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Mes aventures en Chine, Tome 4 (Première partie)

Par Gabriel :: 29/02/2008 à 06:26 :: Général
Cliquez ici pour lire le Tome 3 si ce n'est pas déjà fait
Des nouvelles de moi en Chine, Tome 4 (Première partie)

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Tome 4 ? Ah mais qu'est ce que c'est, tome 4 de quoi ? Eh oui ça fait tellement longtemps que j'aurais dû finir de l'écrire que vous avez sans doute oublié les 3 précédents opus ! J'ai voulu au début retarder un peu le 4ème du nom à cause d'une période où il ne s'est quasiment rien passé, puis les mois passèrent et voici que je manque de temps pour l'écrire maintenant... Voici donc le tome 4 tant attendu, ou plutôt celui qu'on attendait plus!


1 – Résumé de tout ce qui s'est passé depuis la dernière fois.


  • À bicyclette

La dernière fois, l'on s'est quitté au moment où moi et ma douce Guo Yu étions rentrés à Nanning afin qu'elle entame son dernier semestre d'université, la tête chargée des souvenirs des journées passées à flâner et marcher au bord de la plage. Pendant environ 15 jours, ce fut assez routinier, Guo Yu allant à ses cours les lundi et mardi matins, et le mercredi après-midi, pendant que, je peux le dire, je ne faisais pas grand-chose. J'avais très envie d'explorer les alentours, mais ce n'est pas facile sans voiture ou autre moyen de locomotion. Le touc-touc n'est pas adapté car il faudrais que je puisse m'arrêter quand je veux et aller où je veux, librement. De plus je ressentais le besoin de faire du sport, car je me sentais un peu faible. Et puis faire du sport ça évite des maladies, c'est mille fois mieux que d'aller à l'hôpital ! La solution fut toute simple : acheter un vélo ! On s'est donc rendu avec Guo Yu dans un magasin de vélo, pas très loin de notre lieu-dit de résidence qui, comme chacun le sait, se nomme Qing Xiu Qu Zheng Fu (littéralement «Le gouvernement de Qing Xiu Qu», à prononcer «Tching Siou Tchu Tchèngue Fou-ou», car on habite tout près d'un important et imposant building du gouvernement). Ce magasin de vélo se trouve à moins de 5 kilomètres, dans une petite bourgade dénommée Yong Ning, prononcer «Yon-nig». Oui vous l'aurez remarqué, j'essaie de placer des noms chinois ainsi que leur prononciation, vous aimez ? Ça fait un bon entraînement ! Bref mon choix s'est porté sur un VTT tout suspendu et d'apparence robuste à un prix défiant toute concurrence française, pour 400 kuais (kuài , prononcer kouaille, est le nom donné au Yuan Renminbi dans le Guangxi), ce qui fait environ 40€. Je défie quiconque de trouver un VTT neuf de cette qualité à ce prix là !



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À cheval sur mon fier destrier que je peux conduire les yeux fermés !


Depuis que j'ai mon VTT, c'est un peu un second souffle pour mon séjour ici, enfin je peux me balader où je désire aller, visiter de nouvelles routes, découvrir des chemins et les arpenter avec audace, aller voir dans les collines près de chez nous si j'y suis. Faire du vélo en Chine c'est assez génial, en tout cas là où je suis j'aime bien. Dès lors que l'on sort un peu des grands axes routiers, on découvre pas mal de choses. Ainsi j'ai pu découvrir par exemple que Nanning, une ville étonnamment plate, était auparavant un paysage montagneux que les chinois ont rasé à grands coups de dynamite et de pelleteuses. Les montagnes sont en grès très friable tirant sur l'ardoise par endroit, un simple toucher du doigt suffit à briser la roche en petit cubes. Je pense donc qu'il est assez facile de raser les montagnes d'ici.


Avec mes ballades en VTT, j'ai pu découvrir que le nouveau Wal-mart en construction depuis plusieurs mois est désormais ouvert. Wal-mart est un des seuls grands supermarchés «clean» que je connaisse, et lorsqu'on a besoin de quelque chose de spécial (chocolat, pâtes, pain, beurre de cacahuètes...) j'y vais désormais en vélo. Environ 35 kilomètres pour l'aller-retour. La route vers Wal-mart est assez agréable, bien que ce soit le long d'une voie assez fréquentée. De chaque coté de la route principale, il y une route spéciale pour vélo aussi large qu'une communale en France, et aussi bien à la campagne qu'en pleine ville on trouve ces routes pour vélo. C'est tout de même mieux que les rues serrées des villes françaises ! Un truc que j'aime particulièrement faire c'est doubler les autres vélos (hi hi!), les mobylettes et les scooters (ho ho !) et même les touc-touc modernes, des motos 125 à 3 roues et avec une cabine à l'arrière (hu hu !). C'est spécialement intéressant lorsque je double un jeune homme et sa copine sur leur vélo électrique, je peux entendre la copine qui doit dire «regardes, t'es trop lent, on se fait même doubler par un vélo normal! » (hé hé hé hé !). Et donc le pauvre doit pédaler pour me rattraper, tout en supportant sa copine qui le tape dans le dos mais bien sûr ne pédale pas. Ça fait des courses intéressantes, vélo électrique contre vélo à jambes !

