'est crétin. Mais qu'advient-il réellement de nos déchets, je ne sais pas vraiment. Peut être sont ils enterrés ou jetés à la mer, ou bien on les envoie dans d'autres pays, je ne sais pas.
Un jour si j'ai assez d'argent j'essaierai de faire un spot publicitaire ou plutôt un spot documentaire pour tenter de choquer les Chinois sur leur manières de faire et leurs conséquences plus tard, afin qu'une grande partie de la population se sente idiote de jeter à tout va. Je connais plein de moyens pour que des gens se sentent idiots ou coupables, comptez sur moi. J'ai déjà ma petite idée là dessus, c'est en projet. Si je réalise ce spot publicitaire j'espère trouver assez de soutien pour le faire !
Mais pour le moment, le résumé de cette partie, c'est : pauvre Terre, pauvre pauvre Terre... Si vous voulez avoir une idée de l'état de la planète et son avenir proche, je vous conseille l'excellente série de documentaires de Yann Arthus Bertrand, « La Terre vue du ciel », en 4 parties, diffusée sur France 2 cette année. 4 excellents documentaires à télécharger sans attendre avec de très belles images et de très tristes constats. Merci à Pierre-Alexandre de m'avoir fait découvrir ces documentaires.
5 – La médecine Chinoise
J'ai eu pas mal d'occasions de faire face à la médecine Chinoise. J'ai eu diverses maladies durant mon voyage ici, et si la médecine traditionnelle Chinoise est renommée dans le monde entier, en revanche leur médecine « moderne » l'est beaucoup moins. Tout d'abord, parlons un peu du système de soins des Chinois. Il se divise en 4 parties : Les hôpitaux du gouvernement, les hôpitaux privés, les medecins privés et les pharmacies. Les Chinois n'ont pas de système de sécurité sociale et les 4 parties du système de soins ne sont soumises à quasiment aucun contrôle du gouvernement. Ce qui fait que les 4 parties ne sont présentes que dans le but de gagner un maximum d'argent en pratiquant des soins arbitraires à des prix arbitraires. On peut se procurer n'importe quel médicament disponible sur le marché sans ordonnance, bien qu'un bon nombre soient à utiliser avec des pincettes et certains soient très dangereux. Voilà pour le background. Ensuite, pour ce qui est des opérations chirurgicales : une simple visite à l'hôpital et on peut se faire opérer le jour même. Il en est de même pour la greffe d'organes : à la lecture à Hong Kong d'un journal sur la méthode chinoise pour se procurer des organes, il apparaît qu'il ne faut généralement pas attendre plus d'une semaine pour se faire greffer un organe, un rein, une cornée, un coeur, là où cela prendrait des mois voire des années en France et bien d'autres pays avant de trouver un donneur compatible. D'où proviennent leurs organes ? C'est bien simple. Le Parti Communiste Chinois (PCC) est en train d'exterminer tous les membres du mouvement Falun Gong et les soit-disant « ennemis du PCC » au tibet. Ils ne les tuent pas simplement. Non, ils les envoient dans des camps secrets où ils prélèvent les orgagnes sur les prisonniers en excellente santé et vivants, avant de brûler leur corps privé de foie, coeur, cornées, reins... Voilà pour les greffes d'organes en Chine, c'est dégueulasse et les chinois nient les faits. Ils se dépèchent en ce moment même à finir leur sale boulot avant les JO pour qu'aucune preuve ne subsiste. Ensuite, pour des maladies comme l'angine, le mal de gorge, la fièvre, ou bien d'autres, ils n'ont qu'une méthode de soin : des médicaments conjugués à des perfusions. En Chine c'est perfusion pour tout et n'importe quoi, à leurs yeux c'est la méthode miracle qui soigne tout. J'ai un peu l'impression de me retrouver au moyen âge à l'époque de la saignée salvatrice. La réalité que les chinois refusent d'accepter est que la perfusion est très coûteuse et peut très bien être remplacée par la prise orale de médicaments simples et disponibles sur le marché. De plus je ne vous cache pas que les perfusions en Chine sont dangereuses, à on avis. On se retrouve dans une salle assez sale avec plein de malades qui toussent, on s'assit sur une chaise pas désinfectée où des centaines de personnes malades sont venues auparavant et on te pique, on te dit que c'est sans danger, et les microbes tu connais ? Je pense qu'il y a de grande chances de tomber encore plus malade en pratiquant ces perfusions. Sans compter que des fois ils te loupent et que c'est très douloureux. Et pourquoi nier qu'une perfusion de péniciline est identique à un comprimé de péniciline ? Ce qu'on mange va dans le sang tout pareil, mais pour les chinois, « ce n'est pas pareil ». Bin merde alors. Vous avez étudié la médecine avant d'être docteur ? Ce qui est sûr c'est que les hôpitaux profitent de cette croyance infondée en la perfusion et s'en mettent plein les fouilles, une véritable aubaine pour eux. Ils peuvent donner des petites doses à chaque fois de manière à faire durer une maladie, j'ai pu tester ça moi-même pour une simple angine qui a duré plus de deux semaines à coups de perfusions. Comparez : 15 yuans les 24 comprimés de pénicilline ou 300 yuans pour une semaine de perfusion, qu'est ce qu'ils choisissent ? La méthode la plus chère bien que plus lente et plus dangereuse. Je sais qu'ils manquent d'argent pour former les docteurs mais ce qui est sûr c'est qu'ils ne manquent pas d'argent dans les hôpitaux. Si on se passe des hôpitaux, il y a les petits docteurs, eux ne conseillent que rarement des perfusions et préfèrent les médicaments ou les piqures. Pour ma dernière angine j'ai eu droit à seulement 3 piqures et c'est parti plus vite qu'avec leurs perfusions, et pour seulement 18 yuans. La Chine a de gros progrès en matière de médecine à faire. En matière de Droits de l'Homme aussi, lorsque je repense aux atrocités qu'ils commettent à la barbe de tout le monde.
6 – Fourre-tout
Fin
Voilà c'est tout pour ce tome 3 qui j'espère vous aura plu, j'espère aussi qu'il compensera le manque d'évènements du deuxième tome ! Un grand merci à tous ceux qui auront pu me lire jusque là, ceux qui m'ont envoyé le colis, de bon Guérin et de bon Sami, Maman Virginie et Mickaël, un coucou à Papa Aurélien et Marianne, un salut à tous mes amis que j'aime et que je n'oublie pas. En attendant le tome 4,
Bonne journée ! Gabriel Hautclocq Mes aventures en Chine, Tome 3 (Première partie)Par Gabriel :: 29/08/2007 à 23:32 :: Général
Lire le Tome 2 si ce n'est déjà fait Des nouvelles de moi en Chine, Tome 3 Après un Tome 2 pas très touffu en évènements et une looongue attente, voici, Mesdames et Messieurs, ne cachez pas que vous l'attendiez tous en trépignant d'impatience, eh oui, vous avez bien vu, c'est bien le Toooome 3 ! En fait ça serait même un Tome 3 et demie car de l'eau a coulé sous les ponts depuis le poussiéreux Tome 2 que vous avez accroché avec amour sur votre cheminée. Voici le plan :
1 – Retour au bercail. Euh à Beihai !
2 – Le visa pour les nuls
3 – Voyage au Yunnan
4 – Pauvre Terre
5 – La médecine Chinoise
6 – Fourre-tout
1 – Retour au bercail. Euh à Beihai !
L'année scolaire de Guo Yu se terminant, est venu le temps de quitter Nanning pour rejoindre des lieux plus côtiers. Ca y est, on rentre à Beihai ! A moi les cocotiers sur la plage de sable fin. On a donc fait nos sacs avec empressement et bien fermé la porte à clé. On laisse l'appartement pour un peu plus d'un mois. Vacances ! On a donc pris le bus, et en environ 3 heures on arrivait enfin à Beihai. Pour nous aider avec nos lourds sacs, la pluie s'est mise à tomber, faisant le bonheur du taxi qui passait par là. Direction la maison des parents de Guo Yu. Le retour est chaleureux, le repas est délicieux, l'air est frais et agréable, l'oncle veut me faire tester une nouvelle bière. Ahhh c'est tout de même plus marrant qu'à Nanning !
C'est donc avec plaisir que je retrouve l'atmosphère de Beihai, ses rues pas surpeuplées et calmes, les petits marchés dans les rues jour et nuit, l'ambiance estivale, l'air de l'océan, les belles plages... Je profite de ce retour à Beihai pour me refaire une santé, quand je suis arrivé j'avais un torticolis doublé d'une angine blanche triplé d'une constipation tenace. Je fais le plein de jus de noix de coco et de baignades, de soleil et de fruits tous plus exotiques et délicieux les uns que les autres. A noter que s'il n'y a pas vraiment de saison à fruit dans le Guangxi, certains fruits comme la pastèque ne peuvent plus pousser après le mois de juillet, par exemple. Au fur et à mesure que le temps passe je découvre donc des nouveaux fruits parfois tellement gros qu'il est impossible de les faire loger dans une grande poche plastique. C'est le retour des repas à s'en péter la panse en famille ou au restaurant.
Une des seules choses qui aient changé depuis la dernière fois à Beihai, c'est le temps. En effet Beihai est soumis au phénomène de la mousson après juin. Ca veut dire qu'à n'importe quel moment il peut se mettre à pleuvoir violement, parfois sans qu'on ait eu le temps d'anticiper. Les gens d'ici y sont habitués : même en plein soleil on se balade avec un parapluie (qui fait alors office d'ombrelle), et lorsque la pluie arrive, c'est la course pour beaucoup de monde : les marchands couvrent leurs marchandises en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, les taxis et les touc-touc arrivent de partout pour cueillir le malheureux qui n'a pas son parapluie, les gens qui faisaient sécher leur linge à la fenêtre le rentrent aussi vite qu'ils peuvent, en gros lorsque la pluie arrive, c'est la précipitation partout (sans mauvais jeu de mot)... La violence des pluies de la mousson est telle qu'en quelques minutes les routes sont submergées, les trottoirs sont lessivés, et si l'on a le malheur d'avoir laissé sa fenêtre ouverte et qu'on se trouve loin de la maison lorsque la pluie arrive, il faut s'attendre à une surprise au retour. Heureusement la pluie dure rarement plus de 30 minutes, et 30 minutes après tout est sec comme s'il n'avait jamais plu!