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Le nouveau Wal-mart


Mais la route pour aller à Wal-mart c'est bien, mais ça ne vaut pas tous les petits sentiers que j'ai trouvé et des coins magnifiques certifiés par moi-même sans déchets et autres fioritures chinoises habituelles. Ce que j'adore le plus c'est trouver une route quelconque, la suivre un peu, puis je remarque un petit sentier et je le suis encore, puis je cache mon vélo et je marche à pieds lorsque je trouve un coin sympa où le vélo est impossible. Attention, pantalon recommandé dans les collines à cause des serpents qui sont actifs 10 mois sur 12 dans cette région. J'aime bien aussi visiter les chantiers des futurs buildings, les carrières de brique, les terrains vagues. J'en ai trouvé un en particulier près de chez-nous, au début ce n'était que des grosses bosses de terre et de gravats, mais je l'ai aménagé un peu et j'en ai fait un petit terrain de cross. Les premières fois que j'ai fait du vélo ici ce n'était pas très facile, mais après plusieurs passages la terre devient agréable à conduire. Les habitants m'ont vu m'amuser comme un petit fou et s'y sont essayé aussi, c'est étonnant qu'ils n'aient jamais eu l'idée d'utiliser ces terrains pour ça, vu qu'il y en a un peu partout en Chine ! Ce n'est pas faute d'avoir un bon vélo : après plusieurs jours des jeunes chinois viennent désormais régulièrement s'amuser sur ce terrain avec des vélos bien meilleurs que le mien. J'ai souvent l'impression en Chine qu'il y a moyen de faire plein de choses mais que c'est un potentiel inutilisé voire même gâché parfois.


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Au sommet d'une montagne, un panorama fantastique difficile à capturer avec mon portable.



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Les montagnes fourmillent de petits sentiers agréables à arpenter.


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La végétation tropicale nous rappelle que l'on est situé entre le tropique du Cancer et l'équateur.


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La végétation très variée ravira les amateurs de botanique.


 Pendant mes ballades en vélo, j'ai eu envie de vérifier quelques chose. Les collines que les chinois rasent sont en grès. Le grès... Mais oui ! Les montagnes d'ici se sont formées de la collision de la plaque eurasienne avec la plaque indienne. C'est à dire qu'auparavant, ici c'était le fond de la mer, comme pour les Deux-Sèvres. Et si... je cherchais des fossiles comme lorsque j'étais plus jeune ? Je suis donc parti à la recherche de fossiles dans plusieurs collines ouvertes par des pelleteuses. Premières collines visitées : aucun fossile trouvé, c'est l'échec. Par contre j'ai prélevé des cailloux dans la roche au niveau d'une ligne noire que les paléontologues connaissent bien, je suis presque certain qu'il s'agit de la fameuse strate noire de la fin de l'ère du Crétacé. Elle serait la séquelle visible de la collision d'une météorite avec la Terre il y a environ 65 millions d'années, collision qui aurait causé la fin du règne des dinosaures. Enfin d'après les lignes qui composent cette strate ce serait plutôt 3 météorites qui auraient successivement frappé la Terre, pas en même temps (dans l'ordre une grosse, une moyenne, une grosse). J'ai vérifié sur plusieurs collines, il est possible de trouver cette même strate un peu partout. C'est la première fois que je vois cette strate autrement que sur des photos ou des documentaires ! Je suis donc tout de même content, un rêve de gosse qui se réalise. Mais bon trouver la strate c'est bien mais je voudrais bien trouver des fossiles moi ! C'est en cherchant dans une colline tranchée tout près de chez nous que j'ai trouvé mes premiers fossiles. Un vrai gisement de fossiles sous-marins : des coquillages et des ammonites différents des deux sèvres, ça fait plaisir à trouver ! Ça confirme en tout cas qu'auparavant ici c'était la mer. Mais une pensée m'horrifie : alors, ça veut dire que toutes les collines rasées en contenait sans doute des milliers de tonnes ! Scandale ! Pourquoi l'Homme moderne s'entête t'il à réduire à néant en quelques dizaines d'années ce que la nature a mis des millions d'années à accomplir ? Ça c'est un truc des humains que je pourrai jamais pifer ! Et ici en Chine les exemples sont multiples.


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Les gens qui habitent dans la montagne sont loin de disposer de tout notre confort occidental.


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Certains chemins sont praticables en vélo et font d'excellentes randonnées de plusieurs dizaines de kilomètres.


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D'autres chemins sont uniquement pédestres car très étroits et trop abrupts pour un véhicule.


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La montagne est toujours facilement accessible depuis la route.


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On aperçoit, sur le flanc de la montagne en face, des plantations d'arbres fruitiers.


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Un aperçu de la diversité de la végétation.


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Encore un petit effort avant d'arriver au sommet...


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Ca y est nous y voilà ! On peut maintenant admirer les nombreuses montagnes voisines.