Ce retour à Beihai a été l'occasion pour moi de visiter la ville plus en profondeur, de découvrir de nouvelles rues. Alors : comme dans la plupart des villes de Chine, il y a des quartiers pauvres et des quartiers plus riches. On peut le voir à la largeur des rues, à la présence d'un trottoir goudronné, à la vétusté des buildings, à l'allure générale des gens qui y vivent. Description des quartiers pauvres : certaines maisons n'ont pas de porte et le sol est directement à même la terre ; les poules entrent et sortent sans distinction entre le dehors et le dedans de la maison ; les vitres s'il y en a sont abimées et jaunies par la cuisine ; les murs sont en briques rouges jointées de terre ; la cuisine se fait toujours dans le même wok, qui n'est que rarement lavé ; le chauffage pour l'hiver est un poële à bois ; certains n'ont pas l'électricité et s'éclairent à la lampe à pétrole la nuit ; l'abscence de douches fait que les gens ne se douchent pas, évidement ; les habitants ont l'air de toujours porter les mêmes vêtements, et la pauvreté ainsi que la fatigue se lit sur leur visage ; les gens sont maigres et filiformes, la peau très bronzée ; il n'y a pas de voiture dans ces quartiers ; les routes ne sont pas toujours goudronnées, les trottoirs sont en construction ou inexistants. Pour les quartiers plus riches : on y trouve des trottoirs et des routes goudronnées, les buildings sont plus récents et bien équipés, il y a toute sorte de véhicules, on voit bien que les gens qui vivent ici sont plus riches et en meilleure santé. J'ai eu l'occasion de constater ce fort clivage riche / pauvre dans toutes les grandes villes chinoises que j'ai pu visiter. Alors une chose que je n'ai jamais compris en Chine : ils sont censés être communistes, donc ils devraient partager leur richesse. Ou bien je n'ai pas compris le principe du communisme auquel cas je vous demande pardon. Au lieu de ça, j'ai plutot l'impression que les riches « pompent » tout l'argent qu'ils peuvent sur le dos des plus pauvres en les exploitant, accentuant ainsi chaque jour la différence entre les pauvres et les riches chinois. A la télévision ils montrent parfois des villages reculés perdus au milieu de nulle part, la pauvreté y est accablante : un salaire journalier qui ne dépasse parfois pas 1 yuan (10 centimes d'euros) pour plus de 10 heures de travail, des conditions de vie très précaires, une hygiène inexistante, les écoles sont sur le point de s'écrouler et les tables ou les chaises ont parfois 3 pieds, les craies sont utilisées avec précaution car chères. Un bon film à télécharger pour voir la différence entre riches et pauvres, si ça vous intéresse : « Not one less » (des sous-titres français sont disponibles au format SRT).
Pour en revenir à Beihai, la ville est plus grande que je ne me l'imaginait mais reste pour la Chine une petite ville. Guo Yu m'a fait découvrir des nouvelles rues commerçantes, des rues ou l'on peut manger des brochettes de légumes ou de viandes pour par cher... Pour les rues commerçantes on y trouve entre autres des vêtements « NKIE », « ADADIS », « PUWA », des parfums « Channel » (notez les deux N) et autres « Eau de perfume » soit disant de France. Bref dans ce genre de rue, toute la marchandise est de la contrefaçon plus ou moins réalisée avec attention. Dans le cas où le nom de la marque est correct, il faut se dire qu'à 1€ le sweat-shirt NIKE c'est pas vraiment un original... Mais la qualité est parfois très bonne pour un prix modique. J'aime bien visiter ces rues car ça me fait toujours un peu rigoler de voir les noms des marques mal orthographiés. Si les japonais sont bons en électronique, les chinois sont bons dans la copie. D'ailleurs j'imagine que toute la contrefaçon qui existe en Chine représente une part importante de leur PIB. Il en va de même pour les films, les logiciels, les jeux, la musique : tout est contrefaçon bon marché. J'ai pu remarqué sur plusieurs ordinateurs chinois dans différentes villes que leur Windows était toujours le fameux « FCKGW » pour ceux qui connaissent (la licence de Windows XP la plus piratée du monde pour ceux qui ne connaissent pas) avec pleins de logiciels préinstallés tels que la suite Adobe CS, ACDSee Pro, Office 2003... Bref quand on nous emmerde à propos du piratage en France, qu'ils viennent faire un petit tour ici d'abord avant de punir la mémé française qui aurait téléchargé 2 MP3 de Lorie, ici c'est Piratage Land.
2 – Le visa pour les nuls
Mon visa de tourisme de 3 mois arrivant a expiration, est venu le temps de tener de le renouveller, ou de rentrer si je ne peux pas. Tout d'abord un petit aperçu de la procédure française pour obtenir un visa pour la Chine : il faut au préalable disposer d'un passeport valide au moins 6 mois après l'expiration du visa, de photos d'identité, de 65€ pour un visa tourisme ou 100 euros pour un visa business, et de la précieuse lettre d'invitation d'une compagnie chinoise pour le visa business. Il faut ensuite soit se rendre en personne à l'ambassade Chinoise la plus proche, à Paris ou à Marseille pour présenter un formulaire rempli méticuleusement ainsi que le passeport et les photos d'identité. Ou comme moi passer par l'intermédiaire d'une compagnie qui se charge de votre visa comme Action Visas. Attendre environ 15 jours et vous avez peut être votre visa. En cas de refus aucun motif ni retour de paiement ne sera donné. Mais il me fallait un nouveau visa, un bon, et vite. Je suis donc allé tenté ma chance à Hong Kong.
Tout d'abord, le 27 juillet nous partons pour Guangzhou moi et Guo Yu en bus-couchette. Les couchettes sont étroites et pas confortables, on est sans cesse réveillé par ceux qui vous marchent dessus en allant aux toilettes ou par l'employé qui se charge de recueillir l'argent du trajet. Compter 80 yuans par personnes et 12 heures de trajet entre Beihai et Guangzhou. Que c'est long ce trajet en bus... Et impossible de se lever, la couchette du dessus vous en empêche. Le gars au dessus de vous pue des pieds et le chauffeur a la bonne idée de passer en boucle un VCD de mauvaise qualité en abusant sur le caisson de basses. Bref, le voyage en bus n'est pas de tout repos et c'est avec plaisir qu'on arrive à Guangzhou à 07:00 du matin. Une fois arrivés, il faut faire vite. On prend un taxi pour la gare de l'Est de Guangzhou. Guo Yu invite le chauffeur à se dépêcher, sitôt dit, sitôt fait, j'attache ma ceinture avec beaucoup de mal, le chauffeur a du voir Taxi 3 et bombarde sur la freeway vers la gare. Il sait ce que signifie le sigle GLI sur sa VW Santana 3000. Pour 10 minutes de taxi on paie 50 yuans, bien plus cher qu'à Beihai! On arrive à la gare à 07:50. On doit attendre l'ouverture des guichets à 08:30 avant de pouvoir acheter le ticket de train vers Hong Kong. Le train est à 09:30. On a le temps de se manger un petit déjeuner, puis on retourne à la gare, où entre temps le père de Guo Yu, qui travaille à Guangzhou, nous attendais.
Après un rapide bonjour, je dois déjà me précipiter vers l'embarquement qui démarre 45 minutes avant le départ du train. Je dis donc au revoir à Guo Yu et son père et leur dis de ne pas s'inquiéter pour moi, j'aime bien faire les choses à l'arrache comme ça, ça me convient bien. Je passe le premier contrôle des bagages avec brio (il faut dire que je n'ai qu'un sac à dos rempli de papiers) puis place à la paperasse : « China Departure Card » à remplir avec numéro du passeport, numéro de visa, avez vous été en contact rapproché avec des oiseaux (non, je préfère les femmes), nom et prénom complet, motif de la sortie, cochez les cases ci-dessous. Tchac tchac. Une seul choix est accepté. Gulp un seul choix? Et meeeerde je recommence tout. Ensuite c'est le contrôle du passeport. Je me retrouve dans une queue monstrueuse. On ne me la fera pas deux fois : la prochaine fois je cours pour arriver premier. Arrive mon tour, l'agent contrôle mon passeport et mon papier rempli, voit que mon visa se termine le jour même, et me regarde en invoquant mon motif de sortie « Holidays in Hong Kong, mmmh? ». Il a compris mais me laisse tout de même passer. Ensuite c'est la montée dans le train. Comme prévu le départ est à 09:30. Le train est similaire à un TGV et est très rapide, il y a assez de place pour s'assoir comfortablement (vous comprendrez pourquoi je dis ça en lisant le récit du voyage au Yunnan). Le train s'arrête à Shenzhen, puis arrive finalement à Hong Kong à 11:39.
Là j'ai comme un pressentiment, je cours vers la sortie, et j'ai bien fait, je me retrouve dans les 15 premiers au contrôle des passeports, suivi d'une queue dont je ne voyait pas la fin. Là je dois encore remplir un papier : la « HK Arrival Card » à peu près similaire au papelard d'avant. L'agent tamponne mon passeport. Yahoo! J'ai maintenant droit à 90 jours à Hong Kong car je suis Français. Mais pas question de trainer, je ne suis pas là pour faire du tourisme : muni d'un plan, j'ai maintenant une heure pour trouver la compagnie des visas, un bureau situé au neuvième étage de je ne sais quel building. . Si je ne trouve pas avant 13:00, je devrais rester un jour de plus à Hong Kong. Hors de question ! Je retire 1000 HK$ et je me précipite dans un taxi en lui montrant mon plan. Lui de me faire comprendre, j'ai juste à marcher un peu pour trouver la bonne rue. OK je marche, environ 5 minutes, et effectivement en demandant tout au long de ma marche aux gens, mais où est ce building, j'arrive dans la bonne rue. Maintenant il faut trouver le building. Le plan n'est pas très clair... Je teste plusieurs buildings, à chaque fois c'est « Oui c'est un peu plus à gauche » et au building de gauche « Oui c'est un peu plus à droite puis tout droit ». Bref ça ne m'aide pas. Je fini tout de même par trouver le bon building, me dirige vers l'ascenceur, le garçon me demande « Chinese visa ? » Yes, yes, yes. Apparament lorsqu'un étranger vient dans ce building c'est pour faire un visa.
J'arrive donc enfin à la compagnie vers 12:45, ouf j'ai trouvé. Je demande un visa Business de 6 mois multiples entrées. On me dit OK, et je leur confie mon passeport. Voiiiilà. Hum rien à remplir? Vous êtes surs? Ah oui monsieur il nous faut une photo d'identité. Voilà. Bref c'est étrange, j'ai juste donné mon passeport et une photo d'identité, on me remet un ticket d'attente en échange. Dans 6 heures, j'aurais mon visa. Hum. 6 heures à patienter ? Pour un visa, c'est sur que ce n'est pas long. Je sors donc du building, je dois maintenant m'occuper pendant 6 heures. Je me disait que ça doit être facile à Hong Kong. Que nenni ! Je n'ai pas envie de me perdre alors je reste dans les quartiers proches du building de la compagnie des visa. Mais voici ce qu'on trouve à Hong Kong aux alentours de la gare : des restaurants étrangers, des marchands de cigarettes étrangères, de nourriture étrangère (tout ceci pour un prix « spécial étranger »), des bureaux qui échangent les devises à un taux pas très avantageux, des marchands de produits de luxe, des Mac Do, etc. Bref pas de quoi s'occuper pendant 6 heures ! En plus il fait très chaud à Hong Kong.
Je trouve un bar étranger, commande une Leffe Tripple (ça faisait longtemps) et paie ma bière à prix fort, prix majoré du fait que ma table se trouve en terrasse, et merde tiens. Bref 60HK$ la bière 33 cl. Je bois ma bière que j'ai réussi à faire tenir 45 minutes, puis je vais m'assoir sur un banc. Au bout de quelques minutes je me rend compte que j'avais les jambes couvertes de fourmis très rapide, aaah je déguerpis vite fait! Je décide d'appeler Guo Yu pour lui dire que je suis bien arrivé à Hong Kong, je pars donc à la recherche d'une cabine téléphonique, mon portable ne passant pas à Hong Kong. Mais là, horreur, pas l'ombre d'une seule cabine téléphonique ! Je retourne à la gare dans l'espoir d'en trouver une. J'en trouve une, elle marche par pièce, c'est quoi cette arnaque ? Je sors de la gare et découvre, cachées de tout le monde, 2 cabines téléphoniques par carte, une qui marche et une qui ne marche pas. Ouf ! Après plusieurs essais je découvre qu'il faut taper 001 pour faire des appels en dehors de hong kong, le préfixe international ne suffisant pas. Hourra, je peux enfin appeler Guo Yu ! Je la rassure et lui dit que je ferait mon possible pour rentrer dans la journée.
Je retourne ensuite à la gare, j'ai faim, et j'ai justement sous les yeux un magasin de chocolat étranger, je ne vais pas me gêner ! J'achète donc des Snickers, des Kinder Country et Bueno et du chocolat Lindt car tout ça me manquait un peu en Chine. Aaah que c'est bon le chocolat ! Bon, et maintenant, je fais quoi ? Il me reste encore 4 heures à attendre... Pfff... Qu'est ce que je me fais chier... Je vais manger au Mac Do, ça faisait longtemps aussi. De quoi m'occuper pendant 20 minutes. Ensuite, je trouve enfin une place assise dans la gare. Hop ! J'y vais et je me tape un petit roupillon histoire de passer le temps. Lorsque je me réveille, une jolie jeune fille et un jeune homme s'approchent de moi et veulent me dire quelque chose à propos de Jésus, hein attendez je me réveille juste là, je ne saisis pas très bien ce qui se passe mais je leur dis que je suis déjà Chrétien donc pas la peine de me convertir plus. Ils insistent encore 15 minutes puis s'en vont. Ils sont très gentils mais je ne sais pas pourquoi ils sont venus me voir moi ? Je sors prendre l'air, là je suis prix d'assaut par un jeune homme qui distribue des journaux dont le thème est « Falun Gong n'est pas mauvais », je prend le journal et commence à le lire, je remarque qu'un agent d'entretien avec une oreillette fait comme semblant de balayer près de moi en m'observant, surement un espion Chinois ? Je range le journal dans mon sac et je me dirige maintenant vers la compagnie des visas un peu en avance, à 17:30 au lieu de 18:00.
Comme je suis en avance, on me dit d'attendre un peu. Vers 17:50, je reçois mon passeport, avec mon nouveau visa ! Trop facile ! Je paie 500 HK$ (50€) et file en vitesse à la gare pour acheter un billet de train vers Guangzhou. Sur la marche du retour je remarque d'autres chinois avec des oreillettes. Hum ! Je décide de me séparer du journal, je n'ai pas envie de me retrouver « ennemi du Parti Communiste Chinois » si je me fait contrôler. J'arrive à la gare et achète mon billet. Je n'ai pas le choix, je dois choisir le train de 19:30. J'échange mes dollars de Hong Kong restants contre des bons vieux Yuans Reminbi Chinois. J'appelle Guo Yu pour lui dire que j'ai mon nouveau visa et lui communique mes horaires de train. Elle est très rassurée! Bon, encore une heure à attendre à ne rien faire. Mais comme je suis content cette heure est vite passée, je passe vite à l'embarquement, on contrôle mon sac, je dois remplir un papier « HK Departure Card » toujours aussi ennuyeux à remplir puis on contrôle mon passeport et le papelard. Là l'agent me dit « Désolé, votre visa est expiré ». Hein ? Montrez voir ? Aaah, je comprend, il ne regarde pas à la bonne page, il voit l'ancien visa. Je lui montre mon nouveau visa un peu plus loin dans le passeport. Ouf j'ai eu peur !
J'embarque donc dans le train à grande vitesse pour Guangzhou. Dans ce train j'ai encore 2 nouveaux papiers à remplir. Je remplis donc un papier jaune ou on me demande encore si j'ai été en contact rapproché avec des oiseaux (c'est une manie décidément), si j'ai eu de la fièvre ces derniers jours, des nausées, etc. Je réponds « No » partout. Je remplit ensuite la « China Arrival Card » où cette fois, comme motif d'entrée, je peux mettre fièrement « Business ». Le train s'arrête à Shenzhen puis arrive finalement à Guangzhou après 2 heures et demie de trajet. Là encore, je ne me suis pas fait avoir : avant même que le train s'arrête j'étais devant la porte, prêt à sortir. La porte s'ouvre. Partez ! Je vois que je ne suis pas le seul à faire la course, je me grouille, je choisi les escaliers pour doubler tous ceux de l'escalator, la compétition est serrée. Diable ! Mais pourquoi le train est si loin de la sortie ? J'arrive finalement premier ex-equo avec un autre étranger au contrôle des visa, et je vois la queue derrière moi qui s'allonge, qui s'allonge... Ah ah ! Un grand sentiment de satisfaction m'emplit alors. Ca c'est de la puissance de bon Gabour ! Je prend soin de montrer la page du nouveau visa à l'agent, qui me laisse passer sans encombres. Je me rend calmement au point de rendez vous avec Guo Yu et son père, et nous rentrons chez lui. Je suis crevé. Douche et dodo.
Nous passons quelques jours chez le père à Guo Yu car cela fait plusieurs mois qu'elle ne l'a pas vu, on visite un peu Guangzhou, on fait une balade en pédalo très amusante au milieu d'un parc. Ce qui m'a impressionné à Guangzhou c'est lorsque on doit se rendre rapidement dans une petite rue donnée, des sortes de minibus electriques et sans portes ni fenêtres (comme une grosse voiturette de golf) déboulent à toute berzingue au milieu des gens et des vélos, le trajet se passe avec le klaxon continuellement en marche et ça fait bien peur. Ils doivent atteindre plus de 60 à l'heure dans des rues parfois aussi larges qu'un lit 2 places et bondées de monde. A Guangzhou le père de Guo Yu m'a gentiment fait visité des magasins d'informatique afin de voir les prix et chercher ce qui pourrait se vendre bien en France. Puis nous rentrons finalement à Beihai, en prenant encore un bus couchette. Cette fois-ci c'est encore pire qu'avant : on se retrouve à l'arrière du bus dans les couchettes inférieures, la couchette supérieure rendant impossible la position assise. Rhaaah 12 heures comme ça ! C'est du foutage de gueule ce genre de bus. Le gars à côté passe son temps à téléphoner en gueulant dans son portable et sa copine ronfle comme un diesel. Je n'ai pas pu m'empêcher de brandir mon portable en gueulant « Allôoooo ! », ça soulage pour un petit moment. La prochaine fois je préfère encore un bus avec places assises. On arrive à Beihai le lendemain, mon nouveau visa en poche. Facile ! Voici donc comment on peut se procurer un visa facilement pour la Chine. Et nul doute que l'on peut depuis la France prendre l'avion pour Hong Kong et procéder de la même façon que moi, ça marcherait aussi bien je pense, sans avoir à attendre pour un pauvre visa tourisme en France.
3 – Voyage au Yunnan
Nous sommes à peine rentrés depuis quelques jours à Beihai que l'on se prépare déjà à faire un voyage dans la province du Yunnan pour visiter de la famille à Guo Yu. Le Yunnan est une province qui se situe à l'Est du Guangxi, dans les montagnes un peu avant la chaîne montagneuse de l'Himalaya. On prépare donc nos bagages et l'on se rend à la gare, moi, Guo Yu, sa mère et un ami de sa mère nommé Huan Jiao Man. Vu qu'il s'agit d'un voyage interne en Chine, je n'ai pas à présenter mon passeport à tout bout de champ cette fois-ci. Là on est confronté à un flot de voyageurs se rendant tous dans le Yunnan. Eh oui, le Yunnan est très prisé des chinois et des touristes ! On prend le train pour Nanning, environ 3 heures et demie de trajet. On a de la chance, on a des places assises. Le train est bondé de monde, les gens se marchent presque dessus et il faut faire bien attention à ses bagages. On arrive à Nanning, je conseille aux autres de se magner car je me rappelle bien comment se passait l'arrivée à Guangzhou ou Hong Kong. On doit maintenant attendre 3 heures avant que le train pour Kunming arrive. On profite de ce temps pour manger et on patiente. On paie 5 yuans/personnes pour la salle d'attente « VIP » avec moins de monde et places assises. Et en cadeau on peut embarquer avant les autres.