 

Je me sers de ce vélo très souvent, et je ne compte même plus les kilomètres que je lui ai fait avalé en si peu de temps, le pauvre. Je ne le ménage vraiment pas et il présente aujourd'hui des signes de faiblesse, notamment la chaine pleine de poussière qui manque d'huile et les pédales qui couinent. Ceux qui se rappellent le temps où je faisais du vélo en France peuvent deviner pourquoi : ce n'est pas du tout dû à «la qualité chinoise» que l'on critique à tout va, mais c'est plutôt que je bourrine comme un malade sur les pédales et en particulier j'aime bien monter les côtes au gros plateau. Bref après quelques mois d'utilisation intensive, ça ne m'étonne pas du tout.


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Voici à quoi ressemblent les touc-toucs d'aujourd'hui. J'adore faire la course avec eux.


  • La fête de la mi-automne

Vers le milieu de l'automne, on célèbre en Chine la fête de la mi-automne, qui a lieu précisément le jour où la lune est pleine et la plus brillante de l'année (le 15ème jour de la 8ème lune, en partant du nouvel an chinois). C'est donc l'occasion pour moi et Guo Yu de rentre à Beihai pour environ 3 semaines. Beaucoup de fêtes chinoises sont basées sur un calendrier lunaire, le nouvel an chinois ( fête du printemps) étant la plus connue. Pour ceux que ça intéresse, vous pouvez lire l'origine des fêtes chinoises à l'adresse suivante : http://www.shaolin-viaggi.net/frenchfetechinoise.htm.

Lors de la fête de la mi-automne, les familles se réunissent et mangent de délicieux gâteaux compacts et bourratifs appelés «Moon cake» ou «Yueping» en Chinois, prononcer Yu-e-bing. En général il suffit de 4 ou 5 de ces gâteaux pour ne plus avoir faim ! Comme il y a plein de mooncake différents, on les coupe en 4 et on les distribue. Il y en a pour tous les goûts et chaque région a sa spécialité de mooncake. Ceux du Yunnan que nous ont envoyé la famille de Guo Yu étaient particulièrement délicieux. Il y en a au jambon, au miel, aux fruits, à différentes viandes, aux légumes, à consommer soit chaud soit froid, bref vraiment pour tous les goûts. C'est aussi l'occasion de partager un délicieux repas et plein de fruits. Ce jour-là j'ai découvert un nouveau fruit, un genre de pamplemousse version géante, de la grosseur d'un ballon de foot. L'épaisseur de la peau est d'environ un pouce ! Ses seuls défaut : les épluchures sont plutôt encombrantes, on peu s'en faire un casque ; les quartiers sont remplis de gros pépins ; le goût n'est pas aussi délicieux qu'une orange ou un pamplemousse. Un peu avant la fête de la mi-automne, il est très important de faire des provisions, acheter fruits, légumes et viandes à l'avance. Car le jour H arrivé, malheureux celui qui croit pouvoir trouver de la nourriture au marché ! Le marché est vide, personne ne travaille ce jour-ci, ou presque.

Fait étrange : au moins 2 semaines avant la fête, on trouve des boites de mooncake partout, je me dis que c'est impossible, il ne pourront jamais tout vendre, surtout au prix que ça coûte (ce n'est pas donné même pour un français). Eh bien je pense que j'ai raison, ils ne peuvent pas tout vendre, la veille les magasins en sont encore remplis. Par contre, le lendemain de la fête, impossible de trouver la moindre boîte ! La raison est simple, ces gâteaux ne sont mangés que lors de la fête, après ils perdent leur intérêt et personne ne les achète. Comme ils contiennent souvent de la viande, ils se périment assez vite aussi. Alors je crois que les magasins jettent les invendus pour libérer de la place. Aaah mais non donnez-les moi ! Ça ne peut pas se périmer aussi vite ! Bref c'est bien dommage car j'aurai bien aimé m'en faire un petit stock de ces gâteaux (quand on est atteint de gloutonnerie on ne guérit jamais vraiment). Pour résumer cette fête, je la trouve très chaleureuse et gustativement comme quantitativement très appropriée pour le fieffé glouton que je suis parfois (mes collègues du CGO, quand je travaillais à Saintes, savent de quoi je parle... Mes amis et Maman aussi).


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    Un pamplemousse géant, plus connu sous le nom de Pomelo ou You Zi (« Ya-o-dzeuh ») en chinois.