On embarque dans le train, malheureusement la mère de Guo Yu s'y est pris trop tard pour acheter les billets, on a pas de places couchettes. Mais ce voyage est long, très long, on arrivera que le lendemain... Et le train qui se remplit comme celui d'avant... Dans le train la mère de Guo Yu et son ami arrivent à négocier 4 places couchées dans la cabine du personnel du train, ouf on ne restera pas assis ! On se frait un passage parmis les voyagageurs en direction des cabines couchettes se trouvant à l'autre bout du train, les bras chargés de lourds bagages. En arrivant enfin à nos places j'avais limite une crampe aux bras. Et là repos! Ici tout est plus calme, moins de monde, plus confortable. Je prend quelques photos depuis le train des montagnes que l'on traverse durant le trajet. Toute la journée et toute la nuit le train gravit des montagnes, les traverse de part en part... Le changement de pression continuel fait mal aux oreilles, c'est très dur de dormir dans ce train. Les couinements du train à chaque virage n'arrangent pas les choses. Mais c'est toujours mieux que de rester assis toute la nuit ! Au petit matin nous arrivons à Kunming, la capitale du Yunnan.
Là encore il faut se dépêcher si l'on ne veut pas être pris dans une file d'attente interminable. On passe la vérification des bagages avec succès et un des oncles à Guo Yu nous repère et nous dis d'embarquer dans sa voiture. Là j'ai cru à une blague au début, sa voiture est une voiture récente et tout et tout mais c'est une petite voiture quatre place (la QQ Car), nous sommes cinq et chargés de bagages. Pas de problèmes nous dis l'oncle, ça logera comme ça pourra mais ça logera. Ce n'est pas un blagueur : effectivement on a réussi en se contorsionnant un peu. On arrive à l'appartement de l'oncle qui est le mari de la 4ème fille de la mère à Guo Yu. J'appelerai donc cet oncle « 4ème oncle » et la tante « 4ème tante » comme il est de coutume de faire en Chine. On peut enfin prendre un petit déjeuner et une douche bien méritée.
Premier constat frappant à Kunming : les gens portent tous des pantalons. C'est tout bête, mais on est à peu près les seuls dans la rue à porter des shorts. Du coup tous les marchands savent qu'on est pas d'ici (moi je suis de toute façon grillé d'avance), les marchands nous donnent donc des prix « touristes ». On achète des pantalons et tout se passe mieux.
Deuxième constat frappant : dans le Yunnan tous les boutons disparaissent. En effet dans le Guangxi, dès que l'on mange quelque chose d'un peu gras, on peut être sûr le lendemain d'avoir de jolis boutons sur le visage. Dès la descente du train, tout a disparu pour moi. Cool! Cela n'a qu'une signification pour moi : je vais pouvoir manger ce que je veux.
Troisième constat frappant : la nourriture du Yunnan n'est pas célèbre pour des prunes. C'est délicieux ! Ici on aime bien les barbecues, les plats de patates roties, le jambon, la viande est toujours délicieusement cuisinée. Il y a même du fromage de chèvre ! Je ne vous cache pas que je ne me prive pas, ici comme en France je peux gloutonner sans grossir et sans boutons. Et le canard roti aux patates roties ne me laisse pas indifférent. On peux trouver ici toutes sortes de brochettes délicieuses et bon marché, des nouilles excellentes, du pain, bref même si j'aime bien la nourriture du Guangxi je pense que je préfère de loin celle du Yunnan.
Quatrième constat frappant : ici tout est épicé ! Chaque bouchée de nourriture que vous avalerez vous fera transpirer et couler le nez tellement les épices sont présentes partout. Ne jamais aller au restaurant sans son paquet de mouchoirs, vous en aurez sans doute besoin ! On trouve des épices partout même là où on ne les attends pas : dans les nouilles, dans les crèpes, dans les gateaux, les brochettes de légumes et de viande, dans les omelettes, chaque plat se conçoit avec des épices, il est impossible d'y échapper. Je ne vous cache pas que dans le Yunnan j'ai beaucoup craint un retour des hémorroïdes mais finalement non (Ouf !) Pour calmer les effets des épices les gens prennent un médicament à base de plantes ou boivent une boisson appelée Liang Sha. Ceux qui ignorent cette étape nécessaire souffriront de la présence des épices dans tous les plats : boutons, brulures d'estomac, langue en sang, amydales sanglantes, anus en fleur, euh en feu... Pour ma part je n'ai eu droit qu'à la langue en sang au début puis c'est passé en buvant la précieuse boisson. Cela m'a appris une chose : les épices ça brûle tout sur son passage au sens figuré comme au sens propre.
Dans le Yunnan si l'on se rend dans les bonnes rues commerçantes, on peut trouver des choses très intéressantes, comme de jolis vêtements pas chers, des bibelots, des Zippo très jolis (mais le prix aussi est très joli), des brads en bambou très jolis pour fumer le tabac (c'est ce qu'on m'a dit... Mais je sais que le Yunnan est la province où l'on cultive le plus de drogue en Chine...), des étoffes, des tableaux sur tissus, de magnifiques sculptures en bois (Mickaël pardonnes-moi c'est trop cher et trop gros à envoyer en France), des bijoux en jade à n'en plus savoir quoi en faire, des sacs cousus main... Bref plein de jolies choses.
Chaque fois que l'on est sorti de la ville, j'ai pu admirer des montagnes magnifiques. C'est les genre de montagne très pointue avec de la végétation tropicale dessus, c'est très différents de montagnes comme les Pyrénées ou les Alpes. Malheureusement je n'ai pas pu prendre tellement de photos de ces montagnes, car on était en voiture et pour un Chinois cela n'a pas de sens de prendre une photo sans personne dessus.
Dans le Yunnan lors d'une sortie j'ai eu l'occasion de pouvoir skier et de faire de la luge. Vous me direz, rien d'exceptionnel jusque là, ça on peut le faire en France. Oui mais sauf que moi c'était sur de l'herbe. En France on doit attendre que la neige tombe, ici on utilise juste des skis ou des luges munies de chenilles comme les tanks, la gravité faisant le reste. J'ai beaucoup aimé, la seule chose à faire attention c'est lorsque l'on tombe l'herbe tachera irrémédiablement les vêtements. Il faut donc s'habiller comme une souillon et on peut dévaler les pentes à toute vitesse, on remonte à l'aide de remonte-pentes.
La famille de Guo Yu est très sympatique, ils se sont toujours montrés gentils et accueillants à mon égard, et sont très drôles. Pas une seule fois je me suis senti mis à l'écart du fait que je sois étranger ou que je ne parle pas bien la langue, ils ont toujours essayé de me faire comprendre ce qu'ils avaient à me dire par divers moyens, des signes et des onomatopées si besoin ; j'ai passé de très bonnes soirées avec eux, ils ont le coeur sur la main. Ils ont appris quelques mots d'anglais comme par exemple « sleeping », « very good », « drink » ou bien encore « smoking ». Il faut dire que dans le Yunnan, contrairement au Guangxi, même les femmes fument. C'était parfois désagréable lorsqu'on était tous ensemble car tout le monde fume en même temps, kof kof ! Bien qu'étant moi-même fumeur, je trouve qu'ils fument trop, j'ai du refusé au moins la moitié des cigarettes que l'on me proposait, et pas toujours avec succès, parfois ils allument une cigarette et te la placent entre les dents sans même avoir eu le temps de dire Bu yong la, non merci! J'ai trouvé un jeu d'échecs et j'ai appris Guo Yu à y jouer en quelques parties, le 6ème oncle de Guo Yu se contentant d'une partie pour apprendre. Ca faisait longtemps que je n'avais pas joué aux échecs ! Lors d'une sortie j'ai trouvé des nunchakus (je ne sais pas comment ça s'écrit, vous savez cette arme avec 2 batons reliés par une chaîne que Bruce Lee manie avec aisance) et un cousin à Guo Yu m'a appris à m'en servir. Il m'a également appris quelques rudiments de Kung Fu, mais ma souplesse a ses limites. Je lui ai appris à marcher sur les mains, ceux qui me connaissent bien connaissent ma méthode unique au monde.
Lors de notre voyage au Yunnan nous ne sommes pas resté à Kunming, nous somme aussi allé à Dongchuan, une ville plus au Sud et beaucoup moins touristique (et donc plus pauvre) pour visiter le premier oncle de Guo Yu et un autre oncle du côté de son père qui est malheureusement dans un asile. Ce pauvre homme y est depuis 26 ans maintenant, lorsqu'on l'a visité il nous a dit « je vais bien maintenant, je ne suis pas malade » et il a eu le temps ici d'apprendre l'anglais. Il n'avait vu personne depuis 5 ans, bien que de la famille soit toute proche. Triste visite. Le premier oncle aime bien cuisiner, il nous a montré sa future maison ainsi que la future maison de sa fille, ce sont de chouettes appartements très spacieux et modernes pour apparament pas très cher. Lors de cette petite excursion de quelques jours à Dongchuan j'ai eu l'occasion de conduire la QQ Car du 4ème oncle. C'est une chouette petite voiture, pas très puissante mais agréable à conduire. Il faut dire que ça faisait 4 mois que je n'avais pas touché un volant, ça m'a donc fait plaisir de conduire ! Guo Yu était contente de me voir conduire, je ne sais pas pourquoi mais elle rêve qu'on ait une voiture et qu'elle soit assise à mes côtés pendant que je conduise. Lors de notre séjour à Dongchuan nous sommes allé visiter la tombe de l'arrière grand mère de Guo Yu située au sommet d'une montagne, il faut parfois escalader pour s'y rendre, et suivre des petits sentiers pas très fréquentés. C'était une visite importante pour Guo Yu et sa mère. En Chine les mourrants demandent souvent à être enterrés au sommet d'une montagne, ce qui fait que les montagnes sont en fait les cimetières des Chinois. Lors de la visite de la tombe, on offre et on allume une cigarette pour le ou la disparue, on lui nettoie sa tombe de toutes herbes, on lui offre des fruits et on lui parle. Ensuite nous somme redescendus de la montagne sans regarder derrière et sans répondre à ceux qui nous appelent (c'est important) et nous sommes rentrés à Dongchuan. Puis nous sommes rentrés à Kunming. Malheureusement il venait de pleuvoir alors la route était coupée par des rochers : nous avons du emprunter la vieille route pour le retour. Et là ça secoue. La vieille route n'a aucune sécurité, les virages sont très serrés, la route est parsemée de rocailles tombées des pentes. Rien ne retient une chute de pierres sur cette route. Là ou on a mis 4 heures à l'aller, on a bien mis 6 heures pour le retour. En empruntant cette vieille route, j'ai fait une bien triste découverte : une montagne qui avait l'air bizarre près d'un pauvre petit village. Eh mais ça pue la mort ici. Non je ne rêve pas, c'est une montagne de détritus, les détritus de Dongchuan ! Voilà donc où vont les déchets que l'on prend soin de jeter à la poubelle... J'en reparlerai un peu plus loin.
La mère de Guo Yu et son ami Huan Jiao Man sont rentrés une semaine avant nous en raison d'une compétition de dance, très chargés en bagages. Nous avons donc coulé des jours paisibles et heureux chez la 6ème tante et le 6ème oncle. Ils nous on fait visiter plein d'endroits, dont un parc aquatique ou l'on s'est bien amusés et en dernier la visite d'une montagne, ou j'ai d'ailleurs pris froid en raison de la pluie. Puis est venu le temps de rentrer pour nous aussi, et les bagages faits, nous nous sommes rendus à la gare, la larme à l'oeil. Le petit cousin de Guo Yu me disait sans cesse « Not Go ! Not Go !». Je m'étais fait un ami ici. Sa cousine était triste aussi. On est finalement monté dans le train. J'avais alors de la fièvre et une angine, pas très pratique pour voyager mais pas le choix, les billets ont été acheté une semaine à l'avance pour être sûrs d'avoir des places couchettes. Le voyage du retour n'a pas du être très amusant pour Guo Yu vu que j'ai passé mon temps à dormir. En arrivant à Nanning le lendemain, en sortant de la gare on est tombé sur un bus qui allait à Beihai, ça tombe bien, nous aussi on veut y aller. On embarque et 4 heures plus tard nous voici de retour à Beihai, un peu tristes de quitter le Yunnan et la famille de Guo Yu que l'on ne reverra sans doute pas avant un bon moment, vu la distance qui nous sépare. Mais pas question de se laisser abattre, un petit tour à Silver Beach et les sourires reviennent ! Plouf. Suite et fin dans la deuxième partie Mes aventures en Chine, Tome 2Par Gabriel :: 06/07/2007 à 23:07 :: Général
Lire le Tome 1 si ce n'est déjà fait Des nouvelles de moi en Chine, Tome 2
Vous avez été nombreux à apprécier le premier volet de mes aventures en Chine, alors ça m'a motivé pour écrire un deuxième volet !
1 – Introduction
2 – Attention aux plats épicés !
3 – Des comportements typiquement chinois
4 – Acheter quelque chose en Chine
5 – Nanning by night
6 – La présence policière
7 – Quoi de neuf depuis la dernière fois ?
1 - Introduction
Après un premier mois assez mouvementé, le deuxième mois s'est déroulé plus calmement, Guo Yu étant en période d'examens. Et pendant environ 15 jours je n'ai pas pu faire grand chose, vous comprendrez mieux en lisant le point « Attention aux plats épicés ! ». Donc ne m'en voulez pas si ce tome 2 est plus court ! Tout d'abord je voudrais signaler une erreur qui s'est glissée dans le premier tome : Nanning n'est pas une ville de 1 million d'habitants mais de 2,8 millions. Petite différence. Une petite ville chinoise quoi !
2 – Attention aux plats épicés !
Ce mois-ci, j'ai du affronter un mal qui touche les personnes qui mangent trop de plats épicés. Je me disais aussi, c'est quand même bizarre de se rendre à plus de 10 000 km de chez soi et de ne pas tomber malade une seule fois. Finalement me voilà servi. Et oui, je me suis tapé une bonne crise d'hémorroïdes ! La nourriture dans la province du Guangxi est presque toujours épicée, c'est assez difficile de trouver un plat sans piment ou épices. On trouve des épices dans presque tous les plats : le riz, la soupe, les nouilles, les légumes, les viandes... Pour les chinois, aucun problème, ils en mangent depuis leur plus tendre enfance. Par contre pour moi qui ne mangeait pas souvent épicé en France... C'est une autre histoire ! Je me suis donc tapé une bonne crise d'hémorroïdes avec impossibilité de merder pendant une bonne semaine. Heureusement j'ai pu me faire opérer très rapidement dans un hôpital spécialisé, les médecins d'ici ne posent pas trop de questions et semblent compétents. Par contre leur point faible c'est au niveau post-opératoire, aucun suivi, je sors le jour même de l'hôpital, 40 minutes après l'opération ! Et impossible de faire comprendre au médecin que j'ai besoin d'un laxatif très puissant, il me donne des médicaments dont je ne connais absolument pas l'effet. Ce qui est sur c'est que ces médicaments ne sont pas donnés... Coût de l'opération : 800 yuan (80€). Le docteur insiste pour que je revienne le lendemain pour « vérifier que tout va bien ». Ok, je reviens le lendemain, il vérifie, tout va bien. Coût de la vérification : 400 yuan. Ok ça sent l'arnaque tout ça, j'y retournerai plus ! Donc au total, opération + médicaments + vérification ça m'aura coûté dans les 1500 yuan (150€). Peut être pas très cher en France, mais c'est l'équivalent de 1500€ ici... Finalement ça va mieux maintenant !
3 – Des comportements typiquement chinois
« En Chine, fais comme les Chinois! » Oui, enfin pas tout le temps, ce n'est pas toujours des exemples à suivre, loin de là! Il y a plein de comportements spécifiques aux chinois : par exemple cette étrange habitude de gueuler très fort en tous lieux pour parler au milieu des autres (qui essaient de gueuler plus fort pour couvrir le bruit du premier gueuleur). Cela s'applique également à ceux qui téléphonent depuis leur mobile (je vous laisse imaginer dans le bus ou au restaurant). Parfois il arrive qu'il n'y ait aucun bruit mais la personne gueule quand même, histoire que tout le monde sache qu'elle a un portable dernier cri. Bref c'est une manie que je ne comprend pas très bien, et j'espère que je ne l'aurais jamais ! Autre manie, celle de cracher partout. Dans la rue, en voiture, en moto, au restau, ils se raclent la gorge pour chercher le glaviot bien profond. Et je dois avouer que ça surprend au début, je pensais que le glaviot était pour moi, mais en fait ils crachent juste par terre. Ça doit être culturel. Super sympa quand on est en train de manger ! À noter qu'en raison des JO 2008, le gouvernement tente d'inculquer des bonnes manières occidentales afin de donner une bonne image de la Chine aux étrangers qui assisteront aux jeux. Donc quiquonque se fera surprendre par un policier à cracher par terre aura désormais une amende. Mais les policiers eux même crachent partout, et sont très corruptibles (une cartouche de cigarrette ou une bouteille d'alcool de riz et c'est réglé...). Autre comportement auquel j'ai eu affaire, j'en ai déjà parlé dans le précédent opus : je suis dévisagé dans la rue par les hommes et les femmes de tout âge. À la limite du torticolis ! Il faut dire qu'il n'y a pas des masses d'étrangers ici. Heureusement je n'y fais plus attention maintenant, mais je pense que ça en dérouterait plus d'un qui serait nouvellement arrivé en Chine. D'autres comportements, qui sont dûs au fait que je sois étranger : les filles me croisent en souriant et disent « Hellooow » puis s'en vont des fois en courant, de peur que je leur réponde. Elles sont si timides qu'une fois une fille m'a dit bonjour, elle a voulu me serrer la main puis elle est partie en courant et en pleurant. Plus tard elle a dit à Guo Yu qu'elle était vraiment désolée, elle m'a serré la main avec la mauvaise main! Un peu bizarre... Autre comportement étrange, les chinois ont l'air suicidaires. Ils traversent la route à pied, à vélo ou à moto n'importe quand et sans se soucier des gros véhicules arrivant à fond les ballons. Guo Yu préfère marcher sur la 4 voies que sur le trottoir, je ne sais pas pourquoi. Alors j'essaie de lui faire comprendre que c'est dangereux, les accidents ça n'arrive pas qu'aux autres. Et que le moyen le plus sur de traverser une 4 voies c'est en angle droit, pas en biais. Et qu'on doit utiliser les passages piétons dans les carrefours. Combien de fois je lui ai évité de se faire renverser par un camion ou un bus qui a la flemme de freiner ? Je ne sais plus. Comment elle faisait avant que je sois là ? Une bonne étoile ? Tous les chinois semblent touchés par ce comportement suicidaire. C'est à croire qu'ils se sentent invulnérables ! Pourtant à la télévision presque tous les jours on voit aux informations des accidents et des morts sur la route... Mais elle et les chinois croient que les accidents n'arrivent que si on en parle. Moi je pense plutôt qu'ils arrivent lorsqu'on ne cherche pas à les éviter ! Enfin bref mes efforts commencent à porter leurs fruits, elle marche sur le trottoir quand elle est avec moi. Enfin, un comportement très net que j'ai remarqué, c'est que les chinois n'en ont rien à faire de leur environnement. Ils jettent leurs déchets n'importe-où, sur la route, dans la nature, dans la rivière, depuis leur balcon... Même Guo Yu faisait de même, jusqu'à ce que je lui dise « tu veux que le monde de tes enfants soit une poubelle ? » Ils pensent que jeter quelque chose par terre, ce n'est pas grave, quelqu'un viendra le ramasser. C'est en partie vrai pour les routes et les bordures de route, où l'équivalent de la DDE et des éboueurs ramassent chaque jour des camions de déchets. Par contre pour les lieux isolés trop éloignés de la route... C'est pas très beau à voir. Le pire c'est que des fois ils jettent leurs emballages par terre alors qu'ils sont à deux mètre d'une poubelle. Mais partout, dans les magasins et les marchés, les marchands donnent trop de poches. C'est vrai, on achète une bouteille d'eau et 3 fruits et on se retrouve facilement avec une dizaine de poches plastiques de taille différente ; ça n'est pas vraiment bon pour diminuer la pollution.