  • Retour du père à Guo Yu

Cette fête de la mi-automne a aussi été l'occasion pour le père de Guo Yu de rentrer à Beihai, après plus de 4 mois passés à Guangzhou je crois. Je ne sais pas comment il fait pour travailler aussi loin de sa famille et aussi longtemps sans voir sa femme ni sa fille, mais apparemment c'est fait courant en Chine et il dit qu'il aime bien ça, il aime son travail et le soir s'occupe à lire et à jouer de l'un de ses nombreux instruments de musique (mais je l'ai surpris la larme à l'oeil la première fois que je l'ai raccompagné au bus qui le ramène à Guangzhou). J'affectionne particulièrement le père de Guo Yu, c'est quelqu'un qui est toujours souriant quoiqu'il arrive, il sait penser par lui-même et non par ce que les autres lui disent ou ce qu'il voit à la télé, il est le seul à pouvoir gérer le caractère assez fort de la mère de Guo Yu (Guo Yu en est incapable car elle a plus ou moins le même caractère ; quant à moi je ne comprend pas un traitre mot de ce qu'elle dit lorsqu'elle est en colère). Mais rassurez-vous ce n'est pas après moi qu'elle s'énerve, c'est le plus souvent à cause des jalousies engendrées par le succès de son école de danse. Et comme elle vit le plus souvent seule, elle a développé un caractère un peu rude. C'est contre ça que le père de Guo Yu est très efficace. Le père de Guo Yu est toujours aux petits soins pour sa femme lorsqu'ils sont ensembles, il lui prépare toujours des fruits à manger, l'aide à nettoyer et cuisiner, sait quoi lui dire lorsqu'elle se met en colère, sait ignorer lorsqu'il le faut, etc. Lorsqu'il est à Guangzhou il téléphone souvent et chante des chansons à sa femme et à Guo Yu. C'est aussi un très bon joueur d'échecs, j'ai rarement joué des parties aussi intéressantes qu'avec lui et un oncle à Guo Yu. Enfin il nous fait toujours rire lorsqu'il joue de son clairon, il y a toujours un moment ou c'est plus des «pwaaaaps !» enroués qui sortent plutôt que de vraies notes.


 

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Moi et le père de Guo Yu en pleine partie d'échecs.

 

  C'est un très bon perdant, comprendre un bon joueur : il ne considère pas le fait de perdre comme néfaste mais comme l'occasion d'apprendre de ses erreurs. Par exemple il a joué en bourse une somme considérable, aurait pu gagner beaucoup mais n'a pas vendu à temps : il a perdu pas mal d'argent mais ça ne l'empêche pas de garder le moral. Voilà, je trouve juste que c'est quelqu'un de super chouette, et qui a bien du courage et du mérite de vivre comme cela. Vers la fin des vacances d'automne, on a tous été à la plage cette fois ci, sauf la mère de Guo Yu qui ne pouvait pas, on s'est bien amusé, j'ai fait un truc assez normal en France, le poirier dans la mer (si, si, c'est normal je vous dis ! ) : apparemment c'est une nouveauté en Chine, ils étaient tous étonnés qu'on puisse faire le poirier dans la mer, tout le monde s'y est essayé, même des gens que l'on ne connait pas. Idem pour les pirouettes dans la mer. Ou ma spécialité «tourner-comme-un-con-euh- comme-si-j'étais-aspiré-par-un-tourbillon» qui a fait son petit effet. Ce sera sans doute la dernière fois de l'année où l'on se baignera, on était vers la mi-octobre tout de même et il fallait rentrer à Nanning !


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La plage principale de Beihai, Silver Beach, est appréciée toute l'année par les touristes.


  • Barbecue au bord de la plage

Lors des vacances de la mi-automne, Guo Yu et son amie Chen Likun (prononcer Tchène Likoune, et non elle n'est pas Tchètchène) cherchaient une idée de truc à faire avant que l'on reparte à Nanning, et elles ont décidé de faire un barbecue au bord de la plage ! Voilà un truc que j'avais jamais fait auparavant. Au petit matin elles sont donc allées au marché acheter tout le nécessaire pour le barbecue, c'est à dire la viande bien sûr, de la bière ça coule de source, et j'y ai ajouté des poivrons verts et rouges, je n'ai pas pu trouver de lard. A noter qu'en Chine, ils ne connaissent pas les brochettes comme on les fait en France, une alternance de viande et de poivrons. Ils mettent seulement de la viande ou seulement des végétaux. On s'est rendu chez Chen Likun afin de préparer à l'avance la viande et les légumes, les couper en morceau. Une fois cela fait, on est donc parti en scooter électrique trouver un petit coin sympa aux alentours de Beihai, moi, Guo Yu, son amie Chen Likun et son petit copain, et un autre ami que je ne connaissais pas. Le temps n'avait pas l'air très favorable à un barbecue : venteux et limite pluvieux, j'entrevoyais déjà le barbecue gâché par la pluie ou le sable dans la viande...


On a cherché un moment pour trouver un coin où manger, mais ce n'est pas facile : malheureusement en dehors des plages fréquentées, le littoral est plutôt pollué, on trouve des poches plastiques, des bateaux échoués, des emballages, des ficelles, bref ici la plage est dégueulasse à mon avis. D'ailleurs depuis ce jour-là j'ai arrêté de manger des fruits de mer en Chine, quand je vois l'état de l'eau. On a finalement trouvé un coin pas trop sale, près d'un port et à l'abri du vent à cause d'un mur. Première étape : on fait un barbecue, il faut du bois ! On part donc à la recherche de bois, mais tout le monde sait que les arbres ne poussent pas sur les plages. Le seul bois que l'on ai pu trouver est du bois de bateau échoué et à moitié pourri. Mais ce fut un très bon bois, assez sec. Ensuite, il a fallu allumer le barbecue, ça a été fait à l'essence, beurk ! Je les ai laissé allumer leur feu, mais je leur ai dit d'attendre avant de mettre à cuire des choses, il faut que l'essence parte !