4 - Acheter quelque chose en Chine
Acheter quelque chose en Chine est très différent d'acheter quelque chose en France. Si en France les prix sont le plus souvent fixes et pas négociables, ici tout est négociable, que ce soit dans le supermarché ou le petit magasin. Je peux maintenant dire qu'il y a 3 sortes de prix en Chine :
C'est un peu déroutant au début de devoir presque tout négocier mais on s'y fait assez vite. Certaines choses restent non négociables, comme le prix de l'essence, un trajet en bus ou en taxi, les produits alimentaires dans les grands supermarchés seulement, l'eau. Tout le reste ou presque est négociable et si l'on est bon l'on peut vivre à moindre coût et confortablement!
5 – Nanning by night Si le jour je pensais que Nanning était assez banale comme ville, j'ai revu mon jugement la première fois que j'ai traversé la ville de nuit. La ville est littéralement transformée entre le jour et la nuit. Il faut dire qu'en plein jour il y a une multitude de choses que l'on ne soupçonne même pas. La ville de jour ressemble juster à une grande ville, ni jolie ni moche. Mais lorsque la nuit arrive, de partout des écrans géants s'allument à la place de ce que je pensais être des murs, les poteaux et les piliers sont recouverts de néons de toutes les couleurs de l'arc en ciel, les grandes enseignes en haut des buildings s'allument pour faire place au concours de celui qui aura la plus jolie enseigne animéet, les routes sont bordées d'un néon blanc et d'un autre néon qui change de couleur toutes les 5 secondes ce qui est du plus bel effet, les fontaines s'allument et ont l'air de gerbes de couleurs... La ville devient vraiment méconnaissable, c'est vraiment très joli à voir et ça surprend beaucoup ! Maintenant je sais que Nanning est plus riche que Beihai, ce n'est pas la capitale du Guangxi pour rien :) Et les villes françaises prennnent un sérieux coup de vieux par la même occasion, même Paris n'est pas aussi jolie la nuit... Dans le centre ville, contrairement aux zones périphériques les magasins restent ouverts assez tard, jusqu'à 23:30 voire plus pour certains grands magasins ou petits commerçants. C'est très pratique quand on a oublié d'acheter quelque chose après l'heure du diner ! Ou parfois l'occasion de caler un petit creux.
6 – La présence policière
Avant de venir en Chine j'avais un peu peur de trouver des policiers et des militaires partout et d'avoir à me faire contrôler chaque fois que j'irai dehors. Dans la pratique il y a bien des policiers un peu partout, surtout en voiture, parfois à pied. Par contre je ne me suis jamais fait arrêté et je n'ai jamais eu de problèmes avec eux. J'ai un peu l'impression que pas mal de policiers ont choisi ce métier car c'est un moyen simple de gagner de l'argent sans faire grand chose. Il y a plein de policiers dont le travail est juste de rester immobiles aux entrées des parcs, des écoles parfois, ou de bâtiments contrôlés par les militaires. En ce qui concernent les agents de la circulation, il y a parfois un policier au bord d'un carrefour qui siffle les piétons et les vélos pour leur dire d'attendre le feu vert avant de traverser, mais d'après ce que j'ai vu personne n'en à rien à faire. Le pauvre policier est là à siffler dans le vide sous le soleil qui tape dur. Sur les routes j'ai vu très peu de policiers, j'ai par contre vu des faux policiers en carton avec leur radar en carton aussi. J'ai vu une fois une voiture de police roulant à fond dans la ville, c'est pas croyable de pouvoir rouler aussi vite en ville. Maintenant je comprend l'utilité des 4 voies partout en ville! Mais pour résumer, je ne me sens pas oppressé par leur présence, en fait c'est surtout des plus jeunes que moi qui tentent de gagner leur croute en faisant policier, qui ne sont pas méchants pour un clou. Ils ne sont pas le genre à chercher la petite bête comme le bon vieux gendarme moustachu français aime le faire. Un truc pour devenir très riche en Chine : devenir policier-examinateur de permis de conduire. Tous les jours ils reçoivent des pôts de vin de 1000 yuan ou plus par personne, des cigarrettes de luxe à gogo, de l'alcool à ne plus savoir qu'en faire... Les candidats qui donnent le plus auront leur permis, tant pis pour les autres, ils n'ont qu'à pas être pauvres, non mais... (C'est triste je trouve) Bref à la fin du mois ça fait un très bon salaire, sans doute mieux que beaucoup de français ne peuvent espérer. LA planque par excellence.
7 – Quoi de neuf depuis la dernière fois ?
Ce mois-ci je n'ai pas pu faire grand chose comme je vous l'ai dit précédement, mais il y a eu tout de même des changements :
Voilà c'est tout pour ce mois-ci ! En espérant que malgré le fait que je n'ai pas pu faire grand chose ce mois-ci, cet écrit vous aura intéressé !
A bientôt,
Gabriel Mes aventures en Chine, Tome 1Par Gabriel :: 08/06/2007 à 22:50 :: Général
Salut!
Cela fait maintenant plus d'un mois que je suis en Chine, il serait temps de rédiger un bon billet ! Voici le plan : * Le déroulement du voyage * Rencontre avec Guo Yu * La famille d'accueil * Beihai * Nanning * La nourriture * Dans la rue * Sur la route * Les paysages
Le déroulement du voyage
J'ai quitté Epannes sur Ardin le vendredi 27 avril 2007 accompagné de Samy, Any et Mickaël pour prendre le train à Niort et à destination de Paris. Voyage sans histoire, 2 heures et demie plus tard me voilà à Paris, où Yasmina m'attendait. Ce soir là je mangeais avecYasmina ma dernière tartiflette! Merci mille fois Yasmina!
Après une courte nuit passée à discuter, on s'est rendu à l'aéroport vers 09:00 du matin pour retirer les billets de l'avion de 12:20. Mais comme on était très en avance, on m'a fait prendre l'avion de 10:35. C'est donc le sac bourré de chocolatines et de bonbons (sacrée Yasmina !) que j'embarque dans l'avion à destination de Helsinsky (Finlande), après de chaleureux adieux.
Désormais je suis livré à moi-même. Entrée dans l'avion. Les hôtesses donnent des consignes en Finlandais et en Anglais. Sueurs de mon premier décollage. « Please lock your security belt ». Ca y est on décolle ! La sensation d'accélération est super, je ne pensais pas qu'un avion puisse accélérer autant ! En moins de 10 secondes on est à 550 km/h. Je me dis que jamais un si gros engin ne pourra quitter le sol. Et pourtant ça y est, l'avion s'élève, et on s'éloigne à toute vitesse de Paris !
En quelques minutes la température de l'air chute à -60 °C, on atteint la côte, on quitte la France en la longeant. L'avion survole la Belgique, les Pays Bas, l'Allemagne, le Danemark et la Suède. Il n'y a pas beaucoup de nuages alors je peux voir les paysages. A l'approche de la Finlande le ciel est parfois couvert de nuages, on dirait une grande étendue de coton. Et contrairement à ce que je pensais les nuages sont très très plats et presque tous au même niveau. On approche de Helsinsky, la terre devient très foncée et les arbres sont droits et très grands. La côte est déchiquetée, il y a des milliers d'îles et d'îlots. L'atterrissage se passe sans soucis, environ deux heures après avoir quitté Paris. Bref passage à Helsinsky, ou je n'ai pu qu'apercevoir un soleil blafard et remarquer que le finnois ça ressemble beaucoup au russe à l'oreille. Embarquement pour Guangzhou. Quelle bande de farceurs, ils ont changé le terminal d'embarquement, je m'en aperçoit que 10 minutes avant l'embarquement ! Heureusement je monte bien dans le bon avion, et c'est parti pour 12 heures de vol !
Les hôtesses chinoises sont très gentilles, même si je ne comprend pas un traître mot. Pas besoin de parler chinois pour faire comprendre qu'on a faim ou qu'on a soif. La nuit tombe très vite, et elle sera très très courte (environ 4 ou 5 heures). Je vois le reflet de la pleine lune sur la terre et sur les lacs de la Russie. Je suis émerveillé chaque fois qu'on survole une ville, c'est tellement beau, une ville, la nuit... Les heures passent, quand enfin, sur la carte, on passe la frontière entre le Kazakstan et la Chine ! Là je pense, au moins même si on s'écrase j'aurais au moins été en Chine une fois dans ma vie. Mais ce n'est pas une pensée pessimiste c'est plutot optimiste!
Le lever du soleil depuis un avion est une chose qui à elle seule justifie le prix du billet. C'est pas tous les jours qu'on voit le soleil se lever au dessus des nuages ! Et en cadeau j'aperçoit les montagnes de l'Himalaya, qu'on a évité de peu. J'aurais bien voulu voir le survol du désert de Gobi mais il faisait nuit, on ne peux pas tout avoir!
L'avion approche de Guangzhou, et entame sa descente. On quitte le soleil radieux, car le ciel est couvert de nuages depuis le lever du soleil. Mais ces nuages ne sont pas les même qu'en France. Non, ils n'ont pas l'air plats, ils ont plutôt l'air de toucher le sol et ils sont plutôt jaunes. Ok c'est très pollué Guangzhou ! Lors de l'atterissage, effectivement pendant 10 km de descente c'est nuages partout, on voit rien, chapeau au pilote. Ca a vraiment l'air super humide Guangzhou, La température de l'air recommence à monter. -50°C, -40, -35, -10, +3, bordel ça monte vite! Environ 70 mètres avant l'atterrissage j'apperçoit enfin le sol couvert de brouillard. Atterrissage. La température au sol est maintenant de 27 °C. Ca change de la France! 2 heures d'attente dans l'aéroport, le temps de passer aux douanes. Je remplis plusieurs formulaires en anglais plein de fautes, mes bagages passent aux rayons X et je suis accueilli par la tante de Guo Yu qui m'a tout de suite reconnu, sans doute parce que j'étais le seul jeune blanc à sortir des douanes. J'étais déjà en sueur, mais voilà que je sors dehors. Haaa! L'air est chaud, étouffant, il n'y a pas un pet de vent, et les voitures et les camions crachent une fumée noirâtre.