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Admirez la propreté de la plage, ça donne envie de manger.


Peu après on a donc pu commencer à faire nos brochettes. Donc les chinois ont commencé à faire des brochettes avec seulement de la viande ou des sortes de boulettes de poisson ou de porc. De mon côté j'ai fait des brochettes comme en France : un morceau de viande, un poivron vert, un morceau de viande, un poivron rouge, etc. Le tout huilé et saupoudré d'herbes qui ressemblent à des herbes de Provence, et hop à la cuisson. Eh bien ça m'a étonné mais ils n'avaient jamais eu l'idée auparavant de faire des brochettes comme ça, en Chine ils ne font jamais comme ça qu'ils m'ont dit. Mais ils s'y sont essayé et bien sûr, ils ont trouvé ça bien meilleur avec des poivrons ! Et c'est en plus bien plus joli, l'esthétique de la nourriture étant très importante en Chine (je ne pensent pas qu'ils toucheraient à un fromage corse un peu trop fait par exemple). On a donc mangé des brochettes tout l'après-midi, et fini le pack de 6 bières de 63cl à 3, vu que Guo Yu a juste bu un verre et son amie juste du coca. Bref ce fut tout de même assez joyeux et sympa comme barbecue, si bien que j'en ai presque oublié la plage et ses déchets. Vers 6:00 du soir la pluie a commencé à pointer le bout de son nez, ça tombe bien les dernière brochettes sont juste terminées. On nettoie nos déchets et je vérifie bien qu'on oublie rien, je ne veux pas être de ceux qui jettent leurs déchets sur cette plage qui dût être autrefois très jolie. J'espère vraiment que les chinois puissent comprendre que leur déchets partout, ça pue et c'est dégueulasse, en plus d'être dangereux ! On a enfourché les scooters et on est rentré repus, après avoir mangé des brochettes tout l'après-midi. La mère de Chen Likun nous avait préparé du thé et des mooncake, mais on était déjà très rassasiés de cet après-midi donc on a pas pu tout finir.


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Après quelques bières, le sourire revient toujours.


  • Retour à Nanning

Les vacances d'automne ne durant que 3 semaines, nous sommes finalement rentrés à Nanning, la tête chargée de souvenirs et les bras chargés d'habits d'hiver. Les chinois craignent l'hiver, ils achètent plein d'habits chauds et les portent assez tôt, alors que pour moi c'est toujours agréable de se balader en short et T-shirt la journée même à l'approche de décembre. Je ne pense pas que l'hiver ici soit rude, ni long (les mois les plus froids étant décembre et janvier). Nous avons donc repris notre petite vie à Nanning, Guo Yu allant à son école et moi cherchant du boulot et faisant mes ballades en vélo. J'ai notamment découvert une petite route amenant à une place déserte entourée de maisons désertes aussi, et un petit sentier qui part de cette place. En le suivant je suis arrivé tout d'abord dans une plantation de bananiers. C'est très joli les rayons du soleil à travers les larges feuilles de bananier ! Dommage que ce jour-là je n'avais pas mon appareil photo... J'ai continuer le petit sentier de la largeur d'un homme pour arriver à un chemin bordé de plantes tropicales sauvages et qui surplombe des cultures de mais et de canne à sucre en terrasse. Bien que l'endroit soit cultivé, ça n'avait pas l'air pollué, ce qui me pousse à penser que la pollution des chinois moderne n'est pas du tout culturelle, elle vient des habitants des villes qui ont pris cette très mauvaise habitude. En tout cas c'est un très chouette coin de nature, comme j'aimerai en voir plus souvent en Chine !


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Les coucher de soleil sont souvent spectaculaires depuis notre terrasse, et le ciel d'une palette de rouges, d'oranges, de bleus profonds et de violets est de toute beauté. Cela donne une ambiance assez magique à la scène.


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Le ciel complètement orange juste après la disparition du soleil à l'horizon.


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Instant magique où le royaume des ombres prend le dessus.


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Les derniers rayons du soleil s'évanouissent dans le ciel d'un bleu profond.


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Rien à voir, mais j'aime bien faire des barbecues !


  • C'est décidé, j'arrête de fumer !

Ce retour à Nanning a aussi été pour moi l'occasion de prendre une décision importante : j'ai décidé d'arrêter de fumer, le 17 octobre exactement. Qu'est ce qui s'est passé ce jour là ? Rien de spécial, j'ai juste senti que j'en avais marre de fumer et que j'étais prêt à arrêter. Alors je vais vous faire partager ma méthode pour arrêter de fumer, si ça peut en aider quelques-un qui voudraient aussi arrêter.


Étape préliminaire : la préparation. Faire du sport tous les jours (pas seulement une heure le dimanche matin, hein! ). Dans mon cas c'est le vélo. Un mois ou deux suffisent pour que fumer devienne chiant lorsque vous pratiquer votre sport. Fumer vous fera également cracher vos poumons. Faire du sport améliore un peu votre odorat et vous sentez vraiment que vous puez des doigts, et que votre transpiration empeste la cigarette. Continuez encore un peu le sport et finalement, de vous-même, vous en aurez : soit marre de faire du sport (dans ce cas ça va être chaud pour vous, je crains que vous ne soyez irrécupérable...) soit marre de cracher vos poumons dès le moindre effort.