J'ai envie de vite quitter cette ville! Mais tout d'abord, direction un hôtel, je prend une douche bien méritée après 20 heures avec les mêmes vêtements en transpirant...Pendant ce temps la tante de Guo Yu va chercher les billets d'avion pour Beihai. Elle me paye un repas que j'ai pas réussi à finir, j'essaie de lui faire comprendre que c'est bon, elle a gagné, j'ai plus faim maintenant, mais elle ne s'arrête jamais de commander des nouveaux plats! Car elle ne parle pas un mot d'anglais à l'exception de « Hello » et « Follow me ». J'arrive à lui faire comprendre que je veux appeler Guo Yu et ma douce Guo Yu lui dit que j'ai plus faim, je vais éclater. Maintenant, direction Beihai! Je dis au revoir et merci à la tante de Guo Yu, c'est une femme bien.
Embarquement pour ma ville de destination. Toujours cette super sensation d'accélération. Cette fois l'avion est beaucoup plus petit, le repas servi à l'intérieur aussi, mais ça ne me dérange pas vu tout ce que j'avais mangé avant. Les hôtesses Chinoises sont toujours aussi mignones. On quitte à nouveau les épais nuages jaunes, et on longe la côte. Deux heures plus tard, j'atterrissais enfin à Beihai! Je reconnais la forme de la ville que j'ai si souvent regardé avec Google Earth, je suis super content!
Rencontre avec Guo Yu
Vu de l'avion, l'aéroport parraît assez grand, mais dès la sortie de l'avion, je sens bien que c'est pas un aéroport très fréquenté. On doit chopper nos bagages nous même à la sortie de l'avion, et les douanes c'est juste un hello aux douaniers qui fument leur clope. Je regarde à droite et à gauche, mais pas de Guo Yu. Pas de parents non plus. Il se met à pleuvoir un peu. Je me dis que la tante s'est peut-être trompé dans l'heure qu'elle a communiqué aux parents de Guo Yu. Alors j'arrive à convaincre un policeman, me voyant tout penaud, d'appeler le numéro que je lui montre. Et en effet, la tante s'était trompé d'une heure!
Un quart d'heure plus tard, je vois enfin ma douce Guo Yu devant mes yeux, accompagnée de ses parents. Bonjour poli en serrant la main (surtout pas la bise en Chine !) et je prend la main de celle que je voulais voir depuis si lontemps. Et un discret baiser quand les parents ne nous regardent pas, normal on est un peu gêné au début! Elle autant que moi. Elle est si jolie ! Je suis tout fou-fou. On monte ensuite dans un taxi et on quitte le petit aéroport. Une chose me frappe : les chinois ne respectent aucun code de la route à part le feu rouge parfois! Et les policiers ne donnent pas le bon exemple non plus. Mais je reviendrais sur ce point plus tard. Bref, après un premier trajet en taxi qui m'a surpris, j'arrive enfin à la maison de Guo Yu. On me présente la maison, les chambres, les salles de bains, la cuisine, le salon, etc. Les parents me posent plein de questions que Guo Yu se charge de traduire en anglais. Je prend une douche bien méritée et je mange quelques fruits délieucieux, avant de tomber de sommeil. En effet je n'ai pas dormi depuis mon départ de Paris! Cela fait maintenant 25 ou 26 heures et ma nuit à Paris a été très courte. Alors je m'allonge enfin dans un bon lit, Guo Yu à mes cotés toute souriante... On ferme la porte et je peux enfin la serrer dans mes bras, en m'endormant...Ca fait tellement bizarre de se retrouver près de la femme que j'aime à 10 000 km de ma maison et après si longtemps!
La famille d'accueil
La famille de Guo Yu s'est toujours montrée très gentille envers moi, et bien qu'ils ne parlent pas un mot d'anglais on arrive à peu près à se comprendre. La mère de Guo Yu s'appelle Zhao Na et son père s'appelle Guo Jingsong. Presque tous les jours les oncles et tantes viennent dans la maison pour le repas, ou c'est nous qui allons voir les oncles et les tantes. J'ai trouvé un pote, un oncle à Guo Yu qui cuisine les meilleures nouilles que j'ai jamais mangé (avec celles de maman ;) ) et qui a trouvé en moi un bon compagnon pour partager la bière et les cigarettes. En chine il est courrant d'inviter ou de se faire inviter à manger, c'est même quasiment systématique. Le père de Guo Yu est d'une gentillesse rare, je ne l'ai jamais vu sans le sourire ni élever la voix. Il travaille à Guangzhou comme homme d'affaires dans les assurances et ne revient que pendant ses vacances. Ses prochaines vacances sont en octobre ! Ca ne doit pas être facile pour lui de quitter le foyer si longtemps. Et sa femme est souvent prise d'une irrésistible envie de danser devant la télévision (elle est prof de danses traditionnelles), ce qui à le don de faire marrer Guo Yu (et moi aussi). On est souvent allé au restaurant pour environ 10 yuan par personne (1 euros) et on mange à s'en péter la panse.
Beihai
Beihai est une « petite » ville, à peine 600 000 habitants. La ville a quelque chose de bizarre : située près de l'océan, des investisseurs étrangers on fait construire une multitude de pavillons tous identiques près de la mer. Malheureusement, ça n'a jamais vraiment attiré le touriste, bien que la ville soit très accueillante. Ils ont investi trop tôt à mon avis. Maintenant le gouvernement chinois prévoit de raser ces pavillons qui ont mal vieilli et qui défigurent le paysage. Heureusement à côté de ça la ville est chouette, on peut s'y ballader torse nu et se rendre à la plage en bus, plage qui est d'ailleurs très agréable. Contrairement à Guangzhou, l'air est agréable à respirer et un vent frais souffle sur la ville et fait le plus grand bien. L'air ne prend pas à la gorge comme à Guangzhou, il fait bon s'y ballader le soir. La ville a un je ne sais quoi de pittoresque, les bus sont vieillots mais sont sympa à emprunter. Attention : il y a deux plages à Beihai. L'une est plutôt réservée aux touristes – je n'en ai pas vu un seul – et donc la mer est bordée de marchands de noix de coco, de cabines de douches, de restaurants, et tous les 3 mètres il y a un parasol planté dans le sable. La mer est très chaude pour moi, froide pour Guo Yu en cette saison. La mer devait être à environ 26-27 °C. Elle est assez salée ce qui fait qu'on flotte quasiment sans nager. Mais je préfère vous parler d'une autre plage, celle-ci a bien trop de monde ! L'autre plage est un petit peu à côté de la ville, on peut s'y rendre à vélo en 20 minutes. La plage de sable n'est pas aussi large (il faut bien 2 minutes pour atteindre la mer avec la premier plage) mais on respire mieux, on sent que c'est moins fait pour les touristes, les panneaux ne sont plus écris en anglais/chinois. Il y a des rochers et des coins très sympas, et j'ai trouvé la mer un peu plus chaude. Et surtout : beaucoup moins de monde et pas un seul parasol ou cabine de douche à l'horizon. Je préfère ! Le sable est toujours aussi blanc mais n'est pas brûlant quand on marche dessus comme en France.
Retour à la ville. En pleine ville on trouve des routes à 4 voies, c'est comme des autoroutes limitées à 50 km/h. En bordure on trouve des immeubles plus ou moins anciens. Je préfère la vieille ville, loin de la circulation. Les rues sont parsemées de petits marchands, pas de supermarchés dans la vieille ville. On trouve de tout dans ces petits marchés, et les prix sont dérisoires. On trouve même – gasp! – du chien roti au chalumeau devant les autres chiens qui attendent leur tour, ça fait mal au coeur de voir ça. Mais ça reste plutôt rare. Pour résumer, la ville possède deux facettes, la facette station balnéaire et la facette ville traditionnelle, qui je pense n'est jamais vue des touristes (qu'est ce qu'ils iraient faire ici) et est bien plus sympa.
Nanning
Les vacances de Guo Yu se terminant, elle devait retourner à son école à Nanning, une ville située 200 km plus au nord de Beihai, aussi la capitale du Guangxi. Nanning a environ 1 000 000 d'habitants. On a donc pris le bus pour Nanning, en deux heures et demie la route est faite. On a trouvé un hôtel, le temps de trouver un appartement. L'hôtel ne paye pas de mine mais il a le mérite d'être bon marché et le boss est sympa. Guo Yu a dégoté un appartement près du fleuve Yong Jiang, un coin très tranquille un peu à l'écart de la ville et près de son école. Notre appartement a une belle vue sur le fleuve et il n'y a pas d'autre batiments entre notre immeuble et le fleuve. A Nanning il fait plus chaud qu'à Beihai, il n'y a pas l'air marin, et l'été approche doucement... La température avoisine souvent les 35 °C même par jour de pluie. Il pleut assez souvent et très violement, il faut se mettre à l'abri dès les premières gouttes de pluie et toujours penser à fermer sa fenêtre lorsqu'on quitte l'appartement. Autant à Beihai j'avais grossi, autant ici il fait si chaud que j'ai presque perdu tout mon gras. Il est très difficile de sécher ici, dès la sortie de la douche la sueur revient. Seul un petit ventilateur nous permet de ne pas crever de chaud. Et encore on est qu'en juin ! ![]()
Pour ce qui est de la ville même, c'est bien simple : je me demande pourquoi un ville si grande ! Partout tout est en construction, en travaux. Des immeubles se construisent au milieu de nulle part et les routes qui y conduisent sont temporairement pas finies – le seront-elles un jour ? Il y a pas mal de ronds points avec seulement deux sorties, les autres n'étant pas encore finies. Comme à Beihai les rues sont bordées de petits marchands qui attendent le client en dormant ou en mangeant des pastèques, et en pleine ville il y a de très larges boulevards de 4 voies. Dans le centre ville il y a de grands magasins, on voit clairement que certains quartiers transpire le riche et que d'autres sont réservés à ceux qui travaillent pour les riches. Les immeubles en construction, en apparence déserts, sont souvents habités par les ouvriers ou par des sans abris. Deux choses se retrouvent dans Nanning et Beihai : la démesure et le traditionnel.
La nourriture
Comment et où manger en Chine ? C'est assez difficile d'y répondre tellement il a de possibilités. Je pense que les chinois aiment bien manger, je suis toujours calé à la fin des repas. A Beihai j'ai plutot mangé avec la famille de Guo Yu, en alternant les invitations et les restaurants chics. Les mets sont toujours très variés dans les restaurants et à la maison familiale, et je suis toujours épaté de voir tout ce qu'ils peuvent cuisiner en si peu de temps.
A la maison : Ici, pas d'assiettes, de fourchettes, de couteaux ni de verres. On est équipé d'un bol que l'on remplit à l'aide des multiples plats sur la table, en utilisant des baguettes. On ne boit pas d'eau à table, éventuellement on boira de la bière. L'eau est habituellement bue après le repas. Les plats les plus courants sont le riz qui est l'équivalent de notre pain et les nouilles. Chacun met du riz dans son bol, et ajoute ce qu'il veut parmis les différents plats sur la table. Le riz est habituellement assaisonné de sauce soja qui lui donne un goût salé tout en l'humidifiant. Les nouilles ne sont pas les mêmes qu'en France : elles peuvent se manger aussi bien chaudes que froides, et sont toujours assaisonnées. Elles sont bien souvent très épicées. Pour les différents plats que l'on peut trouver et cuisiner, je ne donne que les plus courants. Tout d'abord les légumes : la salade cuite, le celleri, le mais, les petits pois, les haricots verts, les oignons, les tomates, les aubergines, des légumes que je ne connais pas, les patates... Pour la viande : toujours en petits morceaux car la baguette coupe très très mal. On trouve de la viande de boeuf, poulet, porc, agneau, mouton, des oeufs souvent mélangés aux tomates, du canard, de l'oie. Je n'ai pas envie de tester le chien :o). Un super plat : les patates roties au miel assaisonnées d'un peu de jus de canard roti ! Souvent dans les restaurants on sert à coté de tous les plats une soupe qui remplace l'eau à table. Attention ! La première fois qu'on mange chez des gens qu'on connaît pas il ne faut pas finir son plat, sauf si les gens nous disent qu'on peut finir. Car traditionnellement celui qui finit son plat signifie qu'il n'a pas assez mangé, ce qui est très vexant pour ceux qui invitent ! Pour ma part je suis chanceux, la famille de Guo Yu elle même finit toujours les plats, donc je peux finir.
Les restaurants : toujours pas d'assiettes ni de couverts, mais des baguettes à séparer soi-même et un ou plusieurs bols de différentes tailles. Il y a deux sortes de restaurants : les restaurants dits « chics » et ceux qui sont plus des endroits où l'on va lorsqu'on a la flemme ou l'impossibilité de manger chez soi. Les restaurants chics proposent plein de plats et passent avec des chariots entre les tables pour proposer des pains fourrés à la crème de marrons, aux légumes ou à la viande. Il y a aussi des desserts dans les chariots. Les plats sont commandés, et souvent la table n'est pas assez grosse pour contenir tous les plats. La table est habituellement ronde avec une partie qui tourne pour que tout le monde ait accès à tous les plats. Des serveuses passent sans cesse pour proposer de la bière ou de l'alcool de riz lorsqu'elles voient que c'est plutôt une célébration. En plus des plats il y a plusieurs bols de sauces différentes : salées, pimentées, huilées, sucrées. Chacun met de la sauce dans un petit bol et peut tremper chaque morceau mangé dans la sauce. A la fin du repas, on récupère dans des poches ce qui n'a pas été mangé et on le ramène chez soi. Et bien sur on paye l'addition :o) Compter environ 10 à 30 yuan par personne selon le restaurant et selon les plats. Petite remarque : dans les restaus chics, pour communiquer avec les autres on ne chuchotte pas ou parle pas comme en France : il faut hurler pour se faire entendre des autres, et je trouve ça intenable après la première heure passée dans le restaurant. Une furieuse envie de gueuler « Mais vos gueules, putain de bordel de merde ! » mais personne ne comprendrait ni même ne s'en apercevrai... Pour les autres restaurants : ici on mange principalement du riz ou des nouilles, on s'assoit autour de petites tables cheap et la présentation est beaucoup moins soignée que les restaurants chics. Le riz est servi sur un plateau ou dans un bol et on amène différents plats. Les nouilles sont servies de la même manière, mais tout est déjà mélangé : nouilles, viande, légumes, assaisonnement. En général dans ces restaurants on peut payer 4 ou 5 yuan par repas, selon le nombre de légumes et de viandes différentes que l'on prend. Le riz est à volonté, on se ressert tant qu'on en a envie. C'est rapide, pas cher, souvent très bon et on en sort toujours plein !
Les boissons : Parmis les boissons non alcoolisées il y a un vaste choix : jus de tomates, oranges, citron, une multitude de thés glacés ou non, jus de petit poix sucrés (super bon glacé !), des boissons dont je ne connais pas la composition, des milkshake. Pour les boissons alcoolisées, on trouve principalement de la bière, du vin et des alcools forts. La bière est assez bonne et n'a rien à envier aux bières que l'on trouve en France. Elles sont par contre plus fortes : souvent plus de 10 degrés ! Les marques les plus connues sont Tsing Tao et LiQ, mais on peut aussi avoir de la Heineken ou de la Guiness par exemple, si on veut ( sauf que les bières étrangères sont plus chères). La bière est toujours servie en bouteille de 63 cl et coute environ 3 à 4 yuan. Pour les alcools plus forts, il y a l'alcool de riz et de lichi, l'alcool de riz étant le plus fort. C'est super dur à boire quand on mange du riz car le riz reste parfois collé dans la gorge, et là on pleure car ça brûle ! L'alcool de riz est servi dans des verres minuscules gros comme des dés à coudre, mais je comprend pourquoi. Je ne sais pas à combien de degrés ça peut être mais une chose est sûre : c'est extrêmement inflammable :o)
Dans la rue ![]()
Dans la rue il y a toujours du monde. Que ce soit la nuit ou le jour, le chinois ne dort jamais, ou bien ils se relaient ! C'est épatant ça. Presque tous les jours et à n'importe quelle heure ils font péter des ribambelles de pétards, pour marquer leur joie ou feter un événement. Quand je marche dans la rue, j'ai qu'une impression : je suis le seul étranger ici. Les chinois ont aussi l'air d'avoir cette impression, à chaque fois que je croise quelqu'un il me dévisage comme si j'étais un martien ! Mais je n'y prête plus attention maintenant. Comme je suis étranger j'ai souvent droit à des « hellow » des gens que je croise et je me fait parfois accoster par des filles qui me demandent mon numéro de portable et si j'ai une petite amie (seulement quand je marche seul en ville bien sur). Les rues sont toutes bordées de petits magasins allant du marchand de tuyaux au vendeur de baladeur MP3/MP4 en passant par les innombrables boutiques de bibelots et de CD/DVD piratés en vente libre. Et sur le trottoir il y a également plein de vendeurs de fruits ou de trucs divers mais qui détalent dès qu'un policeman approche (ils n'ont pas l'autorisation).C'est un peu le bordel mais j'aime bien! C'est mille fois plus vivant qu'une rue de Niort un samedi soir et un million de fois plus vivant qu'une rue de Saintes à 01:00 du matin ! Par contre il faut faire attention : En plein jour, éviter les rues avec trop de monde, en pleine nuit préférer les rues avec du monde, en raison des voleurs qui croient dur comme fer que tous les étrangers sont forcément riches avec des liasses de billet dans leur poche. De même, dans les petits magasins (pas un supermarché) il vaut mieux que je laisse Guo Yu entrer en premier, discuter du prix et ensuite j'entre dans le magasin. Sinon je paierais bien souvent 5 ou 6 fois le prix que paierait un chinois !
Sur la route
Dans la rue je vous ai dit que c'est le bordel, mais alors sur la route, c'est le chaos ! Au début je demandais à Guo Yu si les chinois qui conduisent ont passé leur permis, elle m'a dit que oui, mais plus tard j'ai compris : en Chine, on achète son permis de conduire et son code de la route ! Seuls ceux qui paient le plus cher l'obtiennent. Ca explique pas mal de choses : le code de la route n'est jamais respecté sauf parfois les feux rouges. Les motos et les vélos traversent la rue n'importe quand, ils roulent parfois à contresens, les voitures prennent les ronds points à l'envers quand c'est plus court, les camions doublent les touc touc et les motos à toute berzingue, on fait demi tour n'importe où et sans regarder autour de soi, bref j'ai un peu de mal à décrire le bordel qui règne sur la route. Ici on conduit au klaxon. Le klaxon signifie « Pousse toi que je passe ou je t'écrase » Les bus et la police conduisent de la même façon et se font eux aussi klaxonner. Pour résumer : Mais que fait la police ? Quand sarko nous parle d'(in)sécurité routière je me marre bien maintenant ! Voici une liste des moyens de transports utilisés par les chinois :
Les paysages
Pour le moment je n'ai pas vu grand chose de la diversité des paysages de la Chine, mais j'ai visité quelques coins sympa. J'ai vu 3 types de paysage pour le moment :
Dans tous les cas on trouve des cocotiers, des palmiers, des arbres très gros et très hauts, des plantes avec des feuilles énormes, des bananiers même en haut des montagnes, et des moustiques omniprésents. Notez que le moustique apprécie davantage le sang des étrangers. Miam de la nouveauté au menu !
Voilà c'est fini pour ce résumé de premier mois en Chine, qui j'espère n'est pas trop chiant à lire ! A bientôt, et bonne journée,
Gabriel |
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