Première étape : analyse du problème des fumeurs. Le gros problème lorsqu'on est fumeur, tous les fumeurs le savent, c'est d'être à cours de munitions. Lorsque cela arrive on est prêt à faire des kilomètres comme des cons juste pour pouvoir trouver un tabac ouvert le dimanche et lorsqu'on ne peut décidément pas trouver, on est nerveux, irritable et de mauvaise humeur. Dans les différentes méthodes pour arrêter que j'ai pu trouver, il est toujours précisé qu'il faut se débarrasser de toutes ses cigarettes, ses briquets, ses cendriers, bref tout ce qui à rapport avec la cigarette. Quoi de plus stressant pour un fumeur ! J'ai donc décidé de ne pas me débarrasser de mes cigarettes ni de rien du tout. J'ai simplement rangé mes cigarettes dans un sac et lavé le cendrier pour qu'il sente bon.


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Ça c'est de la positive attitude !


Étape suivante : l'arrêt en lui-même. Des patchs existent et tout le tralala, mais bon c'est très cher et de ce que j'en ai vu notamment au CGO lorsque j'y étais, ceux ou plutôt celles qui ont essayé le patch ont toutes recommencé 2 ou 3 semaines après avoir arrêté. Donc inefficace à mes yeux. J'ai donc testé ce que je juge comme la meilleure méthode : pour arrêter de fumer, il faut arrêter de fumer. Oui ça peut vous faire rire ! Et ça peut paraître idiot. N'empêche qu'il n'y a pas plus direct et plus efficace dans mon cas. J'ai donc tout simplement stoppé la cigarette simplement en n'en fumant plus, mon dernier paquet n'étant pas fini et toujours à disposition. Et je vous promet que depuis le 17 octobre je n'ai pas fumé une seule cigarette (jour où j'écris ce paragraphe : vendredi 1er février 2008) ! Bien sûr ce n'est pas facile au début, les premiers jours il ne valait mieux pas m'énerver. Je suis resté assez calme toutefois, contrairement à ce que je pensais que j'allais être. Je peux décrire la sensation de manque (que je n'avais jamais vraiment ressenti auparavant je crois) comme ça : c'est comme si on avait pas bouffé pendant 3 jours. On a un gros creux dans l'estomac, tellement que ça en est difficile de dormir. Cette sensation s'est estompée au bout de 2 ou 3 jours dans mon cas.


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Si j'y arrive, pourquoi pas vous ?


Dès la première semaine, j'ai senti des différences : d'une l'odeur de clope a disparu de partout, de deux les odeurs se font plus fortes (mais pas toujours agréables !), de trois je respire mieux, mais surtout de quatre : j'ai la dalle ! Oulà un Gaby qui à faim ça peut en effrayer plus d'un. Mais ma douce Guo Yu a su préparer des repas assez consistants pour satisfaire mon énorme appétit!


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Une belle bande de vainqueurs. De gauche à droite, moi, Yuan Qiang et le terrible Tao Tao !

Jusqu'à aujourd'hui : le but est de ne pas reprendre. Alors il y a pas mal de choses qui aident. D'une part je me souviens très bien cet article que j'ai lu avec attention dans le Science et Vie de mai 2002 sur la reprise de la cigarette (voir et chercher le sommaire à http://www.science-et-vie.com/Sommaire.asp?Type=SV ; commandez ce numéro pour 5.90€ si cette étude vous intéresse) qui explique pourquoi, comme je l'avais mentionné à des fumeuses du CGO (qui m'ont perfidement ris au nez en aparté lorsque je leur ai dit), arrêter de fumer puis reprendre est pire que de n'avoir jamais arrêté. Donc maintenant que j'ai arrêté je n'ai pas envie de reprendre, sinon ça ne sert à rien !


D'autre part il ne faut jamais oublier tous les inconvénients liés à la cigarette une fois que l'on a arrêté : ça ne sert à rien, c'est dangereux, ça pue, ça fait puer de la gueule, ça tue, ça dérange les autres. Je pourrais rajouter c'est cher mais là où je suis en Chine, à 0.40€ le paquet de 20, le prix n'était pas vraiment un problème. Je dirais donc, ce fut cher du temps où je vivais en France. Quoi d'autre ? Plus de bisous de ma douce maintenant, une meilleure mine, un meilleur souffle, je ne tousse presque plus, je peux faire 40 km de vélo sans être essoufflé, la nourriture est délicieuse, arrêter de fumer ne m'a pas faire grossir : au contraire je reste stable à 70 kg en été et en hiver je prend un peu du poil de la bête avec 75 kilos. J'en oublie mais une chose est sûre : même si je ressens encore parfois l'envie de fumer, je n'ai pas envie de recommencer.


Voilà, si jamais je peux en aider quelques-uns à arrêter de fumer avec ma méthode, ça me fera plaisir ! Le seul inconvénient c'est que ce n'est pas facile de commercialiser cette méthode ! Ce qui explique qu'on en entend jamais parler bien entendu.


  • Barbecue dans la forêt


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Une jolie forêt. Pourvu qu'elle le reste...


A la fin de l'année, ce sera la fin des études pour beaucoup de camarades de la classe de Guo Yu. Certains commenceront à travailler l'année prochaine tandis que d'autres partiront à l'étranger continuer leurs études, afin d'obtenir un meilleur travail et un meilleur salaire par la suite. Tous ces camarades ont donc décidé de faire un barbecue tous ensembles. Les petits-amis étant invités aussi, je suis donc venu à cette journée. Rendez-vous à 07:00 devant l'université. Ouch ! Mais pourquoi si tôt ? C'est que le samedi je dors moi ! Bref après un frugal petit déjeuner (pancakes, boulettes, etc) dans un restaurant devant l'université, à 8:00 on embarque dans un bus, les mains chargées de sacs de victuailles. Destination : une forêt. Hein ? On va faire un barbecue dans une forêt ? C'est-y pas dangereux ça ?


Le trajet en bus ne fut pas très agréable, il faut imaginer un bus rempli presque uniquement de chinoises qui piaillent très fort. Car piailler est le mot qui convient. Elles ont la voix très aigüe et crient pour se faire mieux entendre que la voisine qui crie elle aussi. Elles rient aussi dans des hauteurs de voix inimaginables pour des tympans occidentaux. Respect pour les chinois, qui eux sont restés calmes en supportant le bruit. Ils doivent avoir l'habitude ! Mais dans mon cas... Rhaaaa pitié pourvu qu'on arrive vite !


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Une bande de chinoises.


Nous sommes finalement arrivés vers 9:30, je fus parmi les premiers à sortir du bus et il a fallu marcher un peu avant d'arriver sur le lieu du barbecue. Bien sûr on m'a refilé une poche lourde remplie d'ustensiles de cuisine vu que je suis un homme, poche qui n'a pas manqué de craquer tellement c'était évident qu'elle allait craquer. On m'a donc aidé à transvaser le contenu de la poche dans une autre et c'est reparti. On est donc arrivé et il était temps, ma nouvelle poche n'ayant déjà plus qu'une poignée valide et les doigts endoloris. Le lieu est étrange : des gens louent des barbecues en plein milieu de la forêt. Une forêt de pins, et le sol qui est super sec... Je ne trouve pas ça très prudent, mais bon ! Voyons voir. On a commencé à préparer le barbecue, les gars sont allés chercher du bois dans la forêt tandis que les filles lavaient la nourriture. Avec Guo Yu nous avions acheté des pommes, des poivrons verts et rouges, des clémentines et des poires. J'ai coupé tout ça en petits morceaux. J'ai un peu appréhendé le moment où on a pu allumer les feux : non, pas d'essence cette fois-ci, ouf ! Un bon feu naturel.


Au menu de ce barbecue : des saucisses de porc, des ailes de poulet, des boulettes de poisson, des herbes et des panouilles de maïs, des épis pour ceux qui ne connaissent pas «panouilles». Hum, et il ne manquerait pas la viande par hasard les gars là ? Ils ont oublié d'emmener la viande de porc et de boeuf ! Eh merde. La seule viande que je mangerai sera donc de la saucisse de porc, pour moi les ailes de poulet c'est juste des os avec de la peau.


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Les sauterelles sont anormalement énormes ici : environ 10 cm de long et assez mastoc.


Chacun a préparé ce qu'il voulait manger. En général ça se résumait à embrocher deux saucisses complètes sur un ustensile prévu pour. Ce n'était pas très varié et pas très coloré. Dans mon cas, puisqu'il n'y avait pas de viande pour mes poivrons et mes fruits, j'ai donc du faire avec les saucisses. Je les ai coupé en rondelles et j'ai alterné saucisse-poivron-fruit. Encore une fois ce fus l'étonnement général, personne ici présent n'avait pensé à ça. «Wow c'est joli ! Wow c'est bon !» L'esthétique de la nourriture est très importante en Chine. Par contre les chinois s'en tiennent souvent à ce qu'on leur a enseigné, sans chercher à innover, à imaginer (ça peut se comprendre avec le régime politique dont ils sortent doucement...). Tout le monde s'est donc mis à piocher dans nos fruits et légumes pour faire leurs premières brochettes composées ! Ça fait plaisir de pouvoir apprendre des choses aussi simples ! Pour fêter ça on a été commandé des bières. J'ai pu en boire 5 sans être saoul, à l'étonnement des chinois ! (Dois-je rappeler qu'ici les bières font 63cl, pas 33...) Ha ha, le secret c'est de ne jamais s'arrêter de manger ! C'est étrange comme ils peuvent boire des bouteilles d'alcools forts sans broncher mais être saouls avec deux bières. Enfin bon j'étais tout de même bien joyeux à l'issue de ce barbecue, ce serait mentir de le nier !


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Les chinois raffolent de ce genre de brochette d'herbe.


J'ai eu très peur pour la forêt. Dès leur arrivée les étudiants ont commencé à jeter leurs déchets partout, je les ramassais au fur et à mesure pour qu'ils aient un peu honte (ce qui a moyennement fonctionné chez les gars mais a été très efficace chez les demoiselles) puis j'ai finalement abandonné, je peux pas manger et ramasser leurs détritus en même temps. À la fin de la journée, l'endroit était méconnaissable : lorsqu'on est arrivé tout était propre. Lorsqu'on a terminé de manger c'était difficile de ne pas marcher sur un emballage. Snif ! Heureusement, les propriétaires de lieux, visiblement habitués, ont tout nettoyé vite fait. Je ne peux pas dire bien fait : je les soupçonne de balancer les déchets un peu plus loin dans la forêt, ce serait la solution logique pour un chinois... En tout cas personne n'a mis le feu à la forêt, c'est déjà ça !


Une fois que l'on a bien mangé, bien bu, la peau du ventre bien tendue, on est parti chacun de notre côté faire une ballade digestive. L'endroit a des surprises agréables et d'autres moins. Par exemple un petit pont couvert sur un lac, de toute beauté. Dommage que des idiots aient cru bon de jeter leurs détritus à l'entrée même du pont. Ou bien chaque fois que l'on veut prendre une photo c'est toujours la même chose : super dur de ne pas avoir de détritus dans le champ de vision, super dur de ne pas avoir de câbles haute tension ni de lignes téléphoniques, difficile de trouver un coin sans une maison moche en briques qui vient tout gâcher.


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N'est-il pas mignon ce petit pont ?


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La réponse est : non.


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Yeaaah !


Près de la rivière qui passe là où nous étions, il y avait un petit port que des agriculteurs locaux utilisent, et près de ce port, plusieurs tas de longs bambous encore verts. J'ai rarement vu d'aussi gros bambous ! Je me dis alors, chouette ! Je vais pouvoir me faire un didjeridoo comme en France, car jouer d'un instrument de musique me manque beaucoup. Par chance les agriculteurs ont laissé la machette sur place, je trouve donc un bambou adapté, chaume pas trop gros et un minimum de noeuds. Je le découpe à la bonne longueur, non sans mal car il est résistant le bougre ! Puis je trouve une tige de métal qui trainait et j'entreprends de le vider de ses noeuds. En vain. Diable ! Il est rudement costaud le bambou chinois ! En France un simple bâton suffit généralement à faire sauter les noeuds, ici tu peux toujours courir ! Un agriculteur arrive et me voit faire, et passe en riant. OK j'ai compris, j'ai l'air d'un con là et je n'arriverai à rien. Donc j'abandonne mon projet de didjeridoo. Ce sera pour une prochaine fois !


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« - Tu vas céder, oui ? » - environ 2 minutes avant d'avoir l'air idiot.


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Ma fameuse technique du soufle-pour-faire-sauter-les-bouchons n'a rien donné non plus.


  • Le «Neighbor's food day»

Un jour, Guo Yu revient de son école toute excitée, et me dit «Vite ! Aujourd'hui c'est la journée où on peut manger de la nourriture de tous les pays asiatiques voisins !» En effet, une troupe de gens de tous pays se déplace dans toute la Chine, dont une fois l'an à Nanning. La liste des pays inclut l'Inde, la Mongolie, la Corée du Sud, le Japon, le Vietnam, le Laos, la Birmanie, la Thaïlande, les Philippines, la Malaisie, le Cambodge, le Bhoutan, le Bangladesh, le Kazakhstan, le Pakistan, l'Afghanistan, le Turkménistan, l'Ouzbékistan, le Népal et même le Kirghizstan et le Tadjikistan (bref que des pays que vous connaissez bien !). Ajoutez à cela des spécialités de certaines provinces chinoises, et on peut dire que vous avez le choix ! 

 

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Quel bonheur de déguster un bon pain turc tout chaud !


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Guo Yu se régalant d'une spécialité de calamar grillé

 

On est donc arrivé sur le lieu annuel de ce genre de foire à la boustifaille exotique en bus. Chaque pays est représenté par plusieurs stands, j'ai eu la joie de pouvoir manger des kebaps ! Ça faisait longtemps, tiens ! Mais premier constat : tout est très cher dans cette foire. Il ne faut pas espérer s'en sortir le ventre plein pour moins de 200 yuans ! C'est beaucoup comparés aux 5 yuans d'un repas normal en Chine. Avec Guo Yu on a donc mangé le plus varié possible, j'ai eu une préférence pour la bouffe turque, la nourriture coréenne et le poulet cuit dans le four à terre du Yunnan. Un bon pain turc tout chaud et doré par exemple, c'est le genre d'odeur que je ne peux pas laisser passer ! A la fin de la journée et 200 yuans plus tard, on était donc plus que repus et on s'est donc retourné chez nous, le ventre satisfait. L'année prochaine, je reviendrais !



Suite dans la deuxième partie !

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Commentaires

Le 01/03/2008 à 06:18, par marie
je me régale chaque fois que je plonge dans tes aventures et je ne suis pas la seule et en plus maintenant, avec les photos c'est encore plus parlant.

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